Miroirs d’Ambre

Miroirs_d_AmbreTitre : Miroirs d’Ambre

Auteur : Denis Labbé

Éditeur : Lokomodo

Genre(s) : recueil de nouvelles de l’imaginaire

Nombre de pages : 344

Une adolescente accompagnée dans sa fugue par sa poupée. Un enfant hyperactif transformé en zombie par des médicaments et un autre qui rêve grâce à une ardoise. Un prêtre tentant d’empêcher la destruction de la France et un templier qui a pour mission de faire échouer un voyage vers la lune. D’étranges êtres émaciés apparaissant dans un jardin et des androïdes de sève et de chair cherchant l’émancipation… Ces récits, souvent mordants, parfois grinçants, sont autant d’études de l’âme humaine et des travers de notre société. Passant du fantastique baroque à la terreur moderne, de l’uchronie à une anticipation humaniste, l’auteur place un miroir devant les yeux du lecteur afin qu’il saisisse ce qui se passe derrière son dos…

Mon avis

J’ai découvert l’existence de cet ouvrage à Valjoly’maginaire. La couverture a tout de suite attiré mon regard et je dois dire que les livres au format poche des défuntes éditions Lokomodo m’ont toujours réservé de très bonnes surprises. Je pense notamment à Les contes d’Amy, A un sanglot de moi tu reposes, Le Chemin d’ombres… et sûrement très bientôt La Tour des Illusions. De plus, j’avais envie de découvrir la plume de Denis Labbé dans des nouvelles, car on m’en avait dit beaucoup de bien. C’est maintenant chose faite !

C’est un recueil qui m’a beaucoup plu dans son ensemble. Il propose des nouvelles de genres variés et surtout il développe des idées originales et étranges comme je les aime ! Les créatures qu’on y rencontre sont mystérieuses, leur essence fantastique est décrite, mais l’auteur ne tente pas à tout prix de trouver une explication rationnelle pour les comprendre. Le doute plane, on peut juste profiter de l’étrangeté et ça, ça fait du bien.

Le recueil comprend 16 nouvelles. J’ai apprécié que l’auteur fournisse avant chacune un petit texte où il explique la période durant laquelle il l’a écrite et les éléments qui lui ont inspiré le récit. Les nouvelles :

Le Banquet : récit d’un repas hors du commun, entre mysticisme et cannibalisme.

Plastic Doll : ma nouvelle préférée du recueil ! Itinéraire d’une vie de traumatismes, raconté dans un langage cru et direct. Une fin étonnante et trash ! Quand la vie réelle devient cauchemar.

Les giacomettis : texte assez lent sur lequel plane une aura de mystère : qu’est-ce que ces ombres que le protagoniste perçoit de plus en plus souvent au coin de sa vision?

La Tour : nouvelle à l’inspiration lovecraftienne certaine. Le protagoniste se retrouve enfermé dans un sous-sol. Il a beau avancer, il semble toujours revenir au même endroit, à quelques détails près. Puis, des bruits se font entendre… Un récit qui laisse place à d’indicibles horreurs dans notre imagination !

Un peu de poussière sur tes lèvres : un serial-lover se fait piéger à son propre jeu, ou quand le prédateur devient la proie !

L’enjôleuse joggeuse : un homme suit sa voisine joggeuse pour la draguer, et découvre son terrible secret. Une nouvelle fascinante sur la force de la nature. Au final, on se demande quand même si la joggeuse est du côté du prédateur ou de la victime.

Masquarade : la fête que tout le monde attend a lieu ce soir et le lecteur y est convié. De joyeuse, l’ambiance devient vite malsaine, entre orgie et violence, les corps se mélangent et le texte se teinte de magie sombre et envoûtante !

Cereza : texte qui fait écho à Lolita de Nabokov; un professeur, narrateur de l’histoire, tombe sous le charme d’une élève, comme envoûté par elle.

Frappes préventives : quand les catholiques deviennent terroristes.

L’Ardoise : nouvelle touchante pleine de nostalgie et de douceur racontant l’histoire d’un petit garçon qui ne trouve pas sa place chez lui, mais qui découvre une ardoise magique qui lui permet de faire se produire ce qu’il dessine.

J’entends battre ton pouls… : nouvelle étonnante d’une princesse dans son château qui semble subir une étrange malédiction. Poésie et mélancolie sont de rigueur pour notre plus grand plaisir.

La voie d’Amaterasu : c’est la seule nouvelle que je n’ai vraiment pas aimée du recueil : narrant la quête d’un guerrier japonais pour une déesse, j’ai eu l’impression au début d’être noyée sous les termes japonais,  l’histoire avance très lentement pour se terminer de manière attendue.

L’œuf de malachite : un vendeur d’animaux magiques vend par inadvertance un œuf de dragon à un non-initié. Il va falloir qu’il répare les dégâts causés…s’il le peut encore ! J’ai découvert dans cette nouvelle que le pire ennemi du dragon était le chat. 😀

La Lune mord la queue du chat… et le chat s’en fout ! : récit steampunk d’une guerre, où les saboteurs de projets sont partout. Contrairement à ce que le titre dit, je ne pense pas que le chat se fiche de sa situation à la fin de la nouvelle. :p

Encore un comprimé mon garçon ! : des parents cherchent un traitement pour leur petit garçon toujours surexcité. Ils testent un remède expérimental qui semble marcher…au premier abord. Une fin trash comme je les aime !

Néovocyte 41 : une chouette incursion en science-fiction qui nous pose les questions : faut-il toujours vouloir aller plus loin dans nos avancées technologiques et quelles en sont les conséquences ?

Si vous souhaitez lire ce livre, il va falloir faire les librairies/sites de seconde main, ou croiser Denis Labbé dans un salon littéraire en espérant qu’il ait encore un exemplaire avec lui, car le recueil n’est malheureusement plus édité.

Citations

« Ne croyez pas ceux qui vous disent que la mort est un squelette encapuchonné. Ni ceux qui vous disent que c’est un  homme tirant une charrette. J’ai vu la mort, je l’ai sentie, je l’ai touchée, j’ai presque discouru avec elle. Ou plutôt, c’est elle qui m’a touché et qui m’a parlé. Je la sens encore dans tout mon corps. Elle est là. Je sais qu’elle est là. Son rire, leurs rires se font déjà entendre. »

« Comprenez-moi bien, rien de ce qui va suivre n’appartient au domaine du rêve, ni même à celui des cauchemars. La vie en elle-même est déjà assez terrible, y ajouter des monstres ou des délires psychotiques n’avance vraiment à rien. »

« Le silence appelle le silence, l’absence se nourrit de l’absence. Je n’ose penser trop fort à eux de crainte de déranger leur nouvelle existence loin de cette immobilité qui me ronge. »

Conclusion

J’ai beaucoup aimé ce recueil de nouvelles très varié en genres et en thèmes. J’adore quand je peux explorer autant d’univers étranges et fantastiques en si peu de pages ! Dommage qu’il soit épuisé !

extra1

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#FungiLumini

2 réflexions sur “Miroirs d’Ambre

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