Moi, Peter Pan

9200000074261181Titre : Moi, Peter Pan

Auteur : Michael Roch

Illustratrice : Naïka

Éditeur : Le Peuple de Mü

Genre(s) : adaptation de conte

Nombre de pages : 136

« – Tu pleures ?
Les montagnes sont bleues derrière ses yeux. Une couleur de pluie passée qui regarde, une fois au sol, le souvenir amer de son nuage.
– Peter, répète-t-elle, tu pleures ? »

Offrant une nouvelle vision du personnage, complémentaire et à la fois détachée de celle imaginée par James M. Barry, Michael Roch revisite le mythe du garçon qui ne veut pas grandir.

Moi, Peter Pan est un roman contemplatif, onirique et d’une poésie saisissante à lire en empruntant le chemin vers la deuxième étoile à droite avant de filer tout droit jusqu’au matin…

Mon avis

Étant une grande fan des contes et de leurs sombres adaptations, voici un livre qui me faisait très envie depuis longtemps ! J’ai profité de la présence de l’auteur aux Imaginales cette année pour me procurer l’ouvrage (avec pour la dédicace, une question existentielle : quel est le singulier de « poux »? :p) Ce roman très court a été un coup de cœur autant au niveau de la plume de l’auteur que de la réinterprétation de la célèbre histoire de Monsieur Barry. Et bonne nouvelle, ce livre va ressortir en mars, format poche, chez Folio ! Et j’ai vu que le Peuple de Mü allait sortir en mars le nouveau roman  de l’auteur, « Le livre jaune« . 🙂

On découvre Peter qui aide un enfant perdu à se trouver. On apprend par la même occasion qu’on ne rencontre pas LE Peter Pan que tout le monde connait, mais un Peter parmi d’autres qui ont vécu avant lui. Un enfant qui ne veut pas grandir, mais qu’on sent devenir adulte malgré lui. En réalisant qu’il y a eu plusieurs Peter, la fatalité qu’il sera un jour remplacer pèse sur ses épaules un peu plus chaque instant.

On retrouve les personnages de l’histoire originelle, mais différents. J’ai aimé découvrir leurs versions toujours enfantines, mais plus sombres : capitaine Crochet, Lili la tigresse, la fée Clochette… On ne sait jamais vraiment où ils se trouvent, l’île mystérieuse évolue et vit au rythme de son Peter. Qu’adviendra-t-il s’il disparaissait ?

Les insectes, maladie de l’âme, cafards intempestifs : ces poux qui démangent la tignasse et l’estomac rongent les habitants de l’île et sont difficiles à calmer. Ils grouillent partout, envahissent la tête. Une vision plutôt glauque, et un peu répugnante il faut le dire, des soucis et pensées qui nous dévorent l’esprit et nous noue le ventre. Chacun essaie d’aider son prochain à s’en débarrasser, mais ils finissent toujours par revenir la nuit, lorsque la lumière est éteinte.

Si la réinterprétation du récit de Peter Pan m’a séduite, j’ai eu un énorme coup de cœur également pour la plume de l’auteur ! Sombre poésie qui prend aux tripes, philosophies rêveuses polluées par l’âge adulte et ses responsabilités, maturité naïve, amours espiègles mais vrais. Des sentiments en abondance, de belles réflexions, des craintes aussi, des paroles parfois dures, mais toujours hurlantes de sincérité.

Citations

Ce livre était magnifiquement bien écrit, et ce fut difficile de ne choisir que 3 citations !

« – Moi, tu vois, c’est Pan. Avant, c’était Peter. Et parfois, je me dis que je n’ai pas d’autres moyens de franchir la vie qu’en la traversant en m’élançant comme au départ d’un cent mètres. Tu as un problème, dépasse-le. Si tu n’as pas de nom, trouves-en un. Fais-le briller comme si l’Univers entier était à toi. Cajole-le jusqu’à ce qu’il te représente, toi, et qu’il soit celui que tu veux devenir, celui que tu veux être au jour le jour. »

« – Cela commence par là, continué-je. S’entretenir avec les lucioles, cartographier les étoiles, compter les amandiers, même les plus petits. Regarder la vie pour ce qu’elle va nous apporter, non pas pour ce qu’elle nous a apporté. La remercier pour sa beauté, la remercier de nous rappeler notre chance de faire partie d’un si grand projet. Le bonheur viendra tout seul, comme un grand, et il nous portera dans ses bras comme tous ceux qui nous entourent, allégés de leurs souffrances. On vous a enlevé la confiance. Il n’y a pas d’autre manière de la retrouver que de l’accorder pleinement. »

« Le crocodile me fait comprendre qu’il ne me sert à rien de le combattre. C’est indéniable : tous les souvenirs sont douloureux, quand bien même nous croyons qu’ils sont bons. Nous éprouvons des regrets et des remords qui ravivent les brûlures de nos actes passés. Nous sommes aussi nostalgiques des moments de joie, car ils n’existeront plus. Et la nostalgie est une souffrance. C’est pour ça que ses morsures sont cruelles. Il n’y a pas d’autre alternative que le déchirement de l’âme, lorsque celle-ci se remémore. »

Conclusion

Un livre court, mais intense, d’une grande poésie. Le petit garçon qui ne voulait pas devenir un adulte nous montre un nouveau visage. Une adaptation qui reprend les différents aspects du conte, version plus sombre et mature. Un coup de cœur pour le récit et la plume !

coup de coeur

#FungiLumini

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6 réflexions sur “Moi, Peter Pan

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