Effroyable porcelaine

porcelaine_prevTitre : Effroyable porcelaine

Auteur : Vincent Tassy

Illustratrice : Mina M

Éditeur : éditions du Chat Noir

Genre(s) : jeunesse fantastique

Nombre de pages : 189

Mots-clés : poupée, fantôme, château, étrange, hantise, amitié.

Sibylle Delombre est une collégienne ordinaire. Enfin, si l’on considère qu’il est ordinaire de décorer sa chambre avec des ossements, des peluches chauves-souris, des schémas de dissection et des grimoires. Oui, Sibylle aime bien l’étrange et le mystère. Ainsi, elle a de quoi se réjouir lorsque sa mère lui propose de l’accompagner pour débarrasser un vieux château. Mais tous les objets bizarres qu’elle rêvait d’y découvrir ne sont rien en comparaison de la splendide poupée en robe noire, aux cheveux argentés comme un clair de lune, qu’elle trouve dans une chambre et qu’elle s’approprie aussitôt, séduite par sa beauté vénéneuse. Et si les cauchemars qui se mettent alors à hanter les nuits de Sibylle avaient un lien avec elle ? Et si cette poupée, aux yeux violets, au regard aussi triste que cruel, n’était pas inoffensive ? Quel terrible secret renferme l’effroyable porcelaine ?

Mon avis

Je ne sais pas ce qui m’a le plus fait craquer pour ce livre : le fait que Mina M l’ait illustré ou que Vincent Tassy l’ait écrit. Bref, je devais l’avoir et le lire au plus vite ! Il s’agit du premier ouvrage de la nouvelle collection jeunesse des éditions du Chat Noir chatons hantés, à l’ambiance sombre et aux thèmes gothiques, proches de l’étrange et de l’horreur (épouvante très soft quand même, puisque cette collection est destinée à un public de 9-12 ans :p ).

Sibylle aide sa maman, déménageuse/ dénicheuse de trésor, a vidé un vieux château. Elle y découvre une poupée à la peau de porcelaine, aux yeux violets et à la peau pâle, habillée d’une belle robe noire. Elle tombe littéralement sous le charme de l’objet. Après cette trouvaille, les événements étranges se succèdent : la poupée change de place, Sibylle entend une mélodie dans sa tête, elle fait des cauchemars. Et si tout était lié à cette envoûtante poupée? Avec son meilleur ami Philémon, Sibylle mène l’enquête !

Le livre se déroule sur deux temporalités : dans le présent avec Sibylle, Philémon et la poupée et dans le passé avec Ophélia et la poupée. La plume de Vincent Tassy est toujours aussi belle et envoûtante. J’ai adoré cette histoire, mais j’ai tout de même préféré les parties dans le passé, que j’ai trouvées plus personnelles, plus poétiques.

On retrouve dans ce récit des thèmes qui sont chers à l’auteur et qu’il met déjà en avant dans ses autres créations : des éléments flagrants, comme le personnage de la poupée qu’on trouve dans la nouvelle Malvina Moonlore, mais aussi d’autres aspects, moins évidents, présents dans Apostasie et Mademoiselle Edwarda. Comme vous pouvez vous en douter, la poupée que Sibylle trouve ne va pas rester longtemps à sa place. Le côté horreur de l’histoire est bien présent et vous donnera quelques frissons, sans être excessif. Après, il ne faut pas être arachnophobe ou avoir peur de voir vos jouets s’animer tard le soir. :p

La protagoniste, Sibylle, est un personnage dans lequel je me suis retrouvée. Elle aime tout ce qui est étrange, bizarre. Elle préfère la nuit au jour, l’hiver à l’été. Elle aime les choses brisées, car c’est cette différence qui les rend belles. Et si elle a pu devenir ce qu’elle est aujourd’hui, c’est grâce à sa mère qui, sans l’encourager dans son caractère, n’a jamais non plus essayé de la changer. C’est une très belle relation qui unit les deux femmes.

J’ai été étonnée que Sibylle n’y connaisse pas grand-chose en hantise et possession. C’est pourtant la base quand on aime le surnaturel. 😀 C’est son meilleur ami Philémon qui lui apprend tout sur le sujet. Là aussi, l’auteur a mis en place une très belle amitié, où les deux jeunes s’acceptent tels qu’ils sont. Ils n’ont pas besoin d’avoir plein d’amis différents, tant qu’ils sont là l’un pour l’autre, ils savent que tout ira bien. Je ne vais pas vous parler d’Ophélia pour vous laisser le plaisir de découvrir ce personnage incroyable au fil des pages. 🙂

Si la plume de Vincent est magique, les illustrations de Mina M le sont tout autant ! Déjà, la couverture est absolument sublime. Elle représente la poupée et l’ambiance du livre à merveille, dans les moindres détails. Ensuite, le livre est parsemé d’une dizaine de dessins noir et blanc de l’illustratrice, montrant tour à tour des endroits et des personnages. Dans une ambiance sombre gothique, elle dépeint les scènes importantes du texte avec finesse et beauté. On a l’impression de se retrouver dans un étrange monde enchanté et c’est ce que j’adore avec Mina M : elle nous fait rêver, de sombres songes, plein d’élégance et d’émotions.

La révélation finale fut une totale surprise pour moi et je l’ai adorée. J’ai apprécié le fait que Mina M parvienne à garder le mystère dans ses dessins jusqu’à l’illustration finale. Malgré le fait qu’on n’est peut-être pas comme tout le monde, il ne faut pas essayer d’être quelqu’un d’autre pour plaire. Ce qui compte, c’est de s’aimer soi-même, pour ce qu’on est. J’ai failli verser une petite larme à la fin tellement l’auteur nous prend dans son récit et nous démontre encore une fois la profondeur des liens qui unissent ses personnages. Ce livre comporte une très belle leçon à apprendre aux enfants : ils ont le droit d’être différents et d’être acceptés et aimés comme tel !

Citations

« Les vieilles poupées sont effrayantes parce qu’on ne sait pas trop où elles ont traîné, ni ce qu’elles ont vu. Que diraient-elles, si elles pouvaient parler? Avec leurs yeux figés bordés de cils arachnéens, leur air trop innocent pour être honnête et leurs robes surchargées, elles ont tout pour mettre mal à l’aise, et sans oser se l’avouer, les gens craignent ce qu’elles savent des ténèbres. »

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« Quand on n’a plus rien d’autre que la tristesse, tout ce que l’on peut faire, c’est la transformer en poésie, tu ne crois pas? »

Conclusion

Ce livre a été un véritable coup de cœur : des illustrations magiques de la très talentueuse Mina M, un texte poétique et envoûtant mêlant passé et présent, un mystère autour d’une poupée possédée, une ambiance sombre qui fait frissonner, avec de très belles valeurs : soyez vous-même, même si ça ne plait pas à tout le monde, car c’est ce qui vous rendra heureux !

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#FungiLumini

Livres et Gourmandises : La clé d’argent des contrées du rêve (3/10)

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Recueil : La clé d’argent des contrées du rêve

Éditeur : éditions Mnémos 

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Nouvelle : De Kadath à la Lune

Auteur : Raphaël Granier de Cassagnac

Résumé : le narrateur quitte Kadath pour retrouver son amour perdu.


Bière de la semaine

La bière belge est maintenant classée au patrimoine culturel de l’Unesco ! Un peu de culture en plus chaque semaine en découvrant les spécialités belges 😉 Cette semaine, je vous présente la bière de ma ville !

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La communauté étudiante de Gembloux a la particularité de commercialiser sa propre bière. Une équipe de six jeunes, beaux et forts étudiants sont en charge de la « Bière de l’Abbaye de Gembloux ».

Ce divin nectar est une bière ambrée à 8% alcool/vol. Elle est vendue en bouteilles de 75 cl, 33 cl et même en fût (15 l). Elle est brassée par la brasserie Lefebvre avant d’être amenée au sein de la Faculté de Gembloux où elle est stockée. Elle est ensuite vendue aux étudiants ou aux grandes surfaces et petits commerces de Gembloux.

Naturelle et sans colorants, la Bière de l’Abbaye de Gembloux est brassée selon une méthode ancestrale, avec les meilleurs malts et houblons, elle refermente dans sa bouteille. Lentement mais sûrement, le dépôt de levure se forme. Il est la preuve de la richesse et de la qualité de cette bière au goût exceptionnel.

Qu’elle soit fraîche, aux environs de 5°, ou légèrement chambrée, vers 10°, servez-la dans son verre et laissez la mousse s’épanouir généreusement, éclatante de tous ses parfums…


De Kadath à la Lune est la plus courte nouvelle du recueil : elle fait seulement 5 pages ! Sa troisième page est ornée en arrière-plan d’une Lune géante. Le narrateur part de Kadath et parcoure les contrées du rêve pour retrouver son amour perdu.

Je n’ai pas particulièrement apprécié cette nouvelle. Je pense que je manque encore de culture Lovecraftienne pour en comprendre tous les aspects. J’ai pour le moment lu la plupart des nouvelles de Lovecraft concernant les contrées du rêve, mais il me reste la Quête Onirique de Kadath l’inconnue à lire, qui est quand même un gros morceau. :p

Quand le narrateur voyage dans les contrées du rêve au début du texte, j’ai eu l’impression que l’auteur nous faisait une liste de tous les lieux et personnages qu’il connaissait dans l’univers Lovecraft. Je n’ai pas découvert ses lieux étranges, j’ai l’impression de les ai juste effleurés, puis d’avoir passé mon chemin et cela m’a un peu frustrée.

Ce texte m’a un peu rappelé la nouvelle Le bateau blanc de Lovecraft, avec ce personnage qui quitte son village pour voyager sur un bateau avec un inconnu et qui découvre des villes plus merveilleuses les unes que les autres, mais qui veut toujours aller plus loin, pour voir des choses encore plus extraordinaires. Il finit par revenir à son point de départ, plus mal qu’avant et sans espoir de retour dans les contrées qu’il a tant aimées. C’est exactement pareil ici : le narrateur quitte sa place de choix pour retrouver son amour perdu qu’il idéalise. Il va toujours plus loin pour la récupérer, mais finit privé de contrées du rêve, condamné à errer dans la réalité.

À partir du moment où on se trouve dans la réalité, je n’ai plus trop compris ce qu’il se passait. Le protagoniste cherche toujours son amour, mais c’est une ombre qu’il trouve. Je n’ai pas du tout compris la fin de la nouvelle non plus. :/ Le texte est signé l’Innomé, mais je n’ai pas encore rencontré ce personnage et n’y ai pas trouvé de lien avec un autre texte de Lovecraft… Si quelqu’un peut m’aider à comprendre tout ça ou du moins m’aiguiller vers les textes de référence, je suis preneuse !

Extrait

« Je n’aurais jamais dû quitter Kadath. Jamais. Je te le dis. Jamais. Jamais je n’aurais dû quitter Kadath. Quelle folie me prit ce jour-là, d’embarquer sur la nef du capitaine Omen, au port du Bout du Monde? Que ne restai-je plutôt en plein essor, au faîte de mon éminence? Pourquoi quittai-je mes rêveurs, de plus en plus nombreux? »

Conclusion

Une nouvelle très (trop?) courte, une énumération de lieux et de personnages de Lovecraft sans se plonger dans l’univers, un retour à la réalité brutal et une fin que je n’ai pas trop comprise, cette nouvelle ne m’a pas convaincue. :/

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Nouvelle 3/10

#FungiLumini


Avez-vous lu ce recueil? Si vous l’avez également, n’hésitez pas à me rejoindre dans ma lecture et à venir en discuter en commentaire ! J’avancerai au rythme d’une nouvelle (et d’une bière ) par semaine 😉

Rusalka – L’Esprit du Lac

rusalka-couvertureTitre : Rusalka

Auteurs : Alain Poncelet/ Michel Stiakakis

Illustrateur : Alain Poncelet

Coloriste : Valérie Reniers

Genre(s) : BD fantastique

CD (vendu séparément) enregistré chez Noise Factory studio et produit par FYB Records

Éditeur : NewMoon

Nombre de pages : 48

Mots-clés : lac, esprit, amour, meurtre, Pologne.

 

Mon avis

Après avoir adoré l’univers sombre et poétique d’Omega-Thanatos, je ne pouvais que me laisser tenter par le nouveau projet transmédia d’Alain Poncelet, Michel Stiakakis (guitariste de Skeptical Minds) et Karolina Pacan (chanteuse de Skeptical Minds) : Rusalka – L’Esprit du Lac. Comme pour Omega-Thanatos, il s’agit d’une bande dessinée accompagnée d’un CD. L’ouvrage raconte l’histoire d’une légende polonaise. L’originalité de ce projet se trouve dans l’union du dessin, du texte et de la musique, puisqu’un disque accompagne le livre et nous entraîne dans une ambiance celtique, guidée par des chants en polonais.

Je ne connaissais pas du tout la légende de Rusalka avant d’ouvrir cette bande dessinée. Une jeune femme – esprit maudit associé au lacséduit les hommes s’approchant un peu trop près de l’eau. Elle leur donne son amour, mais finit toujours par les dévorer. Sa soif de violence et de sang gagne à chaque fois, jusqu’au jour où elle rencontre la perle rare, celui qui va tout changer. Si ce livre nous fait découvrir l’histoire de Rusalka, on y fait également un beau voyage dans le passé de la Pologne, pays peuplé de sirènes, de dragons et de vaillants chevaliers.

J’ai adoré les illustrations. Elles sont la plupart du temps dans les tons bleus de l’eau, mais se teintent de rouge lorsque Rusalka se repaît de ses victimes. Si l’esprit du lac parait parfois maléfique, elle semble aussi douce et envoûtante, ce qui la rend attachante. On sait que ce qu’elle fait est mal, mais on ne lui en veut pas vraiment, on voudrait juste pouvoir trouver une solution pour la délivrer de sa malédiction. C’est un personnage que l’illustrateur maîtrise parfaitement, que ce soit sous sa forme apaisée ou tourmentée. Elle est d’une beauté sombre et féerique. J’ai adoré la dynamique que sa chevelure donne à l’ensemble des dessins et les effets graphiques qu’elle entraîne.

Si Rusalka est une mangeuse d’hommes (au sens littéral comme au figuré :p ), vous vous doutez qu’il y aura des scènes de sexe. J’ai trouvé ces représentations sensuelles et captivantes. On reste toujours dans la poésie et jamais dans le vulgaire. Même chose pour ce qui est du sang et de la violence : on ne tombe jamais dans l’excès. Tout est mesuré et donne un tout harmonieux et très esthétique. J’ai beaucoup aimé la fin de l’ouvrage, mais je me demande si la légende de Rusalka se finit vraiment ainsi ou si c’est une interprétation des artistes.

La musique associée à la bande dessinée colle parfaitement à l’univers de Rusalka. À la fois calmes et paisibles, les sonorités celtiques nous emmènent dans un passé lointain, au cœur de l’imaginaire polonais. Le seul petit regret que j’ai, c’est que les chants soient tous en polonais. Cela donne un cachet original et unique à ce projet, mais j’aurais aimé entendre la légende contée en français ou en anglais, pour pouvoir en apprécier chaque aspect, et pourquoi pas la transmettre à mon tour. J’espère avoir bientôt l’occasion de voir ce projet sur scène !

Citations

« Un mythe, une légende… Une histoire racontée en Pologne depuis la nuit des temps… Une fille noyée, un spectre maudit. Un fantôme condamné pour l’éternité. »

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Conclusion

Un nouveau projet original mêlant illustrations, textes et musique, une légende polonaise revisitée, un personnage principal mystérieux, sensuel et envoûtant, une musique qui nous fait remonter le temps et qui accompagne parfaitement le tout. Je recommande grandement ce livre-CD !

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#FungiLumini

Bonus

J’ai eu la chance de rencontrer Alain Poncelet à Trolls et Légendes, et il m’a fait une magnifique dédicace à l’aquarelle !

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Si vous voulez découvrir l’univers musical de Rusalka, en voilà un petit extrait 🙂

American Gods – Lecture commune 01

Cargo

Avis de Marty

J’ai beaucoup aimé la première partie de ma lecture d’American Gods ! L’auteur nous balade encore beaucoup, ce qui fait qu’en tant que lecteur, on ne comprend pas encore tous les aspects de l’intrigue, mais de manière générale, ma curiosité a été piquée et j’ai hâte d’en apprendre davantage et de découvrir le premier épisode de la série.

Dans ces premiers chapitres, on fait la rencontre du personnage d’Ombre. Après plusieurs années en prison, il est maintenant à l’aube de sa libération. De nature méfiante, il a le pressentiment que quelque chose de mauvais va lui arriver et de fait, à quelques jours de sa remise en liberté, sa femme décède. Il est donc libéré plus tôt pour qu’il puisse assister à son enterrement.

Comme le premier chapitre est ponctué de flashbacks, on a déjà bien pu se familiariser avec le petit couple :

«Ce soir-là, il l’avait embrassée – un baiser au daiquiri – et il n’avait plus jamais eu envie d’embrasser quelqu’un d’autre.»

J’ai eu de la peine en lisant les lignes de l’annonce de sa mort… Ombre a l’air d’être un homme bon et aimant, même si l’on apprend qu’il est en prison pour cause de braquage et je trouve ce personnage très attachant.

Il part donc de prison et monte dans un avion pour rejoindre sa ville. A cause de turbulences, son avion est dévié et il doit prendre un autre, avion à bord duquel il fait la rencontre de Voyageur. Dès qu’il le rencontre il s’en méfie et pour cause, cet homme semble déjà tout connaître de lui avant même de l’avoir rencontré. Il lui propose alors de travailler pour lui, sans lui dire exactement de quel genre de travail il s’agit. Se sentant agressé par ce personnage étrange, Ombre descend de l’avion plusieurs arrêts avant le sien (je ne savais même pas qu’il existait des avions qui faisaient plusieurs escales…) et il décide de poursuivre sa route en voiture. Lorsqu’il fait arrêt dans un restaurant d’autoroute, il tombe à nouveau sur Voyageur qui semble l’avoir suivi.

Voyageur lui fait alors des révélations étonnantes : sa femme serait morte dans un accident de la route, à bord de la voiture de son meilleur ami, Robbie. Il appuie même ses propos par un article issu d’un journal local. Assommé par la nouvelle et sachant qu’il ne pourrait pas retravailler dans la salle de sport de son ami après sa mort, il accepte sur un coup de tête de travailler pour Voyageur en tant que garde du corps à condition de ne rien faire d’illégal. Dans ce même restaurant il fait la rencontre d’un leprechaun avec qui il se bat et qui lui donne une mystérieuse pièce en or…

Le lendemain il se rend à l’enterrement de sa femme, Laura, et y rencontre Audrey, la femme de Robbie et meilleure amie de sa femme. Il apprend alors que Laura et Robbie avaient une liaison et qu’ils sont morts parce qu’elle avait voulu lui faire une gâterie au volant… pas très glorieux comme façon de mourir ! Pourtant, Ombre garde son calme et rend hommage à sa femme en lui offrant la pièce en or qu’il avait gagné la veille.

En retournant à sa chambre d’hôtel après l’enterrement, il se fait agresser par un homme rondouillet qui semble en vouloir à Voyageur… Mais la soirée ne s’arrête pas là puisqu’il reçoit la visite de sa femme morte dans sa chambre ! Elle semble être revenue grâce à la pièce en or qu’il lui avait donnée et a tenu à lui expliquer sa liaison avec Robbie et lui demander pardon… De nouveau Ombre semble accepter ce qu’elle lui dit sans s’énerver mais en étant tout de même surpris par son apparence macabre.

Le lendemain, Ombre et Voyageur quittent la ville et se rendent à Chicago où ils rencontrent Czernobog et les sœurs Zorya. Voyageur semble vouloir convaincre Czernobog de le rejoindre dans une mission, mais en tant que lecteur, on ne sait toujours pas de quoi il en retourne ! Grâce à un pari, Ombre parvient à le convaincre de les rejoindre mais cela a un prix : il doit le laisser lui mettre un coup de marteau mortel sur la tête à la fin de leur mission… Cette même nuit, il fait la connaissance d’une des sœurs Zorya qui lui confie une pièce d’argent pour le protéger.

A la fin de chaque chapitre, on fait aussi la rencontre de personnages fantastiques, comme Bliquis, la mangeuse d’hommes; Odin, dieu protecteur des normands; Essie, anglaise exilée en Amérique et croyant aux lutins,… Je ne comprends pas encore très bien le rôle que ces histoires sont censées jouer dans le récit global, mais j’ai hâte de l’apprendre !

Je suis donc pressée de lire la suite de l’histoire pour savoir de quoi la mission dont parle Voyageur sera faite mais aussi pour en apprendre davantage sur ce personnage étrange…

Avis de Fungi Lumini

Après avoir vu le trailer de la série American Gods, je n’avais qu’une envie, me jeter sur le livre ! L’univers de Neil Gaiman semblait à la fois intrigant, dangereux et magique. J’avoue que ce qui m’a le plus plu, c’est le caractère et la folie qui débordaient de chaque personnage. Je lis le livre en anglais, donc j’espère qu’on s’y retrouvera facilement. Quand je vois par exemple que le nom du personnage « Wednesday » a été traduit par « Voyageur » en français, j’ai un peu peur…

Shadow est en prison, pour un braquage, dont la raison nous est encore inconnue. Quand il en sort, il apprend que sa femme vient de mourir. Dans l’avion qui le ramène chez lui, il croise (même si on se doute que ce n’est pas un hasard) Wednesday qui lui propose du travail – job dont on ne connait pas vraiment la nature. Le personnage de Shadow m’a étonnée dès le départ. Quoi qu’il se passe autour de lui, il reste calme, prend les choses avec philosophie et laisse la colère aux autres. Au premier abord, il semble dénué d’émotions (par exemple, il ne pleure pas quand on lui annonce que sa femme est morte, alors qu’ils avaient l’air très amoureux), mais plus on avance dans l’histoire et plus on se rend compte que c’est une façade et qu’il est plus intelligent qu’il n’y parait. Je me demande s’il va craquer à un moment et partir en mode détraqué, comme les personnages qui l’entourent. :p

J’ai adoré les dieux qu’on a rencontré jusqu’à maintenant, avec une préférence pour Mad Sweeney, un Leprechaun tout droit importé d’Irlande, assoiffé de violence gratuite et d’alcool. On a du mal à savoir si Shadow sait à qui il a affaire ou s’il fait juste son boulot sans poser de questions. Wednesday est en train de mettre ses pièces sur l’échiquier et j’attends avec impatience de connaitre la suite de son plan ! Le rôle d’autres personnages, comme la femme de Shadow ressuscitée d’entre les morts, reste encore mystérieux.

J’ai beaucoup aimé les petits intermèdes à la fin de certains chapitres, qui nous décrivent comment les croyances sont arrivées en Amérique et comment elles perdurent avec le temps. On y découvre à chaque fois une autre époque, de nouveaux personnages et surtout une nouvelle divinité et les rites qui lui sont associés. J’ai trouvé le tout très instructif en restant divertissant et passionnant.

Il faut quand même que je vous dise que j’ai été choquée par une des scènes/interludes de ce livre. Oui, moi, choquée ! 😀 Désolée si je vous spoile, mais je dois le mentionner au cas où ils le montreraient dans la série : alors que ce qui semble être une prostituée fait l’amour avec son client, elle lui demande de la vénérer. À partir du moment où il le fait, il prend son pied comme jamais, mais après l’orgasme, il se retrouve à moitié avalé par le vagin de la prostituée ! Oui, avalé. Et elle finit tranquillement d’engloutir son « repas » et s’endort, comme si tout était normal. :p Une scène que je n’aurais jamais cru lire, mais qui m’a plu par son originalité et énormité.

Comme vous vous en doutez avec cet avis, j’adhère totalement à l’univers American Gods et je n’ai qu’une envie, continuer cette lecture qui va nous emmener, je le sens, sur des sentiers étranges et funestes.


« There was a woman sitting on the side of his bed. He knew her. He would have known her in a crowd of a thousand, or of a hundred thousand. She sat straight on the side of his bed. She was still wearing the navy-blue suit they had buried her in.
Her voice was a whipser, but a familiar one. « I guess, » said Laura, « you’re going to ask what I’m doing here. » »

Les blogs qui participent 

A touch of blue Marine

Avez-vous déjà lu ce livre? Dites-nous ce que vous en pensez 🙂 N’hésitez pas à nous rejoindre !

#Marty #FungiLumini

Trolls et Légendes 2017

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Le plus grand salon de l’imaginaire de Belgique est Trolls et Légendes, festival regroupant littératurejeu de société, artisanat et cinéma en un gros événement culturel à Mons. Ce super salon n’a malheureusement lieu qu’une fois tous les deux ans, il faut donc réserver son week-end lorsqu’on connait les dates pour être sûr de ne pas le rater ! La dernière édition s’est déroulée du 14 au 16 avril, et j’ai été m’y promener le samedi. La plupart des gens viennent costumés : steampunk, fantasy, faerie, etc. Rien que pour l’ambiance générale, cet événement vaut la peine ! De plus, cette année, l‘organisation à l’entrée s’est très bien passée, puisqu’il ne nous a fallu que 15 minutes pour rentrer, plutôt que les 1h30 d’il y a deux ans ! Un soulagement :p

J’ai profité du fait d’arriver à l’ouverture pour aller faire dédicacer directement Le Carnaval aux Corbeaux d’Anthelme Hauchecorne par ses deux talentueux illustrateurs : Loïc Canavaggia et Mathieu Coudray. L’auteur était également présent, mais j’ai été lui dire bonjour un peu plus tard. 😉 D’ailleurs, en juin, Anthelme s’allie à nouveau à Loïc pour un artbook : Noces d’écailles !

J’ai ensuite été à la rencontre d’Alain Poncelet, illustrateur officiel de Trolls et Légendes et talentueux artiste du projet Omega-Thanatos (Livre + CD) dont je vous ai déjà parlé sur le blog. C’est pour une nouvelle oeuvre transmédia que j’ai été le voir, puisque sa bande dessinée Rusalka est accompagnée d’un CD (que j’ai déjà eu l’occasion d’écouter et que j’aime beaucoup ! ). J’ai pu avoir une superbe dédicace à l’aquarelle, encore merci !

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Passage chez Séma éditions pour dire bonjour à tout le monde et pour rencontrer Shirley J. Owens, auteure du livre Démons, présente pour la première fois en Belgique. J’aime beaucoup cette dédicace avec la Marque (ceux qui ont lu le livre comprendront :p ).

Une sortie à ne pas rater chez Séma : Le Miroir du Damné, écrit (et dédicacé 😀 ) à quatre mains par Frédéric Livyns et Jibé Leblanc. Une couverture sublime réalisée par Floating Fantask, une enquête intense, une présence maléfique qui règne sur la petite ville de Tarsac, une ambiance étouffante, un livre qui m’a rappelé Ça de Stephen King ! Un must pour votre bibliothèque.

En nous promenant dans les allées, nous avons pu tester le jeu de société Magic Maze, un jeu où le plateau se crée au fur et à mesure de la partie, où tous les joueurs jouent simultanément tous les pions, mais en silence. Un premier test assez drôle ! J’ai aussi découvert l’univers de Martinefa avec l’exposition proposée à l’entrée du festival. Un mot de passe était donné pour aller chercher une surprise sur le stand, et j’ai donc dû dire « Fée Pachier » à la personne derrière le stand pour avoir une petite enveloppe surprise, contenant deux stickers et un magnet ! xD

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J’ai également découvert l’artiste Chloé C, dessinatrice des webcomics Go get a roomie et headless bliss. Et niveau bijoux, j’ai eu un énorme coup de cœur pour l’univers de Baba Yaga, créatrice de bijoux étranges, dans une ambiance de cabinet de curiosités. Si j’avais eu un peu plus de budget, j’aurais sûrement craqué pour une de ses créations ! (Bracelet lapins, je reviendrai te chercher ! xD )

Après avoir fait une pause beignet aux pommes et Cuvée des Trolls, j’ai été à la rencontre de Georgia Caldera, auteure qui me fait dévorer des briques de pages en quelques jours à peine, toujours adorable et ici très belle avec ses cornes de démon. 🙂 Après avoir adoré Victorian Fantasy – tome 1 : Dentelle & Nécromancie, il me fallait le tome 2, pour lequel j’ai craqué. 😀 J’avais tellement aimé ce tome 1 que je l’avais offert à une amie pour son anniversaire et elle l’a tellement aimé aussi qu’elle est venue avec moi acheter ce tome 2 et on a passé le reste de l’aprem ensemble. 🙂 Gros bisou Sophie 😀 ❤

J’ai aussi profité de la présence de Karim Berrouka, auteur du Club des punks contre l’apocalypse zombie que j’ai lu il y a peu, pour lui faire dédicacer mon exemplaire. Une chouette rencontre 🙂

Après un dernier tour du festival, j’ai été chercher ma commande aux éditions du Chat Noir, qu’ils ont gentiment accepté de m’apporter à Trolls et Légendes, encore merci ! 🙂 J’ai un peu craqué début mars en prenant toutes leurs sorties d’avril, qui avaient toutes l’air géniales :p

DSC00056J’ai pu faire dédicacer mon exemplaire d’Omnia par Denis Labbé et Tragic Circus par Mathieu Guibé. J’ai aussi passé un peu de temps à discuter avec Mathieu et Anthelme Hauchecorne, ce qui fait toujours plaisir ! 🙂

Ce que je devais porter à la fin de ma journée à Trolls et Légendes xD :

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Cette année, Rollo, Neville et Mordred étaient présents sur le festival. Je n’ai pas payé pour avoir un autographe ou une photo avec les acteurs, mais j’ai quand même pu apercevoir l’acteur qui joue Rollo dans Vikings fin de journée ! 😀

Beaucoup de supers rencontres, de belles découvertes et malheureusement pas beaucoup de budget de mon côté :p Un très chouette festival, avec une ambiance unique, qui devrait avoir lieu tous les ans plutôt que tous les deux ans ! Merci pour ces beaux moments, Trolls et Légendes !

Coup (1)

#FungiLumini

Frigiel et Fluffy, tome 2 : Les prisonniers du Nether

1507-1Titre : Frigiel et Fluffy, tome 2 : Les prisonniers du Nether

Auteurs : Frigiel Frigiel et Nicolas Digard

Illustrateur : Thomas Frick

Éditeur : Slalom éditions

Genre(s) : fantasy jeunesse geek

Nombre de pages : 318

Mots-clés : cubes, magie, quête, chaleur, danger.

Alice et Frigiel, accompagnés de Fluffy, errent dans le Nether avec, à la main, la carte que leur a confiée Valmar. Mais la carte est inutilisable! Comment s’orienter au sein de cet enfer souterrain? Et où trouver l’aide dont Valmar parlait?

Pendant ce temps, dans la ville de Puaba envahie par les zombies, Abel est sauvé par les gardes du foyer des Lumières où il était censé s’engager. Mais ils brandissent sous son nez un avis de recherche concernant Frigiel. Sa tête est mise à prix! Le sang d’Abel ne fait qu’un tour: il se met en route, bien décidé à prévenir ses amis du danger qu’ils courent.

Mon avis

Je remercie Babelio et les éditions Slalom pour la réception de ce livre ! La fin du tome 1 est prenante : nos héros entrent dans un portail les menant dans le Nether – un enfer de feu et de lave. J’ai donc enchaîné assez rapidement avec le tome 2 ! Alice, Frigiel et Fluffy souffrent en ce début de tome de la soif, de la chaleur et d’attaques répétées de monstres. Heureusement, Banugg, un vieil alchimiste, les trouve et les sauve. Il va également être leur guide jusqu’à la ville de Jakar, mais à une condition : qu’il soit payé grassement pour le faire. De son côté, Abel avait rejoint l’ordre des lumières, mais quand il voit un avis de recherche concernant Frigiel, il ne peut résister et part à la recherche de ses amis dans le Nether, malgré sa peur. Le groupe va devoir affronter mille dangers avant d’arriver à la ville des mages, et ce qui les attend là-bas se révélera encore pire

L’objet-livre de ce tome 2 est toujours aussi beau que le premier. La couverture représente à merveille le contenu du livre, le titre de la série est en pixel art brillant et les illustrations noir et blanc internes du livre sont complétées par un dossier central de dessins couleur sur le passé des personnages. Comme dans l’autre tome, les termes spécifiques à l’univers Minecraft sont bien expliqués dans des notes de bas de page. Des illustrations présentent aussi chaque monstre qu’on rencontre. J’ai parfois trouvé que les dessins entête de chapitre donnaient trop d’indices sur le contenu du chapitre. (Par exemple, on avait une illustration du monstre qui allait les attaquer).

Frigiel prend confiance en lui dans ce tome et découvre qu’il a des talents de mage. Il tente petit à petit de découvrir les différents aspects de la magie et d’apprendre à la maîtriser. Alice quant à elle se prend de passion pour l’alchimie et observe Banugg avec rigueur. Fluffy reste égal à lui-même : il attaque tout ce qui bouge et fait des bêtises. :p Abel est le personnage que j’ai le moins apprécié dans ce livre : il ne fait que se plaindre, dire qu’il est faible et causer des problèmes. Il n’ose pas avouer ses sentiments à Alice et fait la tête dès qu’elle esquisse un sourire à quelqu’un d’autre que lui, c’est exaspérant ! Sinon, j’ai beaucoup aimé les pigmen, des zombies-cochons un peu bêtes (même pour des morts-vivants :p ).

L’histoire est toujours aussi palpitante. C’est à se demander quand les héros ont le temps de dormir et manger tellement ils rencontrent souvent des situations dangereuses. Comme les actions s’enchaînent et qu’on a du mal à poser le livre entre deux scènes,  il se termine assez rapidement ! On en apprend plus sur l’histoire des mages et le conflit entre les deux frères. On retrouve aussi notre cher Ender Dragon. 😀 La fin emmène nos héros dans un monde totalement différent du Nether, que j’ai hâte de découvrir dans le prochain tome (qui sort en septembre 2017 ! ).

Citations

« Le précipice n’arrêta pas le monstre. Il flottait dans les airs. Il ressemblait à un immense bloc de pierre muni de tentacules. Une petite bouche et deux longues paupières fermées ornaient son visage. Des traces sombres évoquant des larmes séchées lui donnaient une allure triste. Il était assez loin, une cinquantaine de blocs à vue de nez. Mais il pivota brusquement vers eux. Ses yeux s’ouvrirent et il émit un cri strident. Alors, une boule de feu jaillit de sa bouche et se précipita sur eux. »

« Ils s’approchèrent. L’ouverture était bouchée par un mur de bedrock. Frigiel fronça les sourcils. La bedrock ne pouvait être détruite. On ne pouvait donc la déplacer, encore moins en faire une paroi ! Qui construirait un cadre de porte en or autour d’un mur aussi inaltérable que le cube terrestre lui-même? Cela n’avait aucun sens. »

Conclusion

Une nouvelle série d’aventures palpitantes dans l’univers Minecraft, remplie de monstres, de magie et de révélations. Un bel objet-livre, plein d’illustrations noir et blanc et couleur. Des héros attachants et imprévisibles. J’ai passé un bon moment de lecture avec ce deuxième tome !

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#FungiLumini

Livres et Gourmandises : La clé d’argent des contrées du rêve (2/10)

Un nouvelle une gourmandise (1)

Recueil : La clé d’argent des contrées du rêve

Éditeur : éditions Mnémos 

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Nouvelle : Le rêveur de la cathédrale

Auteurs : Sylvie Miller & Philippe Ward

Résumé : un guide touristique découvre une clé d’argent dans la crypte de Saint-Denis.


Bière de la semaine

La bière belge est maintenant classée au patrimoine culturel de l’Unesco ! Un peu de culture en plus chaque semaine en découvrant les spécialités belges 😉

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Polarius

o Premium Craft Lager (bière de fermentation basse)
o Alcool : 5,0% alc v/v
o Amertume : 30 EBU
o Couleur : 8 EBC (4 SRM)
o OG : 11.8 °plato
o Levure: Levure de fermentation basse
o Houblons amérisants: Polaris, Hallertau Mittelfrüh
o Houblon aromatique : Polaris
o Céréales: malt Pilsen, malt Carablond©, Maïs

Sèche et désaltérante, Polarius est une pils blonde dorée possédant une amertume franche et nette, enrobée des fameux arômes du malt Carablond© et des houblons allemands utilisés.
Mélange entre une pils belge comme il y en avait beaucoup à une certaine époque et une Pilsen Allemande reconnaissable par ses houblons fins et aromatiques de la région Hallertau, Polarius est désaltérante tout en ayant du caractère. Bière de style, mais hors style.


La nouvelle de cette semaine est écrite à quatre mains : Sylvie Miller et Philippe Ward collaborent régulièrement sur des textes, dont ce texte-hommage à Lovecraft. On y découvre l’ancienne abbaye de Saint-Denis : le lecteur visite l’endroit avec le protagoniste comme guide. J’ai trouvé intéressant d’avoir, en plus des descriptions physiques et historiques des lieux, une illustration noir et blanc de l’édifice dans la nouvelle.

Kevin est guide touristique. Depuis quelques jours, il rêve à d’étranges villes et un nom apparaît dans son esprit : Randolph Carter. Alors qu’il erre dans les cryptes de l’abbaye après sa journée de travail, il trouve une vieille clé ornée d’inscriptions qu’il ne reconnait pas. Il s’évanouit, pris de vertige, et Randolph Carter le supplie par la pensée de venir le sauver dans les Contrées du Rêve, car seul un rêveur peut y parvenir. Quand Kevin se réveille, il se rend compte qu’il n’a pas beaucoup le choix, puisqu’il se retrouve contre son gré dans Kadath. Un seul moyen de s’échapper : amener la clé d’argent à Randolph Carter.

J’ai bien aimé la nouvelle en général. J’ai apprécié parcourir les allées de Saint-Denis, que je ne connaissais pas du tout et en découvrir l’histoire. Par contre, j’ai trouvé un peu dommage qu’on ne voie presque rien de la ville rêvée de Kadath. À peine observe-t-on une vue d’ensemble, qu’on se retrouve déjà dans une longue cage d’escalier et dans les geôles du château de Nyarlathotep.

Je ne sais pas comment est Randolph Carter chez Lovecraft, mais il est ici représenté comme un odieux vieillard, égoïste et vindicatif. Je me le représentais comme Jafar dans Aladdin quand il a son déguisement de vieux mendiant. Alors que Jafar recherche la lampe magique, c’est ici la clé d’argent qui intéresse Randolph Carter. Il veut qu’on vienne le délivrer et force la main à Kevin, alors qu’au final, il mérite sa punition. On rencontre également Nyarlathotep, un Grand Ancien métamorphe, d’abord à l’apparence humaine, qui devient un monstre hideux qui porte bien son nom de Chaos Rampant. J’ai apprécié que les auteurs s’attardent un peu plus sur ce personnage énigmatique. Le protagoniste, quant à lui, subit les événements sans avoir de prise sur eux. Il n’a au final aucun choix sur ce qui se déroule dans le texte et c’est Randolph Carter qui mène la danse. Il essaie bien parfois de se rebeller un peu, mais sans grand succès.

Les dialogues de la nouvelle ne me semblaient pas toujours très naturels. L’exemple le plus flagrant est la phrase du protagoniste quand il rencontre le Chaos Rampant sous sa forme monstrueuse : « Mais qu’est-ce que c’est que cette horreur ! ». Je crois qu’à part hurler ou être tellement terrorisée que je ne saurais prononcer un mot, je n’arriverais jamais à énoncer une phrase si longue en la présence d’une telle horreur. Il n’y a pas beaucoup d’endroits pour fuir, mais je pense que j’aurais au moins fermé les yeux pour ne plus devoir supporter cette horrible vue. :p

La fin du texte m’a beaucoup surprise, dans le bon sens du terme. On ne s’y attend juste pas, et elle colle vraiment bien avec ce qui a précédé ! Découvrir comment l’écriture à quatre mains se passe sur un texte si court m’aurait aussi beaucoup intéressée.

Extrait

« Qui a bien pu laisser ici un tel objet? se demanda-t-il.
Soudain, une envoûtante fragrance l’entoura. Des odeurs de musc, de santal, de coriandre, de cannelle, de badiane, d’encens, de bois exotique, de myrrhe et de benjoin mêlées de notes de rose, de vanille et de jasmin tourbillonnaient autour de lui. Ce mélange l’entêtait. Un vertige le saisit.
Et brusquement, il fut assailli par des relents nauséabonds qui le terrassèrent. Il s’effondra au pied du sarcophage de saint Denis. »

Conclusion

Une découverte historique de l’abbaye de Saint-Denis, un tête-à-tête avec Randolph Carter et le Chaos Rampant, une fin inattendue, j’ai apprécié lire cette nouvelle à quatre mains, malgré quelques phrasés maladroits. 🙂

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Nouvelle 2/10

#FungiLumini


Avez-vous lu ce recueil? Si vous l’avez également, n’hésitez pas à me rejoindre dans ma lecture et à venir en discuter en commentaire ! J’avancerai au rythme d’une nouvelle (et d’une bière ) par semaine 😉

Sorcières, sorcières, tome 1 : Le mystère du jeteur de sorts

album-cover-large-19233Titre : Sorcières, sorcières, tome 1 : Le mystère du jeteur de sorts

Auteur : Joris Chamblain

Illustratrice : Lucile Thibaudier

Éditeur : Kennes éditions

Genre(s) : BD jeunesse fantastique

Nombre de pages : 48

Mots-clés : magie, sorts, balai, citrouille, méchanceté.

Pamprelune est un petit village où tous les habitants sont des sorciers et des sorcières et où magie et sortilèges font partie du quotidien. Quand trois fillettes sont victimes d’un mystérieux jeteur de sorts, tous les regards se tournent vers celle qui a toutes les raisons de leur en vouloir : Harmonie.

Mon avis

Sorcières Sorcières est une série de BDs qui me faisait envie depuis longtemps. Quand Kennes a proposé son premier tome pour 3.95€, je me suis dit que c’était le moment de tenter l’expérience ! La couverture avec une simili reliure de grimoire est très réussie et colle bien à l’univers de cette série. L’auteur de cette bande dessinée est aussi connu pour avoir scénarisé Les Carnets de Cerise dans la Collection Métamorphose, que je n’ai pas encore lus, mais dont j’entends beaucoup de bien.

L’histoire se découpe en trois parties : le récit principal, une histoire annexe et un petit album photo de famille. Harmonie menace les jeunes sorcières qui se moquent de sa petite sœur Miette de changer leur tête en citrouille. Seulement, le lendemain matin, une des filles se retrouve avec une tête de citrouille! Les malheurs continuent de pleuvoir sur la ville sous forme d’envoûtements lancés de nuit. Harmonie, que tout le monde accuse, décide de mener l’enquête. Dans l’histoire secondaire, le balai magique de la maison tente de venir en aide à ses voisins instruments de ménage (et surtout la jolie balai avec un tablier), coincés sous le joug d’un balai tyran du nettoyage.

J’ai adoré l’univers graphique de cette bande dessinée ! Déjà, les dessins sont très beaux. Il y a vraiment beaucoup de petits détails, très mignons, qui rappellent le monde de la sorcellerie, que ce soit des peluches chauve-souris, des sonnettes citrouilles ou des poufs dragons ! J’ai beaucoup aimé le mur ouija dans l’entrée de la maison, qui doit sûrement servir à recevoir des messages 😀 Un univers très détaillé que les enfants (et les plus grands :p ) adoreront observer !

J’ai trouvé la superposition des deux histoires très bien mise en place, par contre, le deuxième récit m’a un peu moins passionné que le premier. L’album photo final est très mignon : on y découvre des images de la jeunesse des filles. Elles ont l’air d’avoir vécu pas mal de petites aventures ensemble et cette complicité est un bel exemple d’amitié entre sœurs.

Les personnages principaux sont super attachants. Harmonie et Miette forment un duo intéressant, toujours prêtes à se défendre l’une l’autre et à se réconforter quand quelque chose va mal. Les petits animaux qui accompagnent les personnages sont aussi super chou : le dragon qui mord et bave sur tout, le doudou hibou, le balai domestique et les chauves-souris.

Les autres jeunes sorcières (de l’âge d’Harmonie) se moquent de Miette parce qu’elle n’a pas encore développé sa magie. Je n’ai pas trop aimé cet aspect de l’histoire. ça peut paraître bête, mais ce harcèlement constant sur une petite fille faible et sans pouvoir m’a pesé. Un autre élément que je n’ai pas trop apprécié, c’est qu’il n’y avait pas vraiment d’indices pour nous lecteurs trouver la solution à l’enquête de l’histoire principale. Harmonie préfère faire ses recherches seule, c’est un peu frustrant.

Citations

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Conclusion

Une bande dessinée toute mignonne, avec des protagonistes attachantes et un univers graphique envoûtant, où les détails magiques foisonnent. Une bonne découverte !

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#FungiLumini

La Horde du Contrevent – Lecture commune 05

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« Et nous nous mîmes à courir, à courir, à courir comme des enfants fous, à courir vers les seules personnes au monde qui pouvaient comprendre la valeur de ce que nous avions fait, vers les seules dont on pouvait être certain qu’elles nous avaient attendus depuis toujours. Je ne pouvais pas à ce moment-là imaginer leur émotion à eux. Moi j’avais six ans et je courais vers mon passé. »

Avis de FungiLumini

J’avais vraiment hâte de reprendre ma lecture après avoir laissé la Horde aux portes de Urle. L’auteur a fait ici un choix de narration qui m’a paru assez étrange : il a choisi de ne pas raconter l’épisode de la porte. Nous retrouvons donc notre groupe 2 ans plus tard, moins nombreux (les morts nous sont vaguement expliquées) en train d’observer un chrone qui a une capacité spéciale : montrer la véritable forme d’une personne quand elle rentre dedans. Le plus impressionnant à découvrir est évidemment Golgoth, qui vit en continu avec le vif de son frère, mais c’était également intéressant d’observer les autres hordiers. Caracole reste le plus mystérieux. On en a pas vraiment appris plus sur sa nature après le chapitre de la tour et quand il entre dans le chrone, il y a juste le vide, ce qui m’a plus interloquée qu’aidée à comprendre ce qu’il est réellement !

Dans le deuxième chapitre, les familles des hordiers qui faisaient eux-même partie de Hordes les retrouvent. C’est un moment très émouvant pour les gens qui se retrouvent, mais également très triste pour ceux qui cherchent leurs enfants dans le groupe et qui ne les trouvent pas. Ils font un bout de chemin ensemble, jusqu’au camp Boban, qui se trouve aux portes de Norska. Ils vont élaborer leur stratégie, se préparer, écouter les conseils et les avertissements des précédents hordiers. Certains parents vont essayer de dissuader leurs enfants de partir. J’ai trouvé ça un peu faux et égoïste de leur part. Après tout, eux aussi ont tenté la traversée et ne devraient pas casser le chemin de vie de leur progéniture parce qu’ils n’ont pas été capable de réussir. Ces deux parties étaient assez calmes, mais c’était pour mieux rentrer dans le passage de Norska.

Malgré un temps assez clément (aussi clément qu’il peut être à Norska :p ), la Horde a du mal à avancer. La tension est présente à chaque instant de ce chapitre : dans les interactions entre les personnages, dans les actions qui se passent, dans les paysages qu’ils rencontrent. Cette partie du texte m’a aussi parue plus hachée, comme si l’auteur tentait l’écriture de son journal de contre comme Caracole le suggérait au début du livre, pas seulement avec de la ponctuation, mais bien avec des phrases incluant cette ponctuation. Des révélations sont faites qui ne laissent pas indemnes. Il y a aussi pas mal d’attente dans ce chapitre quant à un verdict : ce personnage va-t-il mourir? Vont-ils réussir à passer la nuit? Vont-ils trouver à manger? Et le plus important, vont-ils réussir à passer le pont, qui les emmènera plus loin que les autres Hordes ? Grâce à une idée saugrenue de Larco, ils y parviennent et c’est donc dans un paysage inédit et sûrement incroyable que nous les retrouverons la prochaine fois ! J’ai vraiment hâte de savoir ce qu’ils vont découvrir plus loin et si l’Extrême-Amont est à portée ou non !

Avis de Coco

Après une longue pause, on reprend la lecture des aventures de la Horde. Je dois vous avouer que je n’étais pas franchement enthousiaste ni même impatiente de retrouver les hordiers. Néanmoins, je pense que cette pause m’a fait du bien puisque j’ai trouvé ces trois chapitres un peu moins pénibles à lire que les trois précédents (mais je suis tout de même de moins en moins convaincue).

De nouveau, l’auteur nous fait subir des sauts temporels, du coup, exit le passage de la porte et bonjour, la rencontre avec une nouvelle forme de chrone et les morts non expliquées (oui, elles le sont mais tellement brièvement que c’est un peu de la blague). Je ne sais pas si c’est parce qu’il n’a pas l’imagination pour nous le raconter ou s’il s’est tout simplement dit que ce serait trop répétitif mais franchement, je lui en veux un peu pour ça. Et je lui en veux encore plus d’avoir fait passer les morts de Callirhoé et Léarch comme si ce n’était pas grave. Ou je suis totalement à côté de la plaque ou faut que l’auteur arrête de nous dire que la Horde sont comme des frères, une vraie famille, blablabla,… parce que bon, être aussi peu atteint par la mort de l’autre (sauf s’ils ont eu des relations sexuelles entre eux), grosse blague. Exception : les filles. Et j’ai bien envie de dire « évidemment » ! C’est bien connu, seules les femmes sont sensibles comme ça (mais oui, merci les idées préconçues). Mais là, je m’emballe, désolée. Cela étant dit, j’ai apprécié ledit passage avec le véramorphe qui nous a permis de voir les véritables formes des hordiers. Seule déception : Caracole, on aimerait en savoir plus mais évidemment l’auteur ne nous donne pas encore ce plaisir.

Le deuxième chapitre marque la rencontre de la Horde avec la Horde précédente, c’est-à-dire leurs parents. Je n’ai pas trouvé ce chapitre très intéressant, je dois bien l’avouer. J’ai l’impression qu’on apprend pas grand-chose, oui, ils leur disent que le passage de Norska est impossible, ils leur donnent des conseils mais j’ai envie de dire « c’est tout ? ». Mon impression que la Horde ne sert à rien n’a fait que se renforcer durant ce chapitre puisque même la Horde précédente a abandonné et se satisfait de ça. Certains prétendent que l’Extrême-Amont n’existe pas (ce qui est surement le cas mais entre nous, si on n’apprend qu’il n’y a réellement pas d’Extrême-Amont et qu’ils ont fait ça pour rien, je serai vraiment déçue), mais ça n’a pas l’air de les déranger plus que ça. Genre, j’ai passé ma vie à contrer pour rien mais c’est cool. Euhhh… ouais bonjour l’ambition. Du coup, je rejoins Fungi Lumini sur le fait que les parents sont culottés de vouloir empêcher leurs progénitures d’aller plus loin parce qu’ils ont, eux aussi, essayé (même s’ils ont l’air satisfaits d’avoir arrêté) et en plus, ils ont quand même abandonné leurs gosses pour faire partie de la Horde (sans parler du fait qu’ils ont laissé leurs enfants subir des traitements atroces pour devenir hordiers eux aussi).

Le troisième chapitre nous raconte le fameux passage de Norska. Encore une fois, je rejoins Fungi Lumini, j’ai trouvé ce chapitre très décousu mais au moins, il y avait un peu d’actions. Évidemment, il y a encore des morts (mais si on se fie à Caracole, il n’en restera qu’un donc c’est prévisible) mais aussi des abandons dont celui d’Aoi qui retourne au Camp Bòban pour élever son fils. J’ai particulièrement apprécié le moment où l’auteur nous raconte le combat de l’autour contre le vent. Maintenant que ce qui reste de la Horde a fini par passer grâce à Larco, on va bientôt savoir si tout cela en valait la peine ou non.

Avis de Yuixem

Ce retour à La Horde du Contrevent fut plutôt dur pour moi aussi après toutes ces semaines de pause. De plus, comme j’étais en retard d’un chapitre par rapport à l’échéance précédente, j’ai dû me replonger d’abord dans la joute verbale de Caracole et la fin de l’épisode de la porte d’Urle, ce qui ne m’a pas aidé dans l’immersion.

Au fur et à mesure que j’avance dans ce roman, j’ai de plus en plus l’impression que l’auteur avait davantage d’idées d’épisodes indépendants pour son roman plutôt qu’une histoire complète. On dirait qu’il a collé chaque chapitre les uns aux autres et a ensuite rajouté certains détails pour donner à son récit un fil rouge constructeur. C’est ce que j’ai particulièrement ressenti dans le passage entre la joute de Caracole et la bibliothèque ou encore celui entre la porte d’Urle et le veramorphe. Chaque fois que je me rends compte de ce vide d’action ou d’explication, je me retrouve comme expulsée du récit et cela me frustre énormément. J’aimerais tant pouvoir en savoir plus et m’attacher davantage aux différents personnages – dont j’ignore encore l’utilité ou même le nom !

Bien cette déception, j’ai adoré tous les chapitres pris indépendamment les uns des autres. La conception de la bibliothèque m’a charmée, découvrir les véritables formes de Golgoth, de Sov et de Caracole m’a envouté, les retrouvailles entre les deux hordes et l’histoire d’amour d’Aoi-Steppe m’ont touchée, et enfin la tension qui règne au coeur de Norska a complètement happé toute mon attention. Je n’ai plus qu’une hâte maintenant, découvrir l’Extrême-Amont, qu’il existe réellement ou soit davantage de l’ordre spirituel ! Quoiqu’il arrive maintenant, je suis certaine que suivre la Horde jusque-là en vaudra le coup !

 » – Fais ce que tu veux, Sov, vas-y puisque tel est ton destin, le destin de toute horde. Tu ne te pardonneras jamais de ne pas y être allé, sache-le. Au moins d’avoir essayé. Mais n’y va que si tu as décidé, au plus profond de toi, que tu es prêt à mourir pour l’Extrême-Amont. Et surtout : à voir mourir. »

« – Il faut que deux personnes se dévouent pour dormir dehors dans les hamacs. On va pitonner dans la fissure et les suspendre. Avec les surduvets en peau de yack, ça devrait être supportable. En espérant que le vent reste tranquille… Sinon…
– Sinon?
– Sinon nous aurons deux morts de plus. »


Les blogs qui participent 

Voyages imaginaires

A touch of blue Marine

Lectoplum

Avez-vous déjà lu ce livre? Dites-nous ce que vous en pensez 🙂 N’hésitez pas à nous rejoindre !

#Yuixem #FungiLumini #Coco

Du Feu de l’Enfer

9782258115699Titre : Du Feu de l’Enfer

Auteur : Sire Cédric

Éditeur : Presses de la Cité

Genre(s) : thriller/ polar

Nombre de pages : 560

Mots-clés : secte, meurtres, rituel, course, enquête.

Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et sœur. Un jour, l’une des combines d’Ariel tourne mal et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s’accumulent autour d’eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s’intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l’épreuve les liens du sang.

Sire Cedric revient en chef d’orchestre du suspense et des frissons, avec un nouveau concerto qui fait la part belle au souffle du vent dans la nuit noire et aux gémissements des corps torturés. Subtil et maîtrisé, ce conte d’horreur moderne allie à la justesse d’une réflexion sur les relations familiales les retournements de situation les plus ébouriffants.

Mon avis

Après mon énorme coup de cœur pour la plume de l’auteur et les univers magiques développés dans Dreamworld, j’ai voulu lire un autre titre de l’auteur. J’ai été directement à la source pour le choisir, puisque j’ai rencontré Sire Cédric à la Foire du livre de Bruxelles et je lui ai demandé lequel de ses livres il me conseillerait en tenant compte du fait que j’aimais le surnaturel, le fantastique, mais pas du tout le policier/thriller. Il m’a proposé De fièvre et de sang ou son nouveau titre Du Feu de l’Enfer, en me disant que c’est celui qu’il considère comme le plus abouti à ce jour. Après la Foire du Livre, je n’ai lu que d’excellentes critiques sur ce livre et je me suis donc lancée dans cette lecture, qui n’a malheureusement pas su me convaincre.

Manon est une jeune femme ordinaire, avec une vie tranquille quand son frère Ariel ne s’en mêle pas. Seulement voilà, il est venu frapper à sa porte au milieu de la nuit, et elle n’a encore une fois pas su dire non. Le lendemain matin, elle découvre que son voisin s’est suicidé. Ariel, qui a déjà eu pas mal de démêlés avec la justice, la laisse tomber dès qu’elle appelle la police. Dans la rue, il se sent suivi, épié. Quand il cherche à entrer en contact avec son meilleur ami, celui-ci ne lui répond pas. Quand il arrive à son garage, il le trouve crucifié à un pont élévateur de voitures. On apprend qu’Ariel et son meilleur ami ont profité d’une étrange soirée privée entre bourgeois dans un château en campagne pour voler une de leurs voitures. Les gens sont venus récupérer la voiture au garage en punissant le vol sévèrement, mais le problème reste qu’Ariel a toujours une valise qui leur appartient, qu’il avait trouvé dans la voiture. Il demande de l’aide de Manon, qui ne peut rien lui refuser. Une course contre la montre commence : poursuivis par des gens d’une secte qui n’ont pas peur de torturer et tuer pour leurs intérêts, Manon et Ariel vont devoir se battre pour tenter de survivre à ce cauchemar.

J’ai bien aimé suivre l’enquête en général. L’action est toujours présente, les éléments se mettent bien en place. Parfois même un peu trop bien, car j’avais deviné pas mal des choses qui se sont déroulées durant le récit. (C’est une des raisons pour laquelle je n’aime pas lire des enquêtes policières ancrées dans la réalité, je devine presque à chaque fois ce qu’il va se passer.) La plume de l’auteur est fluide et addictive, même si je l’avais préférée dans Dreamworld. J’ai trouvé le culte de la secte très intéressant, mais j’aurais aimé en connaître davantage encore.

J’ai du mal à dire si j’ai aimé le personnage de Manon ou pas. J’ai trouvé que c’était une jeune femme indépendante, qui n’hésite pas à faire des choix hors normes et à les assumer pleinement. Par contre, elle se laisse faire par tout le monde et ça, ça m’a énervée :p Surtout quand elle se laisse marcher sur les pieds par son frère, qui est le pire des lâches et faible d’esprit. (Je ne l’aimais pas beaucoup, lui :p). Au final, j’ai préféré les personnages plus extrêmes de la secte, plutôt que les protagonistes.

J’ai découvert cette super chanson grâce à ce livre et je trouve qu’elle correspond parfaitement à l’ambiance du récit. Ce qui m’a fait rire, c’est que Manon l’écoute pour se détendre après le travail : même si la voix de la chanteuse est envoûtante, je trouve personnellement les premiers accords angoissants et la musique de fond oppressante, ça ne me relaxerait pas d’être en train de rouler seule au milieu de la forêt la nuit avec cette chanson comme ambiance sonore. 😀

J’avais lu qu’il fallait avoir le cœur bien accroché, car l’auteur nous décrivait des choses absolument atroces. C’est peut-être moi qui suis insensible, mais j’ai trouvé le tout assez soft. Presque toutes les scènes de tortures ont été passées sous silence, seul le résultat final du meurtre est montré. Même au sein de la secte, je m’attendais à des scènes beaucoup plus visuelles, plus trash, alors qu’au final, on en apprend beaucoup sur leurs méthodes, leurs déviances, mais on les voit très peu faire.

Je ne pense pas me tourner à nouveau vers un des thrillers de Sire Cédric. Ce n’est juste pas un genre qui me convient et cette nouvelle tentative d’incursion dans cet univers me l’a prouvé. Si je veux lire à nouveau cet auteur, j’essayerais de trouver un de ses anciens titres Angemort ou Déchirures, malheureusement plus édités, dans lesquels le fantastique est bien plus présent. Je trouve dommage que l’auteur ne sorte plus que des ouvrages dans la veine du policier. Même s’il semble avoir rencontré son public dans ce genre, il avait vraiment réussi à me toucher avec ses nouvelles magiques et sombres et ça me rend un peu triste de me dire qu’il n’y en aura pas d’autres.

Citations

« C’était un cauchemar.
Un cauchemar atroce dans lequel elle avait sombré et dont elle ne pouvait plus sortir.
Elle n’aurait jamais dû chercher à savoir. Si seulement elle n’avait pas contacté cet homme pour obtenir des réponses. Si seulement elle n’avait pas cru ses belles paroles… »

« – Toi qui connais les rivages du Styx et le parfum des chairs en décomposition, continua le masque noir de sa voix suave et vicieuse. Toi qui fréquentes la mort au quotidien. Toi qui as joui, en secret, du plaisir de prendre une vie de tes propres mains…
La pointe de métal appuya contre sa peau, tout près de la veine jugulaire. Manon sentit qu’elle allait s’évanouir pour de bon.
– Sous ta mue mal ajustée de créature fragile, je vois la bête affamée qui cherche à sortir. »

Conclusion

J’avais peut-être trop d’attentes par rapport à ce livre. L’enquête m’a plu, mais ne m’a pas surprise. J’ai aimé découvrir la secte présentée par l’auteur et la mythologie autour. Ce livre était beaucoup plus soft que prévu (du moins pour moi) et n’a pas su m’emmener dans l’Enfer que j’attendais. Une lecture certes intéressante, mais qui ne m’a pas transcendée.

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Bonus

J’ai rencontré Sire Cédric à la Foire du Livre de Bruxelles et il m’a dédicacé ce livre, ainsi que Dreamworld ! Un auteur adorable !