De l’autre côté

de l'autre côtéTitre : De l’autre côté

Auteur : Henri Bé

Éditeur : Les Ombres d’Elyranthe

Genre(s) : recueil de nouvelles de l’imaginaire

Nombre de pages : 240

Avez-vous déjà succombé à la curiosité, à la gourmandise ou même à l’amour ? Comme tout le monde, me direz-vous. Il n’en faut pourtant pas plus pour que les héros d’Henri Bé basculent de l’autre côté de la fragile frontière qui sépare notre quotidien de leurs cauchemars.

Trente années en hôpital psychiatrique – en tant qu’infirmier ! – ont ciselé le regard d’Henri Bé sur la psyché humaine. Pulsions, rêves, névroses : ses personnages reflètent ce qu’il y a de meilleur comme de pire en chacun de nous. Surtout de pire.

De l’Angleterre victorienne au futur proche, des contes de notre enfance aux légendes urbaines japonaises, de H.P. Lovecraft à Jean Rollin, laissez vous entraîner… de l’autre côté.

Mon avis

J’avais adoré Ombres, le premier recueil de nouvelles Des Ombres d’Elyranthe, dans lequel j’ai découvert des auteurs que je continue à suivre maintenant. Je n’ai donc pas hésité une seconde à postuler pour la deuxième sortie de cette maison d’édition (merci à eux pour l’envoi 😉 ), toujours un recueil de nouvelles, mais d’un seul auteur cette fois : Henri Bé, que j’avais déjà brièvement lu dans Vampire malgré Lui, avec sa nouvelle Neverland. La couverture du recueil est magnifique, dans un ton émeraude, avec une ambiance gothique qui nous invite à passer « de l’autre côté ».

Ce recueil reprend 14 nouvelles déjà parues dans des fanzines, webzines, recueils,… qui nous poussent, comme le titre l’indique, à passer de l’autre côté. De l’autre côté de quoi, vers où? Chaque texte vous le fera découvrir, parfois de façon conventionnelle, mais surtout de manière inattendue et surprenante. J’ai aimé la diversité des genres explorés par l’auteur, du récit gothique au space opera, de la romance à l’horreur, des légendes au monde réel… Nombre de créatures fantastiques sont aussi présentées : le vampire, le zombie, les fantômes, les esprits de la nature… voire des créatures plus indicibles.

J’ai aimé toutes les nouvelles du recueil, chacune construisant un univers complet en quelques pages. Les textes étant plutôt courts, il était rare que j’interrompe ma lecture d’un récit : j’ai adoré la plume de l’auteur et j’ai trouvé qu’il parvenait toujours à laisser un suspense quant à la suite et fin de l’histoire. J’ai souvent été surprise d’où le récit nous emmenait et c’est un élément important à mes yeux, surtout dans des textes brefs. J’ai aussi apprécié qu’au début de chaque nouvelle, l’auteur commente le texte en expliquant son contexte d’écriture et ses inspirations.

Trois nouvelles en particulier m’ont marquée dans ce recueil, dont je vais vous parler ici. Pour les autres, je vous invite à lire le recueil pour en savoir plus ! La première est « Tu mourras avec délices », hommage et suite imaginée du roman Carmilla (que je n’ai pas encore lu, mais qui m’attend sagement dans ma PAL 😉 ). Une ambiance gothique sombre et mystérieuse à souhait, des personnages féminins tout en mélancolie et émotions exacerbées, de vieux châteaux, et surtout un vampire qu’on ne voit pas, mais qui hante les rêves. Un régal !

« Holy End » nous entraîne dans l’Amérique de la ruée vers l’or. On y suit le narrateur, solitaire passant de ville en ville et acceptant des petits boulots. Un soir qu’il rentre du saloon, il sauve Nada, une jeune femme trouvée le long de la route par un homme qui s’en sert comme gagne-pain, d’un groupe d’hommes assoiffés de violence. Elle va lui demander de l’emmener dans son ancienne ville, cité habitée par des gens qui semblent possédés et qui agissent comme des pantins… Le narrateur va tenter de percer les secrets enfouis au cœur de la mine. L’auteur cite Désolation de Stephen King comme inspiration, j’y ai pour ma part vu aussi une nouvelle version de West World, sans la dimension robot, dans laquelle Nada ressemble au personnage de Clementine pour ceux qui connaissent. Un western sombre, une ambiance un peu malsaine, un récit en deux parties dont la fin m’a très agréablement surprise !

J’ai aussi adoré « La Belle et le Chaos ». On est ici dans un monde post-apocalyptique, une nouvelle drogue ayant fait son apparition permettant aux humains de muter. Si certains ont acquis de super pouvoirs, la plupart ont régressé. Une loterie à laquelle beaucoup se sont essayés, pour leur plus grand malheur. Le narrateur est agent de l’état et consigne les demandes des habitants dans le besoin. Dans ce cadre, il rencontre une jeune femme qui garde son frère mutant enfermé chez elle, sous une forme particulièrement chaotique. Il va tomber amoureux de la jeune femme, mais une rivalité va naître entre lui et l’entité qui vit là. Un monde bouleversé fascinant qui aurait, je pense, mérité un roman !

Une interview de l’auteur est retranscrite à la fin de l’ouvrage. On y parle inspirations, méthodes d’écriture, souvenirs passés, projets futurs… Ce qui m’a le plus étonné, c’est que l’auteur n’a encore publié que des nouvelles, alors que j’ai trouvé sa plume plus que maîtrisée ! Il s’est lancé dans l’écriture d’un roman cette année, et j’ai pour ma part hâte de découvrir dans quel univers il va nous emmener !

Citations

« Comme tous les soirs, je traverse le parc. Je ne suis accompagnée que du vent qui joue avec les feuilles abandonnées là depuis plusieurs automnes. Je passe entre le regard des statues, renfermées sur leurs rêves de pierre, indifférentes aux fientes d’oiseaux et aux mousses qui les recouvrent. »

« Derrière leurs yeux clos, elles distinguaient des flots de sang qui les emportaient. Des rivières rouges traversant la nuit des temps, issues d’une source inconnue, qui s’incarnaient dans des existences individuelles, puis revenaient à l’indifférencié et s’incarnaient à nouveau, et le sang était La Vie. »

Conclusion

Un très bon recueil de nouvelles : une grande variété de genres et de thèmes y sont abordés, menés par la plume talentueuse d’Henri Bé. Des récits prenants aux fins étonnantes. J’espère pouvoir bientôt découvrir l’auteur dans des textes plus longs !

extra1

#FungiLumini

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2 réflexions sur “De l’autre côté

  1. Les nouvelles ne sont pas forcément mon genre préféré mais ce que tu dis de ce recueil me donne envie de le lire (les trois nouvelles dont tu parles plus en détail ont l’air sympa, surtout « Tu mourras avec délices ») et la couverture est à tomber effectivement (ce qui ne gâche rien!).

    Aimé par 1 personne

  2. Pingback: #117 C’est lundi ! Que lisez-vous? | Livraisons Littéraires

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