Le Miroir de Peter

miroir-peterTitre : Le Miroir de Peter

Auteur : John Ethan Py

Éditeur : L’Homme Sans Nom

Genre(s) : Thriller fantastique

Nombre de pages : 320

Mots-clés : miroir, cinéma, psychanalyse, traversée, écrivain

Lorsque Satiajit Wilcox se voit proposée la psychanalyse de George Mothershield, le plus célèbre auteur de romans d’épouvante, il y voit une aubaine pour sa carrière.

Mais ses ambitions tournent court. Le romancier se montre insaisissable et paranoïaque, hanté par une sombre machination que monterait tout Hollywood par ses films et visant à créer une image aux effets dévastateurs.

Que cachent en réalité l’étrange personnalité de George Mothershield, son obsession et ses romans si effroyables ? Et surtout qu’en est-il de ce lien étrange qu’il prétend avoir avec un certain Lewis Carroll, auteur d’Alice au pays des merveilles ?

Basculant dans une course contre la montre aussi effrénée qu’effrayante, Satiajit devra démêler le vrai du faux et découvrira des révélations le concernant à même de faire basculer son monde dans le chaos.

Mon avis

J’ai découvert ce livre grâce au blog Vision Livre. J’ai flashé sur la magnifique couverture de l’ouvrage. En lisant la quatrième de couverture, j’ai découvert que le livre était centré sur la psychanalyse d’un écrivain de récits horrifiques, ce qui m’a encore plus donné envie de lire ce livre. J’ai donc profité de mon passage aux Imaginales pour me procurer un exemplaire ! 🙂

Satiajit est un jeune psychanalyste à qui on propose un travail particulier : la psychanalyse de Georges Mothershield, un célèbre écrivain d’horreur. La tâche s’annonce difficile mais Satiajit décide de relever le défi et part s’installer dans l’Oregon, près de son patient. Dès le début, il perçoit que cette psychanalyse sort de l’ordinaire. Il va notamment découvrir les origines de l’inspiration littéraire de son patient, ainsi que les secrets des ombres mystérieuses.

Ce qui m’a d’abord surprise lors de ma lecture, c’est la plume de l’auteur. On ressent la présence de Stephen King dans tout le livre, que ce soit dans les inspirations de John Ethan Py ou dans le personnage de Georges Mothershield. A certains moments, j’avais même l’impression de lire un livre de Stephen King lui-même autant au niveau des thèmes abordés que des tournures de phrases et des effets stylistiques. J’ai retrouvé la façon dont King décrit ses scènes, ses personnages et leurs dialogues, les détails qu’il met dans sa narration, etc. mais dans un récit 100% francophone et ça, ça fait plaisir ! 🙂

Le lecteur est d’abord plongé dans un univers plutôt réaliste, assez froid et cartésien. Le protagoniste prend des notes, analyse ce qu’il expérimente avec l’écrivain. Un élément va faire basculer le monde de Satiajit vers l’étonnant et le surnaturel : la découverte du miroir de Peter. A partir de ce moment, l’ambiance devient beaucoup plus sombre, mystérieuse voire malsaine à certains moments. Une atmosphère particulière qui donne des frissons.

Les thèmes abordés dans ce récit sont variés : la psychanalyse se mêle au monde du cinéma, de la photographie et de la littérature. Un élément central vient relier tous ses éléments : le miroir et les croyances/ fonctions qui y sont associées. L’ouvrage ne fait pas qu’aborder vaguement ses thèmes : l’auteur s’y connait très bien sur chacun des sujets qu’il aborde. J’ai appris énormément de choses par exemple sur l’oeuvre de Stanley Kubrick ou encore sur les œuvres de Lewis Carroll en lisant ce livre ! Ce récit contient beaucoup de mystères et d’éléments cachés. Grâce à différentes théories sur des films, des photos ou des livres, le brouillard qui entoure ses mystères se dissipe peu à peu, laissant place à une vérité terrifiante.

J’ai été bluffée par la fin de l’histoire, à laquelle je ne m’attendais pas du tout mais qui prouve encore une fois le talent de l’auteur : il nous met dès le début les éléments de résolution du récit devant les yeux sans qu’on ne se doute de ce qu’il va en faire au final. Une lecture dont on ne ressort pas indemne !

Citations

« Symboliquement, un livre est un seuil. Sa couverture que l’on ouvre est comme une porte, et ses pages que l’on tourne sont autant de strates dans lesquelles nous nous enfonçons. Lire est bien une manière, presque réelle, dirais-je, de passer à travers le miroir.Lorsque nous lisons, nous quittons le monde réel pour basculer totalement du côté de l’imagination, pour nous abandonner et nous perdre dans les méandres de la fiction. »

« Cela vint-il des arbres mouvants, de leur pelage ébouriffé, de ces ombres qui serpentaient sur la route ou de cette lumière visqueuse qui filtrait depuis ce ciel au bleu fade, mais Satiajit eut l’incontestable certitude qu’il y avait quelque chose de mal ici. Que quelque chose de terrible et terrifiant s’y terrait, tapi dans ce décor qui avait l’apparence du monde réel. De mal. Oui, il n’y avait pas d’autre mot. »

« Ils veulent une image. »

« – Que je vous explique, reprit le romancier en s’animant, et ses mains entamèrent un ballet qui accompagna ses paroles. Les films nous manipulent, mais pas seulement au niveau de nos idées, aussi au niveau de nos émotions. Quand nous regardons l’écran, nous sommes comme des marionnettes que les films manipulent à leur gré, nous faisant éprouver plaisir, joie, euphorie, chagrin, douleur, peur, angoisse, horreur… Et, lorsque nous sortons d’une projection, nous sommes encore sous l’effet de ce que nous avons émotionnellement vécu. »

Conclusion

Un livre qui m’a bluffée par le style et la culture cinématographique et littéraire de l’auteur. Une plume qui me fait penser à celle de Stephen King, un univers sombre et malsain, un véritable coup de cœur pour cet auteur que je découvre ! Je recommande très fortement ce livre 🙂

coup de coeur

Random Word Challenge juin

« L’image de la route était facile, mais persistante. S’il écrivait un jour sa propre histoire, c’est cette image qui s’imposerait à lui. »

#FungiLumini

Bonus

J’ai rencontré l’auteur aux Imaginales et j’ai eu une dédicace 🙂 Je retournerai sûrement le voir pour acheter ses autres livres ! :p

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6 réflexions sur “Le Miroir de Peter

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  2. Je viens tout juste de commencer ce roman. Il est vrai que j’ai de suite était bluffer (de novo) par l’auteur et la profondeur de son récit.
    Si vou avez aimé je vous conseil grandement Chesstomb ainsi que le songe d’Adam, deux romans que j’ai adoré, avec une petite préférence pour Chesstomb que je trouve plus abouti.

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    • Je pensais lire d’abord « Le Songe d’Adam »: le thème me parle plus que « Chesstomb » mais vu que j’ai adoré « Le Miroir de Peter », je lirai sûrement toute la bibliographie de l’auteur dans un futur proche 😉

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