Lorsque j’étais une oeuvre d’art

lorsque j'étais une oeuvre d'art

Titre : Lorsque j’étais une œuvre d’art
Auteur : Eric Emmanuel Schmitt

Éditeur : Albin Michel, collection Le Livre de Poche
Genre : roman

Nombre de pages : 253 pages
Mots-clés: monstre, œuvre d’art, corps, humanité

 

Résumé personnel

Vous êtes-vous déjà senti seul au monde, comme si personne autour de vous ne vous voyait ? C’est ce qui est arrivé à Adam. Enfermé dans un corps qu’il détestait, il s’est laissé berner par Zeus Peter Lama, un célèbre artiste, pour qu’il fasse de son corps une œuvre d’art.

Mon avis

Ce livre était très intéressant. Il suscite une grande réflexion sur l’humanité. Si nous faisons de notre corps un objet, pouvons-nous encore être humains ? Il m’a aussi beaucoup fait réfléchir sur la monstruosité. En essayant d’être spécial, d’être unique à tout prix, on en vient parfois à se marginaliser jusqu’à en devenir monstrueux.

Dans le livre, le personnage n’est nommé que lors de sa renaissance en tant qu’oeuvre. Avant qu’il ne devienne une oeuvre d’art, il ne possède pas de nom, comme si son existence ne valait pas la peine d’être mentionnée. Ainsi, d’entrée, l’auteur valorise plutôt le statut d’objet par rapport au statut d’humain.

La question centrale que l’histoire évoque est assez simple : qu’est-ce qu’un monstre ? En faisant l’apologie de la monstruosité, l’auteur nous pousse à nous demander qui est le véritable monstre dans ce type d’histoire : la créature ou le créateur ? Ici, le créateur a une morale franchement douteuse. Au nom de l’art, pour la gloire et la fortune, il est prêt à sacrifier l’apparence et plus que ça encore, l’humanité d’un être. Il profite de la solitude, de l’angoisse d’un pauvre homme au bord du suicide pour se projeter sur le devant de la scène. Dans ce contexte, le créateur apparaît alors bien plus monstrueux que la créature.

Une autre réflexion, sans doute un peu mièvre, est amenée par l’auteur lorsqu’il s’interroge sur la pertinence du regard des autres. On nous montre ainsi que nos yeux ne s’arrêtent qu’à l’apparence quand notre cœur peut nous amener à voir les gens autour de nous comme ils sont réellement. Une apparence, très belle – comme celle des frères du personnage principal – ou très laide – comme le monstre créé dans le livre – peut créer une barrière entre un homme et le reste de la société. Le physique est au centre des préoccupations aujourd’hui et tout le monde semble prêt à se mutiler le corps au nom de l’originalité. Mais jusqu’où l’homme peut-il aller pour se démarquer des autres ?

Toutefois ce récit amène une autre question très importante, celle de la définition d’un être humain. A quel moment un être humain peut-il être confondu avec un objet ? La parole et la pensée sont-elle les seules choses qui nous distinguent d’un bien commercialisable ? Le personnage principal semble avoir perdu tout respect pour lui-même et il a malheureusement croisé la route d’un homme qui n’avait aucun respect pour la vie humaine. Cette rencontre va mener un simple homme à sacrifier son humanité dans le but assez paradoxal de devenir quelqu’un…

Bref, ce livre, sur un ton très léger, m’a vraiment amenée à réfléchir sur ce qui fait de nous des êtres humains.

Conclusion

Je recommande vivement ce livre ! Il peut être lu de façon légère : on peut juste se contenter d’apprécier l’absurdité de l’histoire. Mais il peut aussi être analysé de façon plus profonde ! Si vous aimez qu’un livre remette en question votre vision des choses, vous aimerez sans aucun doute ce livre !

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#Marty

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