Uraeus

Titre : Uraeus

Auteurs : Collectif (Thierry Soulard, Philippe-Aurèle Leroux, Frédéric Livyns, Nicolas Sick, Céline Thomas, Yvan Barbedette, Émilie Chevallier Moreux)

Illustrateur : Thibaut Peter

Éditeur : Nutty Sheep

Genre(s) : anthologie fantastique

Nombre de pages : 196

Égypte, 1870 : Une expédition archéologique pénètre dans un tombeau inconnu. Antoine du Perret s’empare d’une énigmatique relique aux intentions abstruses, un objet occulte, inquiétant et protéiforme : l’Uraeus. Désormais lié à son porteur, l’artéfact réclamera sans cesse de nouveaux sacrifices pour accomplir son dessein : retrouver son maître en se transmettant de génération en génération, quitte à semer chaos et affliction. Du Second Empire à l’époque contemporaine, les destins intimes croiseront la grande Histoire pour raconter l’étrange malédiction d’une lignée en proie à l’indicible. Une anthologie collaborative, dans laquelle chaque auteur, reprenant le cours du récit avec un personnage descendant du précédent, amène sa sensibilité et nous embarque dans un nouveau chapitre, une vision différente, un éclairage inédit de la damnation.

7 auteurs confirmés, 7 univers envoûtants, 7 nouvelles ébouriffantes : une anthologie conçue et dirigée par Fabien Rey, illustrée par Thibault Peter.

Mon avis

J’étais très intriguée par le concept de cette anthologie : 7 nouvelles écrites par 7 auteurs différents, avec 7 protagonistes issus du même arbre généalogique, qui constituent un récit complet. C’est avec plaisir que je me suis lancée dans cette aventure littéraire atypique, et j’ai beaucoup apprécié ce voyage dans le temps ! Petit plus très sympathique, chaque nouvelle commence par une illustration noir et blanc pleine page, qui donne un avant-goût de ce qui nous attend.

Antoine du Perret est celui qui lance la malédiction dans « Secrétaire d’Empire en pire« . Fils d’un nouveau bourgeois et méprisé de la haute société pour cela, il se retrouve en Égypte à exhumer la tombe d’un scribe alors que les autres cherchent désespérément un objet d’une grande valeur dans le tombeau du Grand Prêtre. C’est bien sûr lui qui va trouver l’artéfact et sans le savoir maudire sa famille sur plusieurs générations. La chance lui sourit beaucoup depuis qu’il est en possession de cet étrange objet, mais il se rend vite compte que cela a un prix et pas des moindres… et quand il tente de s’en débarrasser, l’artéfact revient toujours.

Dans ‘In Cauda Venenum« , Jules du Perret part chez les Indiens pour assouvir sa passion pour l’anthropologie. Après des aventures qui le mènent à utiliser l’artéfact, il se marie et devient antiquaire, mais des malheurs s’abattent sur son couple. Un de mes personnages préférés du recueil se trouve ici en la « personne » de Rex, un fossile gigantesque animé par l’objet maudit !

« Le démon intérieur » habite Chloé du Perret. Alors que ses parents sont morts, elle se retrouve sous la tutelle d’un homme cruel, qu’elle décide de fuir avec l’aide de l’artéfact pour aller vivre sous le régime de son idole Lénine. Elle vit selon les préceptes du parti et élève son fils avec amour et droiture, mais doit retourner aux USA pour régler des affaires d’héritage et tombe étrangement malade.

« Words of Chaos » met en scène Marcel du Perret en tant qu’interprète et traducteur de langues multiples dans l’armée. L’artéfact murmure à son oreille les traductions de ce que les chefs ennemis racontent. J’ai trouvé ce thème et la façon dont il est traité super intéressant ! Encore une fois, l’artéfact amène la réussite, mais aussi de nombreux malheurs dans son sillage…

« Ourobouros » est plus intimiste, la nouvelle raconte l’histoire d’Océane du Perret : comment elle s’est laissée guidée par l’artéfact et à quelles extrémités cela l’a menée. Étudiante militante, mère surprotectrice, enrôlée dans une secte, elle devient une artiste torturée aux visions délirantes…

« Pile ou face » est ma nouvelle favorite de cette anthologie : Sébastien Langlois reçoit en héritage de sa mère une pièce. Quand il la lance, il entre dans un monde parallèle dans lequel il peut faire un vœu égoïste. Si la pièce tombe sur face, le vœu est gratuit, si c’est pile par contre, les conséquences individuelles et mondiales sont dramatiques… ce qui ne l’empêchera pas de lancer la pièce à plusieurs reprises !

« Cycle de vie » clôt ce recueil avec Séléna Langlois, qui va traiter de l’addiction aux technologies et aux réseaux sociaux, cherchant toujours plus de reconnaissance virtuelle, de likes… ce qui ne peut que mal finir.

J’ai beaucoup aimé découvrir à chaque nouvelle étape comment l’objet passait à la génération suivante, quelle forme il prenait et comment il tourmentait le protagoniste ! Des récits dans lesquels la folie n’est jamais loin ! L’artéfact se joue de chacun avec délectation pour amener chaos et destruction sur le monde. Chaque auteur a proposé sa vision des choses, tout en adaptant son récit à l’époque historique qui lui a été attribué et aux événements des nouvelles précédentes. Je serais curieuse de savoir comment se sont déroulées les coulisses de cette anthologie !

Citations

« A travers ses yeux embués, il ne put s’empêcher d’admirer une fois de plus l’étrange bijou qui l’ornait. Les yeux du petit serpent d’or le regardaient en biais, il en était certain. Ce bijou s’était vengé de ceux qui avaient profané la tombe de son maître, et continuerait de le faire. Il était plus que temps de se débarrasser de cette chose.Certes, il amenait dans le même temps gloire et fortune, mais le coût était élevé, beaucoup trop élevé. » (Secrétaire d’Empire en pire, Thierry Soulard)

« L’ouroboros aura dévoré mon existence, partant de ma tête, se gavant de mes entrailles… J’aurai au moins tenté de lutter contre ce cercle vicieux, pesant comme le métal lourd à mon doigt, brulant mais nécessaire. J’ai compris aujourd’hui que seule ma mort mènera à une fin acceptable. » (Ourobouros, Céline Thomas)

Conclusion

Une anthologie dans laquelle une malédiction poursuit la famille du Perret sur plusieurs générations : 7 auteurs écrivent chacun une tranche de l’histoire familiale, chacun apportant sa touche personnelle à ce récit empreint de chaos et de folie, dans lequel l’histoire individuelle se mêle à l’Histoire qu’on connait. Un concept original, atypique et très bien traité que j’espère retrouver encore à l’avenir !

extra1

#FungiLumini

2 réflexions sur “Uraeus

    • Yes, j’ai déjà été plusieurs fois sur le stand avec eux (mon compagnon fait partie de l’équipe 😉 ) ils sont très cools, le problème étant actuellement le manque de salons où les rencontrer 😀

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