La Voix du Feu

69701Titre : La Voix du Feu

Auteur : Alan Moore

Illustrateur : Melchior Ascaride

Éditeur : ActuSF (Hélios)

Genre(s) : nouvelles fantastiques

Nombre de pages : 376

Northampton : petite ville située au centre de l’Angleterre, habitée depuis la préhistoire et peuplée de 200 000 âmes. Dont Alan Moore.
C’est lui qui, à travers les siècles et douze récits qui s’entremêlent, en dessine une histoire faite de sorcellerie, de mensonges, de vérités et de morts. On y rencontre un homme oiseau, une sorcière, un ancien croisé traumatisé, un enquêteur romain, une nonne éclopée, un VRP et même… une tête sans corps. Autant de voix qui se mélangent dans la chaleur des brasiers.
Un autre de ces chefs-d’oeuvre dont Alan Moore a le secret.

Mon avis

Quand j’ai vu que le créateur d’univers tel que From Hell, Watchmen ou encore La Ligue des Gentlemen Extraordinaires avait publié un recueil de nouvelles et qu’ActuSF le proposait en service presse (merci à eux pour ce livre !), cela m’a tout de suite intéressée. Je suis de plus une grande amatrice de nouvelles, la galerie de personnages présentée en quatrième de couverture m’intriguait beaucoup et Neil Gaiman a rédigé une introduction très élogieuse de ce livre. Cette lecture fut cependant longue et compliquée pour moi,  j’ai d’ailleurs mis plus d’un mois à la terminer.

On ne va pas se mentir, j’ai déjà abandonné la première nouvelle après 10 pages. L’éditeur avertit dans sa note au début du livre qu’il ne faut pas se laisser décourager par ce premier texte, qu’il est ardu. Malheureusement, à partir du moment où mon esprit décrochait de la lecture toutes les 3 phrases à cause de l’écriture (cette nouvelle est « mal écrite » exprès pour correspondre au personnage qui est un garçon vivant à la préhistoire), cela n’a pas été possible de continuer. Vu que le recueil est dans un ordre chronologique, c’est forcément cette nouvelle qui doit commencer le roman, mais c’est un pari risqué, car elle fait quand même 60 pages et risque de décourager le lecteur. Je vous invite donc à ne pas hésiter si vous n’arrivez pas à entrer dedans à passer à la suite (et à y revenir après si ça vous dérange vraiment de ne pas tout lire :p ).

Il y a 12 nouvelles, classées par ordre chronologique, se déroulant toutes dans le petit village, puis la petite ville de Northampton. Un lieu qui se charge au fil du temps d’histoire, d’expériences, de sentiments… Les nouvelles peuvent se lire indépendamment, mais des clins d’œil se retrouvent dans l’une et l’autre. On découvre aussi parfois la résolution d’un récit dans un des autres textes. La dernière nouvelle conclut la ligne du temps en faisant référence à toutes les autres. L’Histoire continue à hanter les personnages du présent.

L’auteur s’essaie à divers procédés littéraires dans ses nouvelles : faire parler une tête, ne pas utiliser de ponctuation, usurper le rôle d’un personnage par un autre… La religion et le sexe ont une place importante dans sa prose, mais ce ne sont souvent pas de belles choses : tout y est sale, plein de blasphèmes, de trahison, de colères et de tristesse. Une morale est souvent cachée entre les lignes, mais pas toujours celle qu’on aurait pu croire venir au début de la nouvelle.

L’auteur aime beaucoup les digressions, et ce n’est pas un mal ici. J’ai pour ma part beaucoup aimé connaitre par plusieurs chemins narratifs, au travers de mille détails, la vie des personnages et du lieu qu’ils habitent ou traversent. Une richesse qui passe autant par sa plume que par le style de narration.

Même si certains passages m’ont paru un peu longs, j’ai apprécié me plonger dans les différents récits et découvrir la vie et les mœurs des peuples durant différentes époques. J’ai beaucoup aimé la nouvelle « Complices ès tricots » qui raconte l’histoire d’un couple de sorcières promises au bûcher, ainsi que « J’ai toujours des jarretelles, en voyage », récit de vie d’un vétéran de la guerre accro aux femmes qui ne s’en sort plus avec toutes ses maîtresses !

Citations

« Mon chemin de pensées est par conséquent tiré de tous les chemins autour de moi dans la vérité de la vie. Ces territoires que nous embrassons sont embrassés pareil à l’intérieur, où il y a des monuments de notions, des gouffres, des pics et des fleuves où fraient les pensées de la nuit. Si tu veux connaître mon chemin et suivre son parcours, alors connais le territoire autour de toi, à la fois la piste et le vît-lage, dans son pont et ses Terres inondées. Connais les tanières de rats des bannis, les pierres reliques et les cavernes cachées. Observe chaque sentier au-dessus et connais le passage au-dessous, le chemin secret de la cave vers la fosse au trésor. »

« Prenez garde, vous qui répugnez à troubler l’ordre des choses ! Tremblez, vous qui ne voulez point attirer l’attention sur vous, et voyez ce que la timidité m’a valu : mon gosier lui-même est exposé en place publique. Voyez, vous les humbles : cette pique de fer, voilà tout ce que vous hériterez de la Terre. »

Conclusion

J’ai vraiment du mal à dire si j’ai aimé ou pas ce recueil. J’ai en tout cas aimé découvrir la plume d’Alan Moore, qui s’essaie dans ce recueil à beaucoup de procédés littéraires différents, mais tout n’y est pas pour moi une réussite. Le concept du recueil est original, avec des nouvelles indépendantes, mais toutes reliées par un lieu commun. Une lecture qui fut plutôt longue et compliquée pour moi, mais que je suis tout de même contente d’avoir terminée.

indécise

#FungiLumini

2 réflexions sur “La Voix du Feu

  1. Pingback: L’hypothèse du lézard | Livraisons Littéraires

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