L’hypothèse du lézard

71396Titre : L’hypothèse du lézard

Auteur : Alan Moore

Illustratrice : Cindy Canévet

Éditeur : ActuSF(collection Graphic)

Genre(s) : roman graphique fantasy

Nombre de pages : 136

Som-Som est vendue par sa mère à la Maison sans Horloges de Liavek. Elle va être soumise au Silence et porter le Masque brisé qui la destine à devenir l’amante des magiciens et la gardienne de leurs secrets. Isolée par son incapacité à communiquer, elle va alors assister à l’histoire d’amour violente et cruelle entre Foral Yat et Raura Chin, deux comédiens qui résident avec elle dans la Maison sans Horloges.

Mon avis

J’adore les romans graphiques. Je suis une grande fan de la bibliothèque dessinée des éditions des Moutons électriques, et je craque dès que je vois un projet graphique qui sort de l’ordinaire. Je ne pouvais donc pas manquer les débuts de la collection Graphic des éditions ActuSF ! Ce sont des livres que je préfère, pour ma part, avoir au format papier, car la mise en page et les couleurs rendent beaucoup mieux. L’objet-livre est très beau, avec en plus de la superbe mise en page, une couverture en dur et un marque-page en tissu.

Si j’ai craqué pour ce premier titre, c’est avant tout pour le talent incroyable de l’illustratrice, connue apparemment pour sa couverture de l’ouvrage Je suis Providence, mais que j’ai pour ma part adorée sur des projets comme Délius – Une chanson d’été ou encore Rocaille ! Un univers entre beauté délicate et poésie sombre qui colle particulièrement bien à cette histoire fascinante, hors du temps.

La plupart des illustrations sont en noir et blanc, pleine page, double page ou éléments occupant une partie de page. Le texte est parfois séparé, parfois inclus dans le dessin. J’ai bien aimé l’équilibre entre les deux, le tout est très fluide à la lecture, les émotions et les sous-entendus de l’écrit transparaissent subtilement dans les illustrations de Cindy Canévet. Il y a aussi quelques illustrations couleur pleine page qui ajoutent un éclat à certaines scènes plutôt sombres.

J’avais pu découvrir la plume d’Alan Moore avec le recueil de nouvelles La Voix du Feu, mais j’étais assez partagée : certaines nouvelles m’avaient parues géniales et d’autres incompréhensibles. C’est de ce côté que j’avais un peu peur, mais j’ai été tout de suite happée par ce récit hors du commun, et je l’ai dévoré en deux jours (je l’aurais d’ailleurs fini en une fois si je n’avais pas du partir travailler xD).

Le lieu de l’intrigue est une maison close assez particulière : les prostitué(e)s y proposent des services hors normes, qui promettent des expériences d’exception. Som-Som est vendue à l’âge de 5 ans par sa mère dans cette Maison sans Horloges et y demeurera dans l’innocence jusqu’à l’âge de 9 ans. Elle découvrira à ce moment la spécialité qui lui est réservée au sein de la maison et quels sacrifices cela exigera de sa part. J’ai vraiment été captivée par cet univers sombre, à la fois d’une beauté extérieure magique et d’une noirceur intérieure effrayante.

Même si on s’intéresse d’abord au personnage de Som-Som, c’est surtout l’histoire de Raura Chin qui va ensuite nous fasciner. Personnage androgyne envoutant, à la fois homme et femme et aucun, séduisant les uns et les autres par un magnétisme ensorcelant que personne ne comprend. Som-Som est sa confidente et assiste indirectement à toute son histoire. Raura Chin entretient une relation avec le très beau Foral Yatt également employé à la Maison sans Horloges, mais va un jour décider de tout quitter pour poursuivre sa carrière d’actrice. Cinq ans plus tard, elle décide de revenir… et offre une étrange boule en métal à son ancien amant.

J’ai adoré l’évolution de ce récit, la tension et le malaise montent petit à petit, menant vers une fin inéluctable. Qui est réellement la victime et qui est le bourreau ? Le lézard mord sa propre queue, mais celle-ci repousse…

Citations

« Elle comprenait par exemple, qu’en plus d’être un océan de hasard sans limites, le monde était également un chaotique tourbillon de sexe. Des établissements comme la Maison sans Horloges représentaient au sein de ce courant des îles où échouaient les gens, rejetés par les marées du besoin et de la solitude. Certains y resteraient à jamais, campés à la limite des marées hautes. La plupart étaient emportés à nouveau quand venait le reflux. De ces fragments repris par l’océan, peu atteindraient jamais la terre ferme et, s’ils y parvenaient, ce ne serait pas sous ces latitudes. »

hdl1hdl2

Conclusion

Un roman graphique coup de cœur : un univers sombre et fascinant, des personnages ensorcelants, un récit dans lequel la tension monte petit à petit jusqu’à ce que le lézard morde sa propre queue. Une histoire magnifiquement illustrée par Cindy Canévet. Une très belle réussite pour la nouvelle collection Graphic d’ActuSF !

coup de coeur

#FungiLumini

5 réflexions sur “L’hypothèse du lézard

  1. Pingback: L’hypothèse du lézard – Alan Moore & Cindy Canévet – Les Notes d'Anouchka

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s