Plop

9782072802171-475x500-1Titre : Plop

Auteur : Rafel Pinedo

Illustrateur : Georges Clarenko

Éditeur : Folio SF

Genre(s) : roman post-apocalyptique

Nombre de pages : 176

Plop ! C’est le bruit qu’il a fait en tombant dans la boue.

Plop. C’est le nom dont on l’affublera désormais au sein de la tribu.
Le Groupe qui l’accepte évolue dans un monde d’après: déchets, gravats, pluie incessante. Cette fin du monde a pour décor des immondices, pour habitants des humains en fuite permanente et soumis à une loi du plus fort exténuante.
Mais Plop est différent, il va plus loin que les autres, il se hisse, sort du trou.
C’est son histoire, affolante et inquiétante, que Rafael Pinedo, météorite des Lettres argentines, nous conte dans ce roman cru et sauvage, picaresque et futuriste.
Mieux qu’une provocation, un livre impitoyable.
Plop…

Mon avis

En furetant dans une librairie de seconde main, je suis tombée par le plus grand des hasards sur ce titre, dont je n’avais jamais entendu parler, ni de l’auteur d’ailleurs. La couverture très sombre, ce titre incongru et ce résumé très noir, décrivant un monde étrange et post-apocalyptique m’ont intriguée, et je n’ai pas tardé à me plonger dans ce court roman hors-norme, que j’ai adoré !

Le roman retrace la vie de Plop, de son premier cri à son dernier souffle. Le monde dans lequel il évolue est sale, humide, noir. La pluie tombe tout le temps, en fine bruine ou en déluge. Dès que l’eau touche le sol, elle devient polluée. Presque plus rien ne pousse, les animaux sont sauvages, tout comme les humains. On aperçoit de temps en temps des vestiges de notre société, fantômes d’un passé maintenant lointain.

Le mode de vie a fortement évolué : les humains vivent en groupe dans lesquels il y a des sous-groupes avec des rôles attribués à chacun en fonction des forces et des faiblesses. Ce sont des communautés qui errent un temps, puis s’installent, puis migrent à nouveau. Chaque groupe a un tabou, et celui du Groupe de Plop est la bouche : on ne peut jamais voir la langue, les dents, on parle et mange en baissant la tête… Il est fascinant de découvrir tous les us et coutumes du Groupe, si loin de ce que nous connaissons, et de ce qui a déjà pu être écrit.

L’ambiance est très sombre, voire glauque à certains moments. Maladies, morts, violence, famine, dangers de la nature qui les entoure, conflits sont le quotidien de la tribu. Il y a des choses clairement malsaines, qui fait que ce roman n’est pas à mettre entre toutes les mains : les gens qui ne servent plus à rien sont recyclés (tués et on récupère les morceaux intéressants), servent d’appâts lors des chasses ou de monnaie d’échange contre des marchandises. Il en va de même pour les simples d’esprit. La relation au sexe est étrange, on ne fait pas l’amour, on « utilise » l’autre, qu’il soit consentant ou pas. La notion d’individu n’existe qu’à travers le groupe et on ne fait que servir les intérêts de ce Groupe, quoi qu’il en coûte.

Bien que tout en bas de l’échelle sociale quand il commence son existence, Plop va petit à petit tenter de remonter l’échelle, parfois de façon honnête, parfois par des moyens contournés ou mauvais. C’est un personnage assez étonnant, qui ne parle pas beaucoup, mais dont les idées vont faire avancer les choses pour le meilleur ou pour le pire.

Le roman est rythmé par des chapitres courts, au titre évoquant l’étape de vie que Plop va  expérimenter. Le style d’écriture est aussi très haché, cru, mais c’est quelque chose qui m’a beaucoup plu dans cette narration, qui colle vraiment bien au récit et au personnage de Plop.

Citations

« Entre les montagnes d’ordures, il y a des rats. Des insectes. Ce qu’on trouve le plus ce sont les cafards. Il y en a qui sont bébés et d’autres qui sont grands comme la main d’un homme.
Ceux-ci, ils mordent, et il y en a qui empoisonnent. La chair gonfle, devient bleue, comme eux. Le mieux, c’est de couper, si on peut. »

« Chaque Groupe a ses coutumes, son organisation, ses tabous.
Dans certains Groupes, comme celui de Plop, les membres parlent tous en regardant vers le bas. Ils rient la bouche fermée, crient entre les dents. Ils n’ouvrent jamais la bouche. »

Conclusion

Un roman court hors-norme : on évolue dans une société post-apocalyptique originale et fascinante, bien que cruelle, sombre et insensible, dans laquelle les humains vivent en groupes hiérarchisés. Plop, né tout en bas de l’échelle, tente de monter les échelons et de trouver sa place dans ce monde noir et malsain. Une écriture hachée, des chapitres très courts, qui évoquent des moments de vie marquants. Une lecture captivante, et souvent inconvenante. Comme le dit si bien la quatrième de couverture : « un livre impitoyable ».

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#FungiLumini

2 réflexions sur “Plop

  1. Pingback: Plop – Rafael Pinedo – Les Notes d'Anouchka

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