Crime

51lfOXUQE8L._SX328_BO1,204,203,200_Titre : Crime
Auteur : Meyer Levin
Éditeur : Libretto
Genre : roman historique
Nombre de pages : 448
Mots-clés : meurtre, faits réels, homosexualité, surhomme, crime, châtiment, peine de mort

Résumé

Inspiré de faits réels !

1924, Artie Strauss et Judd Steiner sont deux jeunes adolescents de 18 et 19 ans qui sont considérés comme des génies. Issus de familles riches, ils ont toujours vécu les pieds dans le beurre avec tout ce qu’ils ont toujours souhaité. Alors qu’ils étaient promis à un avenir brillant, il leur vient subitement l’horrible idée de commettre le crime parfait ! Pour quelles raisons ? Pour prouver leur supériorité ? Pour s’opposer aux mondes étriqués des millionnaires ? Par amour ? Tout le monde l’ignore, probablement même les deux protagonistes. Après avoir tout planifié pendant plusieurs mois, ils assassinent finalement le jeune Paulie Kessler et prévoient de recevoir une rançon de la part de ses parents, leur faisant croire qu’il est toujours en vie. Malheureusement, le corps est rapidement découvert et l’investigation commence. A cause d’une paire de lunettes, les deux garçons seront finalement incarcérés et seront condamnés à la perpétuité.

Avis personnel

Ce livre… ce livre ! Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins : vous devez absolument le lire !!! Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est incroyable, tant au niveau de l’histoire – basée sur des faits réels ! – que de l’écriture !

L’auteur raconte de manière romancée le crime de deux jeunes garçons issus du milieu aisé américain et qui sont particulièrement intelligents, considérés même comme des génies. Ce meurtre a réellement eu lieu en 1924 et l’écrivain a réellement fréquenté les deux assassins en question (Nathan Leopold et Richard Loeb de leurs vrais noms). S’il s’agit d’une histoire vraie, les faits sont tout de même à nuancer car l’auteur s’est permis d’imaginer les pensées, régulièrement torturées, des protagonistes. C’est d’ailleurs cet élément qui fait de ce livre, un chef-d’œuvre, malheureusement peu connu du grand public !

Telles sont la vérité et réalité à mes yeux. Car dans le domaine de l’émotion, il n’y a pas de vérité absolue ni définie, la réalité passe toujours à travers un être, et ce qui va suivre est la réalité à travers moi.

Le roman est divisé en deux parties. La première raconte la préparation, le déroulement et l’après du crime principalement depuis le point de vue de Judd, l’un des deux assassins. La voix de l’auteur (Sid), jeune journaliste à l’époque, s’élève également à plusieurs reprises, dévoilant le côté des investigateurs et de la jeunesse américaine. Tout le long, on suit les pensées, les émotions et les questionnements de ces deux personnages, et Judd nous livre ainsi les raisons de son acte, sa passion de la philosophie de Nietzsche, son amour particulier qu’il porte à Artie, sa peur de se faire prendre, sa supériorité apparente qu’il se donne lorsqu’ils sont finalement incarcérés, etc. Bien que l’acte que ces deux jeunes adultes ont commis, celui de réaliser le crime parfait en tuant un enfant au hasard, soit plus qu’horrible, on s’attache néanmoins à Judd qui semble avant tout être un adolescent en perte d’identité qui a besoin de se comprendre et de comprendre sa place dans la société.

La deuxième partie se concentre pour sa part sur le procès qui condamna les deux garçons à perpétuité. On suit ainsi les recherches des psychiatres qui doivent démontrer que Judd et Artie ne sont pas fous, mais assez perturbés psychologiquement pour pouvoir solliciter des circonstances atténuantes. Le réquisitoire et le plaidoyer des deux avocats est passionnants à lire, remettant sans cesse en question la peine de mort, qui est toujours pratiquée actuellement aux Etats-Unis.

Si l’on connait dès le début le final de cette histoire, le cheminement jusqu’à celui-ci est passionnant, poignant, marquant… Le déroulement de l’intrigue se fait de manière totalement déconstruite, dévoilant ainsi un suspense permanent. L’avant, le pendant et l’après du crime se mélange continuellement, agrémentés des nombreuses réflexions de Judd et du narrateur. Comme on ne suit pas l’histoire dans l’ordre chronologique, on est perpétuellement sous tension, désirant tourner directement la page pour avoir réponse à nos multiples questions. Tout en s’attachant à Judd, on se demande comment il a pu commettre ce crime ou encore ce qu’il a pu ressentir, mais le suspense s’impose jusqu’au bout car l’on doute réellement que les deux adolescents se fassent prendre ! La plume de Meyer Levin est incroyable à ce niveau, car elle fait douter le lecteur alors que celui-ci connait déjà la sentence ! Cet élément se trouve également dans la seconde partie, où l’on se demande quel avocat convaincra le juge.

Ce genre de livre qui se dévore, qui passionne et qui remet en question toutes nos croyances, conceptions et idéologies ne peut être défini que comme un chef-d’œuvre à part entière ! Sans réellement s’en rendre compte, on se met à débattre dans son propre esprit sur les questions des raisons du meurtre, de la peine de mort, de la définition du bien et du mal, de l’importance de la psychanalyse, de la nécessité de la seconde chance, etc.

Citations

Ils avaient joué avec l’idée du « crime parfait »; or, tout la littérature policière est basée sur ce thème éminemment banal. Mais, dans les romans policiers, on prête un mobile au criminel. On peut concevoir à la rigueur qu’on tue pour de l’argent, par vengeance ou par jalousie, même si l’on se dit que c’est insensé, que c’est affreux (…). Mais, dans ce cas particulier, ni cause, ni motif, ni prétexte. Judd Steiner et Artie Strauss avaient tué pour tuer, pour se livrer à la fascinante expérience d’exécuter un crime parfait.

Faites-les mourir : cela empêchera-t-il d’autres jeunes gens, d’autres hommes, d’autres femmes de tuer encore ? Vous savez bien que non. Les pendaisons d’hier n’ont pas prévenu le crime d’aujourd’hui.

Conclusion

En prenant pour sujet la question universelle du crime et du châtiment, Crime de Meyer Levin s’impose comme un incontournable de la littérature, telle une œuvre de Dostoïevski, mais en plus abordable :p

Je n’aurai donc que deux mots pour conclure cette chronique : lisez-le, lisez-le, lisez-le !!!!

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3 réflexions sur “Crime

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