Frères d’enchantement

xcover-2801Titre : Frères d’enchantement

Auteure : Siana

Illustrateur : Jérémie Guneau

Éditeur : Rroyzz éditions 

Genre(s) : fantasy urbaine

Nombre de pages : 347

Je m’appelle Ensio. Milicien engagé et apprécié de notre belle cité, j’affiche l’air d’un héros, mais une partie de moi se meurt. J’ai tué mon ami d’enfance, et ainsi brisé le lien télépathique qui nous unissait. Un lien interdit, car dangereux. Maintenant, un vide obscur me dévore petit à petit, insidieusement. Je dois le combler avant de devenir fou.

Je m’appelle Ljuka. Ils m’ont oublié, ils n’auraient pas dû. Je me souviens parfaitement de leurs moqueries, de l’immonde fierté qui imprègne autant leurs actes que leurs paroles. Ils ne comprennent toujours pas, ou plutôt, ils ne veulent pas comprendre. Alors je vais les y forcer et leur prouver qu’ils ne sont pas parfaits ni tout puissants. La révélation d’un héros sur le déclin. Le parcours d’un homme devenu extrémiste. De fraternité à rivalité…

Mon avis

Je remercie l’auteure et Simplement.pro pour ce livre ! L’auteure le présentait comme un mélange de genres de l’imaginaire, ce qui m’a beaucoup intriguée. La très belle couverture m’a d’ailleurs fait penser à la fois à du steampunk, de l’étrange et de la SF, et après lecture, je trouve qu’elle correspond très bien au récit. J’aime aussi beaucoup découvrir de nouvelles plumes francophones et cet ouvrage étant le premier roman de l’auteure, il me tardait d’explorer son univers ! Si certains d’entre vous cherchent encore des idées pour le PIF 2019, ce livre pourrait vous intéresser ! 😉

Ceci est l’histoire d’une amitié : Ljuka et Ensio se rencontrent alors qu’ils sont enfants et passent la plupart de leur temps ensemble. Ils s’entendent tellement bien qu’ils décident de faire des expériences interdites pour créer un lien télépathique entre eux, ce qu’ils vont réussir à faire. Malheureusement, comme dans toutes les amitiés adultes, des tensions vont commencer à apparaître entre eux alors qu’ils sont à l’Académie : rivalité amoureuse, pression sociale et compétition, qui iront jusqu’à un point de non-retour…

Les chapitres alternent entre le point de vue de Ljuka, qui narre plutôt le passé de leur relation, et celui d’Ensio, qui doit vivre au présent avec les conséquences de ses actions. J’ai beaucoup aimé les passages dans les souvenirs, car j’ai adoré le personnage de Ljuka, sensible et attachant, qui ne se borne pas à être ce qu’on attend de lui, mais qui va tout faire pour devenir qui il est vraiment, sans se soucier de ce qu’on pense de ses choix, tout en voulant lutter contre la société établie, qu’il trouve injuste.

J’ai par contre eu vraiment du mal avec le personnage d’Ensio. Déjà, il est totalement odieux et imbu de sa personne, s’estimant meilleur que tout le monde. Cette attitude va conduire à des scènes que je n’ai pas particulièrement appréciées, où son ego et sa colère vont l’empêcher d’évoluer, et j’ai eu un peu l’impression de stagner, dans des situations qui ne me plaisaient pas. J’ai aussi eu un problème avec ce qu’on apprend qu’il a fait à Ljuka au début du livre, sans que cela ne semble le peiner le moins du monde. On comprend plus tard dans le livre le pourquoi de ce manque d’empathie, mais je ne peux pas croire pour ma part qu’une si forte amitié peut entraîner si peu d’émotion.

L’auteure ajoute une réflexion sociale très intéressante à son récit. La société dans laquelle les deux protagonistes vivent est divisée entre plusieurs « classes » desquelles il est très difficile de changer, puisque, par exemple, seuls les enfants des Maîtres peuvent tenter de devenir Maître à leur tour. Les Maîtres sont la haute société, ceux qui font les recherches et ont les postes importants. Les Mécanistes sont la classe moyenne, ils font le travail manuel pour les Maîtres. Puis il y a les autres, qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’Académie. Cette société découpée va être un des points de discordes entre Ljuka et Ensio : tous deux issus de la haute société, ils regardent d’abord les Mécanistes avec mépris, dédain et moquerie… jusqu’à ce que Ljuka se lie d’amitié avec l’un d’eux, qui l’aide à développer son talent.

Ce récit se déroule dans un monde totalement à part, guidé par la magie des pierres de Rhod. J’ai particulièrement apprécié découvrir la société magique : comment cette magie était utilisée, étudiée, avec quoi elle interagit… J’ai aussi beaucoup aimé les décors dans lesquels on évoluait : des villes aux allures surprenantes, changeant tout à fait d’un quartier à l’autre, une Académie qui rappelle un peu Poudlard, des créations incroyables… Un monde tout à fait à part que l’auteure a beaucoup développé !

Citations

« Colère criée, rage à l’apogée…
Alors que j’admirai mon ami, en train de grimper plus haut, je ne pus m’empêcher de penser qu’il avait raison. Notre arbre, c’était comme un siège de grand Maître-Initiateur. Un Maître à la fois explorateur et conquérant ! Tout à coup, je me sentis mieux, détendu, comme si je n’avais plus peur de rien, et encore moins de tomber. En regardant encore mon ami, j’eus la certitude qu’un jour j’irais jusqu’aux cimes avec lui.
Et les flots furieux le renvoyèrent à Dieu.« 

« Je fis tout ça sans même une pensée. Comme si j’étais moi-même déchargé. Depuis l’accident, je n’arrivais plus à ressentir quoi que ce soit de positif, en dehors des pensées qu’Ensio tentait de m’envoyer. Et même celles-ci s’avéraient éphémères, disparaissant sous mon amertume. J’avais l’impression d’être devenu un pantin, ou un automate de Mécanistes. J’avançais, je mangeais, je parlais, mais tout à l’intérieur de moi était vide. »

Conclusion

Un premier roman réussi pour l’auteure : une écriture fluide et agréable, un mélange de genres intéressant, un univers très bien construit et innovant, une belle réflexion sur l’amitié, la rivalité, mais aussi sur les valeurs à défendre et les enjeux de société. Un récit en deux temps et en deux protagonistes très différents, dont un m’a énormément plu, malheureusement l’autre pas du tout. Une bonne lecture !

12310692_10207042204746367_5255589426605542608_n

#FungiLumini

12 réflexions sur “Frères d’enchantement

    • J’ai prévu une PAL de 12, mais je n’ai pas encore tous les livres, puisque je compte ajouter Chambre Nymphale, Rouge Venom, Noces d’écaille et Le printemps la pie et la fée (ou un autre ordre je ne sais plus xD) qui vont, je l’espère, ne pas trop tarder ! Par contre, je ne promets pas de déjà arriver à lire les livres que tu m’as prêté d’ici la fin du PIF vu qu’ils ne rentrent pas dedans 😮

      Aimé par 1 personne

    • T’inquiète c’est pas pressant puis je t’ai prêté seulement deux livres xD c’est pas comme si on se voyait souvent :p moi aussi il en manque dans ma pal genre mers mortes d’Aurelie, les héritiers de Bohen d’Estelle… Puis j’attends aussi Rouge Venom mais ce sera plutôt pour avril à mon avis ! J’ ai hâte 😍

      Aimé par 1 personne

  1. J’ai reçu le livre de Siana après avoir critiqué l’anthologie de nouvelles « Malédiction » où son texte « les Oniriphages » est publié. Lorsqu’elle m’a proposé son 1er livre je n’ai pas hésité et ton commentaire me pousse à penser que je vais passer un bon moment de lecture (même si je le pensais déjà avant, tu confirmes le bien que je pense d’elle et de son écriture). Chronique à paraître courant de l’année 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Pingback: #121 C’est lundi ! Que lisez-vous? | Livraisons Littéraires

  3. Pingback: Frères d’enchantement – Siana | OmbreBones

  4. Pingback: Frères d’enchantement (Siana), faux-frères et faux-semblants – Évasion Imaginaire

  5. Pingback: Frères d’enchantement, Siana | L'Imaginaerum de Symphonie

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s