Le Bureau des Jardins et des Etangs

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Titre : Le Bureau des Jardins et des Etangs
Auteur : Didier Decoin
Editeur : Stock
Genre : roman historique
Nombre de pages : 396
Mots-clés : Japon, époque Heian, histoire, littérature, romance, deuil

Quatrième de couverture

Empire du Japon, époque Heian, XIIe siècle. Être le meilleur pêcheur de carpes, fournisseur des étangs sacrés de la cité impériale, n’empêche pas Katsuro de se noyer. C’est alors à sa jeune veuve, Miyuki, de le remplacer pour porter jusqu’à la capitale les carpes arrachées aux remous de la rivière Kusagawa. Chaussée de sandales de paille, courbée sous la palanche à laquelle sont suspendus ses viviers à poissons, riche seulement de quelques poignées de riz, Miyuki entreprend un périple de plusieurs centaines de kilomètres à travers forêts et montagnes, passant de temple en maison de rendez-vous, affrontant les orages et les séismes, les attaques de brigands et les trahisons de ses compagnons de route, la cruauté des maquerelles et la fureur des kappa, monstres aquatiques qui jaillissent de l’eau pour dévorer les entrailles des voyageurs. Mais la mémoire des heures éblouissantes vécues avec l’homme qu’elle a tant aimé, et dont elle est certaine qu’il chemine à ses côtés, donnera à Miyuki le pouvoir de surmonter les tribulations les plus insolites, et de rendre tout son prestige au vieux maître du Bureau des Jardins et des Étangs.

Mon avis

Le Bureau des Jardins et des Etangs m’a principalement attiré par sa quatrième de couverture. Une histoire qui se déroule durant l’époque Heian (12e siècle) est plutôt rare, et encore plus de la part d’un écrivain français ! J’ai donc été intriguée par ce roman et par les quelques critiques que j’ai entendues à son propos.

C’est donc dans un lointain passé et dans un pays bien reculé de notre vieille Europe, que Miyuki vient de perdre brutalement son mari, l’homme de sa vie, Katsuro. Pêcheur de carpes attitré pour les étangs de la cité impériale, Heiankyô, il entreprenait chaque année un voyage vers la capitale pour remettre aux nobles ses plus belles prises. Miyuki se voit donc obligée de suivre les traces de son mari pour honorer le contrat qui existe entre son petit village de province et le Bureau des Jardins et des Etangs. Sur le long chemin qui la sépare de sa destination, elle vivra diverses situations, généralement plutôt désagréables. Cependant, rien ne pourra l’empêcher de mener à bien sa tâche et de découvrir une part de la vie de son mari qu’elle ignorait jusqu’alors.

Si ce roman est loin du genre de la romance, l’histoire d’amour entre Miyuki et son mari tient une place centrale dans le récit. Le voyage qu’elle entreprend équivaut également à son deuil et lui donne l’occasion de repenser à toute sa vie avec Katsuro. A la manière des auteurs japonais, on découvre une vie amoureuse plutôt simple où l’importance de la relation se situe dans la quotidienneté plutôt que dans les effusions de sentiments et d’attentions. On y trouve également un côté érotique qui évoque d’autant plus le lien profond qui unissait ces deux êtres.

Miyuki est donc très touchante à voir son mari dans tous les petits détails de son voyage. Elle se révèle un personnage pleine de naïveté et de pureté. Elle ne voit le mal nul part, est prête à aider son prochain, se montre respectueuse de tout à chacun et finalement ne tient qu’à honorer l’âme de son tendre époux. J’ai beaucoup aimé ce personnage et son chemin initiatique.

Mais ce qui m’a le plus marquer durant toute ma lecture est de très loin le style de Didier Decoin. L’auteur a mis pas moins de 12 ans pour écrire ce roman… et ça se sent ! La quantité d’informations au sujet de l’époque Heian est vraiment incroyable ! L’écrivain a étudié son sujet, sa période et sa littérature pour pouvoir nous offrir son histoire. On trouve d’ailleurs à la fin une bibliographie des ouvrages qui lui ont permis de se documenter. Plus que le simple périple de Miyuki, on voyage – nous lecteur – au coeur du Japon et de sa culture. Les nombreuses et détaillées descriptions nous immergent dans cet univers unique et étranger. On a l’impression de se trouver réellement dans la forêt, de sentir la pluie sur notre peau, de percevoir les différentes odeurs et être ébloui devant la beauté de la capitale. Didier Decoin nous dépeint avec un grand réalisme les diverses saynètes de la vie quotidienne des pêcheurs, des paysans et puis des divers personnages que l’on rencontre au fur et à mesure. De ces descriptions ressort une impression de vision d’estampes japonaises, à la manière des Cents vues d’Edo de Hiroshige, qui a d’ailleurs accompagné l’auteur tout au long de la rédaction de son roman. J’ai donc été particulièrement séduite par la plume de l’auteur qui a su me faire voyager et déployer mon imagination.

J’ai pourtant été gênée par un aspect. J’ai eu l’impression que l’auteur avait fait une liste de ce qu’il voulait mettre dans son roman. Un peu comme :

  • Parler de la vie paysanne – Check
  • Rendre le sexe à la manière japonaise – Check
  • Parler du bouddhisme – Check
  • Parler des conflits historiques de la période – Check
  • etc.

La fin m’a d’ailleurs paru comme étant le check de trop et ne m’a donc de ce fait pas trop plue… J’ai également été un peu perturbée par l’importance de la sexualité et du rapport à l’odeur. Il y avait un aspect sans doute un peu trop pervers pour moi, même si c’était extrêmement bien rendu. Tout cela a eu un impact sur les émotions qui m’ont traversée tout au long de ma lecture. Je n’en ai vécu aucune. Je me suis plutôt sentie comme une étrangère et une simple observatrice de cette histoire ; un sentiment qui ne fera pas de ce roman un coup de coeur.

Citations

« Depuis la mort de Katsuro, la jeune femme vivait dans un brouillard qui assourdissait les sons, détrempait les couleurs. Mais elle pressentait que cette opacité se dissiperait dès qu’elle prendrait la route, et qu’elle verrait alors le monde tel qu’il est en réalité, avec ses aspects positifs et ses pentes néfastes. Puis, lorsqu’elle aurait livré ses poissons, lorsqu’ils glisseraient dans les bassins des temples, sa vie s’empâterait de nouveau, l’obscurité la reprendrait. »

« Les volutes grises du brouillard matinal s’accrochaient aux ronces et aux arbustes dont les rameaux piquetés de fleurs d’un blanc cireux évoquaient des parterres de petites bougies votives. »

Conclusion

Le Bureau des Jardins et des Etangs est un grand roman, surtout pour son écriture magnifique ! L’auteur arrive à nous faire voyager dans le Japon de l’époque Heian et de nous peindre de belles estampes des situations quotidiennes. Sa documentation est juste et impressionnante. Ce voyage se déroule aussi au coeur de l’amour et du deuil auquel l’héroïne doit faire face avec la mort de son mari. J’ai malheureusement eu quelques petites gênes au niveau des différentes thématiques abordées, de la présence importante de la sexualité et du manque d’émotions ressenties.

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La Passe-Miroir : Les fiancés de l’hiver

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Titre : La Passe-Miroir
Sous-titre : Les fiancés de l’hiver
Auteur : Christelle Dabos
Editeur : Folio
Genre : Fantasy
Nombre de pages : 608
Mots-clés : Fantasy, romance, pouvoirs, lecture, citadelle, complots

Quatrième de couverture

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’Arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

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Avec la sortie du troisième opus de La Passe-Miroir, il était plus que temps que je me lance dans cette série ! Une occasion que j’ai saisie lorsque @fungilumini m’a offert le premier volet – Merciiii ❤ A la lecture de ce roman, je suis redevenue une adolescente passionnée par une série jusqu’au point de ne pouvoir m’empêcher de lire jusqu’à des heures incongrues ! Cela donne déjà le ton de mon avis 😉

Est-il réellement nécessaire de revenir sur l’histoire alors que ma chronique se perdra dans les centaines d’autres déjà disponibles ? :p Je préfère vous parler de cet univers qui m’a conquise, de ces personnages qui m’ont tenue par la main tout le long, de ces retournements de situation qui m’ont surprise plus d’une fois et de toute la passion qui m’a animée entre les lignes de Christelle Dabos.

Parlons donc d’abord de l’univers de La Passe-Miroir. On comprend qu’il s’agit probablement d’un lointain futur de notre planète où Dieu semble avoir fait une bêtise en détruisant le monde en plusieurs morceaux. De celui-ci, il ne reste que des « arches », plus ou moins gouvernées par des êtres immortels et aux pouvoirs fabuleux. De leur descendance sont nés les nouveaux hommes, chacun doté également d’une partie de ces fameux pouvoirs. Sur l’arche d’Anima, les pouvoirs sont tous liés à l’animisme, à la manipulation d’objet. Ophélie, notre héroïne, est une « liseuse » – elle peut lire le passé des objets – et sa tante Roseline peut, elle, réparer toutes formes de papier. Au Pôle, les pouvoirs sont nombreux et divisent la société en plusieurs clans qui se vouent une haine mutuelle : les Dragons, avec leur force inouïe, les Illusionnistes qui modifient à leur gré la réalité, les membres de la Toile qui partagent leurs esprits, … Et l’on sait déjà que sur une autre arche, il existe des architectes incroyables ! Le monde qui nous est dévoilé dans le premier tome n’est donc qu’une petite partie de son étendue réelle ! La fantasy qu’on y retrouve est très bien construite et entre dans les détails, ne laissant la place à aucun doute. Je dois dire que j’ai été charmée par chaque partie de cet univers et qu’il me tarde d’en connaitre davantage ! Tout en voguant entre les pages, j’ai retrouvé les sensations que j’avais lorsque j’étais plus jeune et que je dévorais les Sigrid de Serge Brussolo ou encore les Harry Potter. Il était impossible pour moi de m’arrêter de lire et d’avoir des étoiles dans les yeux en permanence.

Au niveau des personnages, j’ai adoré Ophélie ! Une héroïne loin des clichés qui arbore fièrement qui elle est, avec ses défauts et ses qualités ! Elle n’est pas belle, ne semble avoir aucun charme physique, et ne s’améliore pas spécialement avec le temps. Pourtant, même si on le comprend bien via les descriptions, je n’ai pu m’empêcher de l’imaginer jolie, mais dans toute sa simplicité ; un peu comme Sophie dans Le Château de Hurle de Diana Wynne Jones. J’ai également adoré son caractère ! Un peu gauche dans tout ce qu’elle entreprend, elle se montre tout de même déterminée et rigoureuse. Loin d’être une soumise comme on aimerait nous le faire croire, elle prend son destin en main et est bien décidée à en rester maitre quoiqu’on puisse lui imposer. J’ai particulièrement aimé cet aspect-là, qui fait d’elle une héroïne parfaite pour cette histoire où les complots, les mensonges et les menaces sont ordinaires.

J’aime également beaucoup Thorn, le fiancé d’Ophélie. Il a des allures de Bête, de La Belle et la Bête, ou encore de Laurent dans Prince captif :p Il est froid, distant, calculateur et semble dénué de cœur. Pourtant, on se doute qu’il cache au fond de lui une sensibilité que lui-même ignore. Dans ce premier opus de La Passe-Miroir, on ne découvre encore qu’une once de son passé et de ses objectifs personnels. Ce protagoniste mérite d’être davantage développé dans les tomes suivants et j’ose espérer qu’il l’est !

Les autres personnages secondaires ont également beaucoup d’intérêt. La tante Berenilde, le chevalier, Renard, Gaëlle, Pistache, Archibald, la mère Hildegarde, Farouk, … Ils ont tous leur particularité qui fait qu’on les aime ou les déteste. On se passionne pour l’histoire personnelle de chacun et on s’attache à eux malgré leurs actions qui portent parfois préjudice à notre héroïne. J’aurais simplement aimé que l’écharpe soit un peu plus présente, plus attachante, car il manque très certainement un petit compagnon de route à Ophélie.

Au niveau des évènements qui prennent place tout au long de ce premier roman, il faut dire qu’on est servi. On découvre en même temps qu’Ophélie tout l’univers qui s’étend devant elle et toutes les magouilles qui se déroulent sous son nez. Si j’ai été agréablement surprise devant ces nouveautés et par les nombreux retournements de situations, j’ai tout de même trouvé le temps long par moments. Finalement ce premier tome est plutôt lent et installe davantage la scène de toute l’action future. J’ai davantage dévoré ce tome pour comprendre rapidement les tenants et les aboutissants que parce que l’histoire était fondamentalement passionnante. La relation entre Ophélie et Thorn est d’ailleurs très morne, quasiment inexistante – une petite déception. J’espère que le deuxième tome sera plus chargé en rebondissements et sera à même de me donner envie de me jeter sur le troisième volume !

Si j’ai été séduite par les personnages et par l’univers dans lequel ils évoluent, j’aurais tout de même souhaité avoir plus d’action et avancer plus rapidement dans l’histoire. Pourtant le dernier chapitre m’a réellement tenu en haleine ! J’ai terminé Les fiancés de l’hiver dans le même état d’esprit qu’un dernier épisode de Game of Thrones. Il me fallait la suite immédiatement ! Heureusement que j’avais prévu le coup en achetant la suite ! Malgré le 01h30 du matin qu’affichait mon horloge, cela ne m’a pas empêché de lire le premier chapitre et de mon plonger directement dans Les Disparus du Clairdelune !

J’oublie d’évoquer l’écriture de Christelle Dabos qui m’a fait vibrer tout au long du roman. Riche en vocabulaire, son style est prenant, nous fait voyager dans ses descriptions et nous fait ressentir tension, peur, douleur, étonnement et inquiétude. Pour un premier roman, je trouve qu’elle se débrouille avec brio et sait captiver son lectorat ! J’ai aussi beaucoup apprécié d’avoir un arbre des relations ainsi qu’un plan de la Citadelle, qui donne une meilleure idée de l’environnement.

Citations

« Résignée ? Pour être résignée, il faut accepter une situation, et pour accepter une situation, il faut comprendre le pourquoi du comment. Ophélie, elle, ne comprenait rien à rien. Quelques heures auparavant, elle ne se savait pas encore fiancée. Elle avait l’impression d’aller au-devant d’un précipice, de ne plus s’appartenir du tout. Quand elle risquait une pensée vers l’avenir, c’était l’inconnu à perte de vue. Abasourdie, incrédule, prise de vertiges, ça oui, elle l’était, comme un patient à qui l’on vient de diagnostiquer une maladie incurable. Mais elle n’était pas résignée. »

« Ce fut quand Ophélie s’assit devant son assiette qu’elle prit conscience de la présence de Thorn, attablé en face d’elle. Il s’était tellement fondu dans la pénombre ambiante, qu’elle ne l’avait pas remarqué. Il était méconnaissable.
Sa crinière, courte et pâle, ne batifolait plus comme de la mauvaise herbe. Il avait rasé la barbe qui lui mangeait les joues, de telle façon qu’il n’en restait qu’un bouc taillé en forme d’ancre. La grossière pelisse de voyage avait cédé la place à un étroit veston bleu nuit à haut col, d’où s’évadaient les manches amples d’une chemise impeccablement blanche. Ces habits raidissaient plus encore son grand corps maigre, mais ainsi Thorn ressemblait plus à un gentilhomme qu’à un animal sauvage. La chaîne de sa montre à gousset et ses boutons de manchette accrochaient la lumière des chandelles. »

« – La cour ! souffla Roseline en grattant le papier de sa plume. Un bien joli mot pour désigner une grotesque scène de théâtre où les coups de poignard se distribuent dans les coulisses. »

Conclusion

J’ai adoré ce premier volet de la saga de La Passe-Miroir, la nouvelle série fantasy évènement ! L’univers et les personnages m’ont principalement charmée durant toute ma lecture. Seul petit bémol, la lenteur de l’action. L’histoire met du temps à réellement démarrer, installant davantage des bases solides à un récit plus important. J’ose espérer que le deuxième tome sera plus friand en actions et rebondissements ! Un premier tome qui annonce une série très prometteuse ! Je fonce dévorer la suite !

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#Yuixem

 

#59 C’est lundi ! Que lisez-vous ?

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L’été est là ! Et les jours qui s’allongent me donnent juste envie de lire encore et encore ! Vous aussi le beau temps vous fait cet effet ? :p

J’ai par contre l’impression de lire plus vite que je n’écris… Du coup je suis à la traine dans toutes mes rédactions :p


Ce que j’ai lu

J’ai enfin terminé Le Bureau des Jardins et des Etangs et la chronique est en cours d’écriture ! Tout comme l’est le deuxième tome de L’Adoption, que j’ai malheureusement beaucoup moins aimé que le premier…

Niveau manga, vous avez déjà pu découvrir mon avis sur la série de La Belle et la Bête ! Je vous invite à découvrir ma chronique de Short Love Stories sur Manga Mag, site pour lequel je commence à écrire 🙂 Je prévois également de publier mon avis au sujet de Plus jeune que moi chez eux.

Et alors ! Grande nouvelle ! Je me suis enfin lancée dans la série de La Passe-Miroir ! Et je dois dire que j’ai été plus qu’enchantée de découvrir cet univers ! Ma chronique arrive cette semaine et je dévore déjà le deuxième tome ❤

Ce que je lis

Je suis déjà à la page 200 des Disparus du Clairdelune ! Je pense le terminer, ainsi que le troisième tome avant la fin de la semaine ! Une grande folie !

Par contre, il serait vraiment temps que je m’accroche un peu pour me replonger dans le recueil de nouvelles de Shûsaku Endô…

Ce que je lirai

Aucune surprise pour ce que je compte lire par la suite 😉

Et vous ?

Quelles sont vos lectures actuelles ? Que comptez-vous lire par la suite? Dites-le nous en commentaire 🙂


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→ Spooky et les contes de travers Tome 1 

American Gods – Lecture commune 04

La Belle et la Bête – Manga

→ La clé d’argent des contrées du rêve (9/10)

Bonne semaine !

#Yuixem

La Belle et la Bête – Manga

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Titre : La Belle et la Bête 
Sous-titres : Le destin de Belle / Le destin de la Bête
Adaptation : Mallory Reaves
Dessins : Studio Dice
Genre : manga
Nombre de pages : 192 + 192
Mots-clés : La Belle et la Bête, conte, romance, adaptation

Quatrième de couverture

Il était une fois ……. un jeune et beau Prince, qui vivait dans un magnifique château où il donnait des fêtes somptueuses.
Mais, trop dorloté par des domestiques prêts à satisfaire ses moindres caprices, celui-ci était devenu insolent et égocentrique. Lorsqu’une mendiante se présenta en quête d’un abri et lui offrit une simple rose en échange de son hospitalité, il la renvoya sans ménagement, ignorant qu’il s’agissait en réalité d’une mystérieuse enchanteresse… Pour le punir de sa cruauté, celle-ci jeta un sort sur le château, transformant le jeune Prince en une Bête effrayante et tous ses habitants en objets.
Désormais, son seul moyen de rompre la malédiction sera d’apprendre à aimer et à se faire aimer en retour, et cela avant qu’une rose enchantée ne perde son dernier pétale… Sans quoi, prisonnier du château pour l’éternité, il conservera à jamais son hideuse apparence et ses domestiques leur forme d’objet…

Quelques années plus tard, dans le petit village de Villeneuve…
Farouchement indépendante et solitaire, la jeune Belle vit avec son père, Maurice, un artiste. Passionnée de littérature, elle rêve de parcourir le monde qui s’étend au-delà des limites de son village, ce qui fait d’elle une énigme pour tous les villageois. Lorsqu’en se rendant au marché, Maurice est attaqué par des loups et se perd dans les bois, il trouve refuge par hasard dans le château de la Bête, désormais plongé dans le noir et figé dans la glace. Mais la Bête, furieux de son intrusion, le fait prisonnier.
Apprenant la disparition de son père, Belle se lance à sa recherche et se retrouve à son tour face à l’hideuse créature, auprès de qui elle plaide pour sa libération. Elle finit par accepter de prendre la place de son père… Qui sait si ce noble sacrifice ne pourrait pas faire tomber la terrible malédiction ?

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La Belle et la Bête est sans aucun doute mon conte préféré ! J’ai dévoré la VHS durant toute mon enfance, j’écoutais en boucle les cassettes de Marlène Jobert et maintenant j’aimerais me lancer dans toutes les réécritures de ce conte ! J’ai bien sûr été voir dès que j’en ai eu l’occasion – c’est-à-dire durant un voyage en Corée du Sud xD – le nouveau film de Disney avec Emma Watson ! Un choix qui évidemment m’a énormément parlé ; la belle d’Harry Potter était parfaite pour ce rôle 🙂 J’ai été charmée tout au long du film : j’ai pleuré, j’ai chanté, j’ai été chavirée par la foule d’émotions davantage présentes dans cette version que dans le dessin animé. Un énorme coup de coeur et je me félicite de ne pas avoir dépensé une place de cinéma supplémentaire tellement j’ai envie de retourner le voir !

Ceci me permet d’aborder enfin le sujet de cette chronique ! Nobi Nobi ! récemment racheté par les éditions Pika semble hériter de leur ligne éditoriale qui propose les adaptations mangas des films et dessins animés de Disney. Une bonne stratégie puisque le public premier visé est la jeunesse. Avec la sortie du film de La Belle et la Bête, ils ne pouvaient manquer cette occasion de sortir un manga directement adapté de celui-ci ! Et je ne pouvais donc pas passer outre cet achat ! Plutôt que d’avoir une série qui reprend uniquement l’ordre chronologique des évènements du film, on a droit ici aux deux points de vue des personnages principaux.

Aucune obligation de commencer par Le Destin de Belle ou celui de la Bête, ils se lisent selon notre gré. J’ai personnellement commencé par l’histoire de Belle, pour me replonger dans le film. Le déroulement du manga est exactement identique à la version que l’on retrouve dans les grandes salles noires. Le seul ajout – qui fait toute la différence – se situe au niveau des introspections de l’héroïne. Dans le conte, le dessin animé ou le film, nous n’avons jamais accès à ses pensées ou ses émotions. Découvrir comment elle vit son emprisonnement, sa première nuit et puis sa nouvelle vie auprès de son hôte offre un réel plus à cette édition ! Vous vous doutez qu’avec un tel engouement pour la partie de Belle, j’ai été encore plus ravie par celle de la Bête. L’histoire de ce personnage ne sert généralement qu’à exemplifier la morale de ce conte et ne développe malheureusement jamais son identité. Il est toujours quelque peu laissé dans l’ombre. Ici, on lui octroie enfin son rôle de premier acteur de sa propre histoire ! On ne découvre rien de son passé, mais on assiste à son ressenti sur les différentes situations qui s’imposent à lui. C’est la première fois que j’ai pu assister à l’évolution de ses sentiments pour sa prisonnière et je dois bien avouer avoir été touchée ! Je rêve tout de même encore d’une version de cette histoire plus romancée de son point de vue, mais j’ai déjà été satisfaite par cette adaptation ❤

Dès lors, un coup de coeur pour ce manga?, me demanderez-vous. Absolument pas ! Il ne s’agit réellement que d’une adaptation du film. Aucune liberté n’est prise, sauf au niveau de l’expression des pensées comme je viens d’en parler. Les dessins ne sont pas non plus très beaux. Belle est parfois très mignonne dans sa version manga, mais elle n’est vraiment pas bien dessinée les 3/4 du temps. J’ai davantage préféré le style graphique de la Bête. Big Ben, Lumière et autres personnages secondaires sont identiques à leurs homologues du film, avec évidemment beaucoup moins de classe. Pour faire simple, il ne ressort aucune personnalité de cette adaptation. Aucune chaleur, aucune passion. On se rend compte qu’il s’agit d’une adaptation réalisée probablement à la va-vite pour profiter du phénomène de La Bête et la Bête engendré par le film et réaliser un chiffre d’affaires.

Malgré cela, j’ai tout de même apprécié ma lecture que j’ai embellie avec la bande son du dessin animé de notre bonne vieille version française ❤

Extrait

Conclusion

En conclusion, la version manga de La Belle et la Bête est une adaptation très fidèle du film. Le manga composé de deux volumes offre les points de vue des deux personnages principaux. J’ai personnellement trouvé que l’épisode de la Bête était le plus intéressant. J’ai été touchée de voir ce personnage devenir enfin le héros de sa propre histoire et révéler au grand jour ses sentiments. Au niveau des dessins, il ne faut pas s’attendre à quelque chose de grandiose. Ce fut plutôt décevant. Pourtant, j’ai tout de même adoré cette lecture ! Cette version manga n’est absolument pas un must-have, mais il ravira sûrement les fans de ce conte !

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Everything Everything

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Titre : Everything Everything
Auteur : Nicola Yoon
Editeur : France loisirs
Genre : Romance
Nombre de pages : 368
Mots-clés : maladie, romance, adolescence, enfant-bulle, problèmes familiaux, Etats-Unis

 

 

Quatrième de couverture

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

Mon avis

Everything Everything est dans ma wish-list depuis déjà de longs mois ! En le voyant chroniqué continuellement sur la blogosphère, je n’ai pu m’empêcher de vouloir découvrir la raison de l’intérêt qu’il suscitait. J’essayais désespérément de me le procurer en numérique pour pouvoir le lire au Japon… mais il aura fallu attendre mon retour pour me l’acheter chez Belgique Loisirs, tout frais tout neuf ! Entre-temps, je m’étais consolée auprès de The Sun Is Also a Star de la même auteure. Je rejoins d’ailleurs l’avis de la majorité : j’ai davantage préféré Everything Everything que ce second roman.

Everything Everything raconte l’histoire de Madeleine, une jeune adulte atteinte de la maladie de « l’enfant-bulle ». Allergique au monde entier, elle vit recluse chez elle depuis son enfance, isolée des germes, microbes et autres bactéries venant de l’extérieur. Dans une telle situation, pas facile d’avoir des amis. Maddy vit donc une relation très fusionnelle avec sa mère, son infirmière et ses livres, qui bercent son imagination. Jusqu’au jour où de nouveaux voisins emménagent dans la maison d’à côté, et surtout le très séduisant Olly ! Il faut croire qu’il y a eu un coup de foudre des deux côtés… Alors ne pouvant s’empêcher de rentrer en contact malgré la maladie, Maddy et lui deviennent d’abord amis via Internet, puis ont l’occasion de se rencontrer – après une désinfection complète – grâce à l’infirmière. Mais tomber amoureuse de quelqu’un qui respire la liberté alors qu’on est enfermé depuis toujours entre quatre murs risque d’être plus difficile à vivre qu’il n’y parait !

Les histoires d’amour impossible couplées à des maladies handicapantes sont des schémas que j’adore ! J’aime l’effusion de sentiments qui sort généralement de ce type de récit : beaucoup d’amour, d’espoir, de volonté, mais aussi de tristesse, de détresse et de malheur. Ça doit être pour ça que je regarde souvent des séries japonaises de ce genre… Enfin, revenons à nos moutons ! Everything Everything nous présente donc ce qu’est la vie d’une « enfant-bulle », une personne atteinte d’une immunodéficience, une maladie qui affaiblit gravement les défenses immunitaires de l’organisme. Cela signifie que la moindre infection pourrait être fatale à notre héroïne. Elle vit ainsi dans un environnement cloisonné et ne peut sortir à l’extérieur. Bien sûr, il n’y a aucun espoir de guérison pour une telle pathologie, mais Madeleine le vit plutôt sereinement… Du moins jusqu’à l’arrivée de son nouveau voisin. Je pense qu’on ne peut pas imaginer ce que c’est de devoir vivre enfermé, en regardant constamment par la fenêtre et savoir que l’on ne peut pas sortir et sentir le vent, l’herbe, les odeurs, … De surcroît, Madeleine est très solitaire, n’ayant pour seule compagnie que sa mère et son infirmière. Il s’agit d’une vie bien différente de la nôtre à laquelle on devrait avoir du mal à s’identifier. Pourtant, Nicola Yoon aborde cette thématique de manière très simple, gaie et jeune, faisant passer son personnage principal pour une adolescente presque comme les autres.

Il est nécessaire d’ajouter que le style d’écriture de l’auteure et la mise en page sont très jeunes et rafraichissants ! On a des conversations par emails rendues comme si elles apparaissaient sur notre ordinateur, des feuilles où Madeleine espionnent les faits et gestes de ses voisins, des dessins pour illustrer ses sensations, des pages web qu’elle consulte… Tout ça donne beaucoup de vie à la narration et offre une nouvelle façon de lire, très axée sur le quotidien des jeunes actuels. Je m’identifie ainsi parfaitement à ces manières de communication et apprécie d’autant plus cette lecture, différente des romans classiques.

Everything Everything ne m’a pas seulement charmé au niveau de sa narration, mais aussi au niveau des diverses émotions qu’il a fait naitre en moi au fil des pages. L’auteure rend le premier amour magique. On retrouve les battements de coeur, les sourires gênés, les papillons dans le ventre, le bonheur pour une nouvelle, l’attente insupportable des retrouvailles… Le premier amour est sans aucun doute le plus beau, pour sa naïveté, sa passion et son semblant de destinée. Tout est parfaitement rendu dans Everything Everything et c’est ce que j’ai le plus adoré tout au long de ma lecture. L’amour va au-delà de la maladie, des soucis parentaux, des barrières sociales… J’ai vraiment adoré toute la fougue dont faisaient preuve Madeleine et Olly.

En parlant de ces deux personnages, je les ai évidemment beaucoup appréciés. Même si tout semble les opposer, on se rend compte qu’un seul point commun entre eux est nécessaire : la passion de la vie ! Si la maladie paralyse Madeleine dans son quotidien, Olly n’est pas mieux fourni avec un père alcoolique et violent. Tous deux cherchent le moyen d’échapper à ces contraintes qui les empêchent de voler de leurs propres ailes. Pour sa part, Madeleine s’évade via les livres. Elle partage tout le long du roman les diverses lectures qui l’ont marquée ou qu’elle est en train de lire – un ravissement pour la livrivore que je suis ! De son côté, Olly s’amuse à grimper sur toutes les surfaces possibles et imaginables et à faire mille et une cabrioles. Des manières d’expressions distinctes mais qui témoignent d’un désir de liberté très fort. Deux personnages avec des personnalités très marquées auxquelles on ne peut qu’adhérer.

J’ai aussi envie de vous parler un peu de la couverture d’Everything Everything ! Outre avoir été attirée par la quatrième de couverture et les chroniques sur le web, j’ai également été happée par ce roman via sa couverture. Le bleu, le blanc et la profusion de couleurs en arrière-plan m’avaient étrangement charmée. Cependant, l’ayant acheté chez Belgique Loisirs, je me suis retrouvée avec une couverture différente qui m’a moins plu. J’aime la fenêtre d’où sort une multitude d’objets, de plantes et d’oiseaux en tous genres, mais je n’apprécie pas autant la palette de couleurs – jaune et rose. Autant la fenêtre à une symbolique qui se rapporte parfaitement au récit, autant j’ai trouvé ces choix chromatiques criards et peu adéquats. Une petite déception concernant cette adaptation… Pourquoi avoir modifié la couverture à ce point ?!

Alors, après avoir encensé tout le livre, je dois bien vous expliquer pourquoi Everything Everything n’est pas un coup de cœur pour moi, même si je l’ai dévoré en une journée !? Tout simplement parce que je n’ai pas aimé la fin ! Bien que je l’aie senti arriver à plein nez, je l’ai détestée, la trouvant trop rapidement amenée, pas assez développée… Un choc duquel je ne me remets pas tellement j’ai trouvé des points illogiques dans cette histoire et ai été marquée par la réaction des divers personnages. Non, non, non ! Décidément, cette fin ne m’a pas plu ! Juste les dernières pages que j’ai à nouveau adorées, et qui ont su sauver tout ce que j’ai pensé du livre pendant ses 3/4 !

Citations

« Il m’arrive de relire mes romans préférés en partant de la fin. Je commence par le dernier chapitre, et je lis à rebours jusqu’au premier.
Quand on lit de cette manière, les personnages vont de l’espoir vers le désespoir, de la connaissance de soi vers le doute. Dans les histoires d’amour, les couples sont d’abord amants, avant de devenir des étrangers. Les récits d’initiation se transforment en récits d’égarement. Des personnages reviennent même à la vie.
Si ma vie était un roman qu’on lisait à l’envers, rien ne changerait. Aujourd’hui est pareil à hier, demain sera pareil à aujourd’hui. Dans Le Livre de Maddy, tous les chapitres se ressembleraient. »

« Depuis qu’Olly est entré dans ma vie, il y a deux Maddy : celle qui continue son existence à travers les livres et ne veut pas mourir, et celle qui vit pour de vrai, avec le pressentiment que la mort est un prix infime à payer pour cela. »

« Peut-être que grandir, c’est décevoir les gens qu’on aime. »

Conclusion

En conclusion, j’ai trouvé Everything Everything extrêmement touchant presque tout le long du roman. J’ai adoré les personnages principaux, le style très jeune et fou de Nicola Yoon, et la foule de sentiments qui m’a envahie. La maladie et la situation familiale qui s’opposent principalement à l’amitié, puis à l’amour de Madeleine et Olly se désintègreront face à leur fougue pleine de vie et de liberté. J’ai adoré ! Seul point négatif de cette lecture, sa fin, qui ne m’a pas du tout convaincue… J’en garde néanmoins un magnifique souvenir et je n’ai qu’une hâte, lire le prochain livre de Nicola Yoon.
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#Yuixem

#57 C’est lundi ! Que lisez-vous ?

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De retour en Belgique, je trouve ma vie quelque peu ennuyeuse… Même si je plonge dans mes livres, il me manque un petit quelque chose… Retrouver un rythme et des habitudes n’est pas aussi facile que je ne l’aurais cru !

Enfin, découvrez les lectures qui m’ont permis de m’évader ces derniers jours !


Ce que j’ai lu

Ce que je lis

Ce que je lirai

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Et vous ?

Quelles sont vos lectures actuelles ? Que comptez-vous lire par la suite? Dites-le nous en commentaire 🙂


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Calendar Girl – Mai

Passage

American Gods – Lecture commune 03

Faith, tome 1 : A la conquête d’Hollywood

Livres et Gourmandises : La clé d’argent des contrées du rêve (7/10)

Bonne semaine livrèsque !

#Yuixem

 

Calendar Girl – Mai

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Titre : Calendar Girl – Mai
Auteur : Audrey Carlan
Editeur : Hugo Romance
Genre : Romance érotique
Nombre de pages : 155
Mots-clés : escort girl, romance, famille, amitié, Hawai, photographie, Samoan, érotisme

Quatrième de couverture

Le mois de mai est chargé en émotion. Avant de s’envoler pour son nouveau job, Mia passe à Las Vegas où elle rencontre le petit ami de sa soeur lors d’un dîner très officiel chez les parents du jeune homme. Les tourtereaux annoncent leur intention de s’installer ensemble et de se marier. Mia a un peu de mal à digérer la nouvelle.

C’est à Hawaï que nous la retrouvons. Elle est engagée comme mannequin pour une célèbre marque de maillots de bain. Angel D’amico veut prouver qu’on peut être belle même si on ne fait pas une taille 34. Il a créé une nouvelle ligne pour les filles ayant des formes, et Mia est son mannequin vedette.

En arrivant dans ce lieu paradisiaque, Mia découvre son partenaire mannequin, Tai Nikko, dont le corps musclé et les tatouages tribaux la font immédiatement fantasmer.

Son séjour sur l’île risque de ne pas être de tout repos, d’autant qu’elle attend l’arrivée de sa soeur et de sa meilleure amie qui viennent la rejoindre pour une semaine de vacances.

Mon avis

Je continue d’apprécier énormément le format – court – et le rythme de publication – mensuel – de Calendar Girl. Même si je n’accroche pas à chaque opus, j’ai toujours une certaine hâte de lire l’épisode suivant !

Au mois de mai, notre escort girl Mia change quelque peu de travail. Cette fois-ci au lieu d’être au bras d’un beau chef d’entreprise, d’un artiste ou d’un sportif, elle est engagée en tant que modèle pour une marque célèbre de maillot de bain. Sur les plages d’Hawai où se prennent les photos, elle fait la rencontre de son partenaire Tai Nikko, pour qui elle a un coup de foudre immédiat. Il est grand, fort, musclé, bronzé, tatoué… On en salive tout comme notre héroïne. Pour en rajouter à ce cadre idyllique et cette romance de vacances, la soeur et la meilleure amie de Mia la rejoignent pour le plus grand plaisir de celle-ci ! C’est l’occasion d’avoir des conversations sérieuses au sujet de leurs avenirs respectifs, mais aussi de bien s’amuser.

Dans cet opus, l’auteure offre à son personnage un break dans sa tournée d’escort girl. La dimension du travail est plutôt mise sur le côté pour permettre à Mia de respirer face à la nature, dans les bras de Tai et de se retrouver avec elle-même, mais aussi avec sa soeur adorée. De son employeur, on ne sait pratiquement rien. Angel D’amico est le styliste et le photographe de sa marque et cherche à représenter cette fois-ci les femmes dans leur beauté naturelle. Pas question donc de mannequins maigrelettes ! Il mise sur les belles formes des modèles de tailles supérieures. J’apprécie beaucoup qu’Audrey Carlan nous rappelle à plusieurs reprises que son héroïne – bien qu’ultra sexy – n’est pas une fille obnubilée par son corps. Avec les canons de la société actuelle, je me la représente généralement selon les affiches pendues dans les magasins de sous-vêtements. Cependant, il est évidemment que Mia est différente de ces filles, grâce à ses formes plus marquées. Alors que j’avais critiqué dans le volume précédent les propos de Mia et de Mason très machistes, j’ai préféré ici la promotion du corps naturel des femmes, même si elles ont des bourrelets !

Au niveau de la romance, je trouve qu’on a été bien servie dans cet opus ! Les deux derniers s’étaient davantage intéressé à l’amitié et à l’amour à longue distance entre Mia et Wes. Ici, elle reprend confiance en elle après s’être sentie quelque peu trahie par son premier amour et ainsi on commence à voir son image s’effacer. J’ai personnellement beaucoup aimé Tai, non seulement pour son physique de Dieu, mais aussi pour sa sensibilité et sa gentillesse. Je dirais même qu’il s’agit de mon « homme du mois » préféré jusqu’à présent.

La confrontation des deux soeurs a également apporté un grand changement dans le schéma narratif de l’épisode de mai. Leur relation s’est davantage dévoilée entre ces pages, montrant tout l’opposé que Maddy est par rapport à sa soeur Mia. L’annonce de ses fiançailles a particulièrement marqué sa grande soeur, qui peine toujours à trouver un homme sérieux dans sa vie. Je trouve ça plutôt bien que l’auteure compare à ce point ces deux personnages, même si je trouve que c’est un peu exagéré du côté de la cadette : se fiancer à 18 ans avec son premier copain, c’est quand même un peu fort :p Enfin, tout ça pour dire que Mia est à la recherche de la personne avec qui elle formera un « tout », et qu’on lui souhaite tout de même de le trouver au terme de cette année, que ce soit avec Wes ou un autre 🙂

Pour terminer, parlons un peu de l’érotisme présent dans ce volume. Il s’était fait plutôt discret dans les tomes précédents, mais l’auteure se réconcilie avec ce style cette fois-ci. Il y en a beaucoup ! Et généralement très détaillé ! Un peu de « too much », alors qu’on s’était habitué à plus de simplicité.

Citations

« -Tu es rayonnante, Mia. Je vais aimer te travailler.
Son regard sous-entend qu’il a l’intention de faire bien plus que travailler avec… Zut, qu’est-ce qu’il vient de dire ?
-Tu veux dire travailler avec moi ? je clarifie en haussant les sourcils.
[…]
-Non, ce n’est pas ce que je voulais dire, répond Taï avec un sourire en coin.
Zut, j’ai comme l’impression que ce mois à Hawaï va être une sacrée aventure… »

« Chez les Samoans, pour avoir un tatau – l’encre  –, il faut le mériter. Et il faut qu’un membre de ta famille le partage avec toi. Comme ça, ta vie est à jamais liée à la sienne. »

Conclusion

En conclusion, j’ai plutôt bien aimé ce cinquième opus de la série Calendar Girl. On renoue ici avec un peu plus de romance, tout en prenant une pause des soirées mondaines et autres projecteurs sociaux. Le temps pour Mia de se recentrer sur elle-même et de retrouver sa meilleure amie et sa soeur sur les belles plages exotiques d’Hawai. Je ne pense jamais avoir de coup de coeur pour cette série, mais cet épisode est sans doute mon préféré jusqu’à présent.


Découvrez mon avis sur les autres tomes de la série Calendar Girl !

Calendar Girl – Janvier
Calendar Girl – Février
Calendar Girl – Mars
Calendar Girl – Avril
Calendar Girl – Mai
Calendar Girl – Juin (à venir)
Calendar Girl – Juillet (à venir)
Calendar Girl – Août (à venir)
Calendar Girl – Septembre (à venir)
Calendar Girl – Octobre (à venir)
Calendar Girl – Novembre (à venir)
Calendar Girl – Décembre (à venir)

Le dernier envol du papillon

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Titre : Le dernier envol du papillon
Auteur : Kan Takahama
Editeur : Glénat
Genre : Josei manga
Nombre de pages : 164
Mots-clés : Japon, Nagasaki, prostituée, romance, Oiran, occidentalisation, kimono

Quatrième de couverture

Kicho, la plus belle courtisane de Nagasaki, séduit tous les hommes sans exception. Cependant, du vieux marchand ivrogne au médecin étranger, elle continue à accepter tous les clients, même les plus méprisables. Quel secret cache-t-elle derrière sa douce mélancolie ? Le jeune garçon qui nourrit une haine farouche envers elle détient peut-être les clefs du mystère…

Mon avis

Quand j’ai aperçu ce manga dans ma librairie, sa couverture et son titre ont emprisonné mon regard et je n’ai pu m’empêcher de l’acheter ! Passionnée par l’histoire japonaise, j’ai été attirée par la présence de cette fille de joie dans un cadre européen, me questionnant sur l’histoire qui pourrait y être cachée.

Le dernier envol du papillon raconte une partie importante de la vie de Kicho, la courtisane la plus en vogue dans le quartier des plaisirs de Maruyama à Nagasaki. Dans les premières pages, on découvre tout d’abord le statut de femme de joie à la fin de l’époque Edo (+- 1855) : vendues alors enfants, elles sont formées à devenir de magnifiques femmes parées richement pour distraire et apporter du bien-être aux hommes. Elles se doivent donc d’être belles, bien apprêtées, cultivées, douces et patientes. Après s’être accoutumé à cette réalité, on pénètre ensuite doucement dans l’intimité de la vie de Kicho, qui accepte tous les clients qui se présentent devant elle, qui aime se rendre à Dejima – l’île réservée aux étrangers – et qui a apparemment un frère gravement malade pour lequel elle s’inquiète. Mais derrière tout cela, elle semble cacher un secret qui la rend bien calme et mélancolique en comparaison des autres courtisanes de la maisonnée.

Se cache déjà dans le titre un pincement au coeur, une tristesse, un déchirement, que l’on s’attend à découvrir au coeur des pages. On le voit se révéler au fur et à mesure, à l’image des couches de kimono qui se retirent les unes après les autres pour dévoiler la personne telle qu’elle se présente naturellement. Comme dans beaucoup d’oeuvres japonaises, les émotions sont totalement induites, jamais clairement énoncées. On les ressent via la narration très étalée et via les dessins. Il faut donc prendre le temps d’observer les scènes, les regards qui s’y échangent, les paroles cachées derrière les silences… Le dernier envol du papillon est une oeuvre sentimentale qui ne pourrait laisser personne de marbre devant l’amour si puissant et pur qui s’y trouve.

Outre le récit, j’ai également apprécié observer le monde des courtisanes de Nagasaki. Ce manga est une véritable ouverture vers un univers unique et particulier au Japon. On y découvrir les coutumes de ces femmes dont la vie se résume à satisfaire pleinement leur client avant de mourir régulièrement d’une MST. Une vie bien pénible dont certaines arrivent à s’échapper en se faisant racheter par un homme qui les désire jalousement ou qui les aime profondément. Comme j’adore l’époque Edo, j’ai été plus que ravie de pouvoir m’échapper un peu dans les rues de l’ancien Japon où la beauté était l’attribut le plus recherché. D’autre part, j’ai également été enchantée de découvrir un pan de l’histoire de la médecine au Japon, via le médecin étranger qui se propose d’enseigner son savoir à qui veut apprendre.

Enfin, j’ai été sous le charme tout au long de ma lecture des dessins de Kan Takahama. J’ai adoré ses portraits de femmes et principalement de Kicho, qui attire toute l’attention. Les coiffures et les kimonos sont absolument ravissants et l’ajout de quelques pages en couleur au milieu du livre permettent de les admirer davantage. J’ai été surprise de voir que les pages de la mangaka sont beaucoup plus sombres que celles des mangas habituels. Les marges sont noires et les tons gris sont fort présents, offrant une certaine intimité ainsi qu’une douceur dans le regard qu’on pose sur les planches. La poésie et la mélancolie qu’on ressent dans l’histoire sont soutenues par ce graphisme qui rappelle par moments la calligraphie ou l’aquarelle. On a l’impression d’être aspiré dans les pages et de n’être capable d’en ressortir qu’avec la blancheur criarde de la postface.

Je pensais ne pas connaitre Kan Takahama, mais en faisant des recherches après avoir terminé ma lecture, j’ai compris que je la connaissais via le titre Kinderbook. L’ayant lu il y a de ça plusieurs années (au moins 10 ans !), je ne me souviens ni de son contenu, ni si je l’avais aimé ou non. Il s’agit pour moi d’une occasion en or de m’intéresser cette fois plus profondément à l’oeuvre de cette mangaka, dont j’ai adoré les traits de dessin et la douce narration.

Extrait

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Conclusion

Le dernier envol du papillon est un manga d’une incroyable beauté, autant dans ses graphismes que dans son récit. La mangaka, Kan Takahama, nous offre une oeuvre d’une grande intimité et très poétique. Comme un coup d’oeil dans le trou d’une serrure, on découvre en toute discrétion la culture des filles de joie, les coutumes de l’époque et l’histoire de la médecine dans ce vieux Japon de la fin du 19e siècle. Ce voyage dans le temps et l’espace couplé à une histoire sentimentale est un ravissement pour les yeux et le coeur !

La couleur des sentiments

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Titre : La couleur des sentiments
Auteur : Kathryn Stockett
Editeur : Babel
Genre : roman historique
Nombre de pages : 609
Mots-clés : bonnes, ségrégation raciale, Etats-Unis, Mississippi, femmes, écriture

Quatrième de couverture

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.

Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l’a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même laisser un mot.

Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

Mon avis

Grande fan du film que j’ai visionné maintes fois, je rêvais de lire le roman dont il s’inspirait. Pourtant après l’avoir reçu en cadeau, il a trainé dans ma pile à lire pendant plus d’une année. Il était donc temps que je sorte cette histoire de l’ombre.

Si ma chronique ne parait qu’à ce jour, j’ai pourtant commencé La Couleur des sentiments juste après avoir terminé Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. J’ai non seulement mis longtemps à me lancer dedans, mais j’ai également pris beaucoup de temps pour le lire, bien que cela ne reflète absolument pas mon avis à son sujet. J’avais beaucoup d’attentes le concernant : davantage de détails sur les personnages, plus d’informations sur la société contemporaine, une reconstruction du récit… Malheureusement – ou heureusement, je ne saurais dire -, j’ai été particulièrement surprise de voir que film et livre sont de parfaits jumeaux. Connaissant l’histoire presque par cœur, je n’étais donc pas pressée d’avancer dans cette lecture, préférant la reprendre de temps à autre quand l’envie me prenait.

Revenir sur l’histoire n’aurait pas beaucoup d’intérêt vu qu’il s’agit d’un best-seller mondial et d’un film à succès ! Durant ma lecture, j’ai pris un énorme plaisir à retrouver Skeeter, Aibi et Minny, ces trois femmes pleines de caractère. Le film a eu sans aucun doute beaucoup d’influence sur mon imagination, car je me représentais les personnages principaux selon les actrices qui les incarnent et j’attendais avec impatience les passages qui m’avaient particulièrement plu.

Si la ségrégation raciale est au coeur du sujet, tout comme la question de l’éducation par une tierce personne, La Couleur des sentiments est également le témoignage de vies de femmes qui cherchent à trouver leur place et à s’exprimer dans une société qui les réprime que ce soit à cause de leur couleur de peau, leur condition de femme, leur origine ou encore leur statut. Tout comme dans Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, il y a plus qu’une simple critique de la société. Ce roman envoie un véritable appel à l’amour et au respect de l’autre, quelques peuvent être ses différences. De plus, voir ces trois femmes tout mettre en oeuvre pour écrire leur livre est inspirant, encourageant et touchant. La plume de Kathryn Stockett est très entraînante et nous fait ressentir une foule d’émotions : on s’esclaffe, on sourit, on a le cœur qui se serre, on est choqué, on a les larmes aux yeux… On vit cette histoire à 100% !

J’ai ainsi autant aimé le roman que le film. Néanmoins la frustration de vouloir lire le livre que Skeeter et Aibi écrivent persiste. Par contre, j’ai davantage préféré la relation entre les deux écrivaines dans le livre car on ressent beaucoup mieux la profondeur de l’amitié qui nait et se développe entre elles. Enfin, j’ai apprécié lire à la fin du roman l’histoire personnelle de Kathryn Stockett et les raisons qui l’ont poussée à écrire La Couleur des sentiments.

Citations

« Je lui explique que c’est pas la couleur de l’emballage qui compte mais ce qu’il y a dedans. »

‘N’était-ce pas le sujet du livre ? Amener les femmes à comprendre. Nous sommes simplement deux personnes. Il n’y a pas tant de choses qui nous séparent. Pas autant que je l’aurais cru. »

« Le Mississippi est comme ma mère. J’ai le droit de me plaindre d’elle autant que je veux, mais gare à ceux qui se risquent à la critiquer en ma présence, sauf si c’est aussi leur mère. »

Conclusion

Une chronique plutôt courte pour ce roman que je considère comme un incontournable ! Comme livre et film se ressemblent parfaitement, je n’ai pas autant été marquée par cette lecture que je ne l’aurais cru. J’ai pourtant passé un agréable moment à découvrir la plume de Kathryn Stockett dont j’aimerais lire un autre livre à l’occasion. La Couleur des sentiments restera pour moi une histoire puissante, qui certes dénonce la ségrégation raciale, mais qui témoigne surtout de la force de caractères de femmes qui mettent tout en oeuvre pour faire entendre leur voix.

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