Souffleur de rêves – tome 1 : Le Pilleur

souffleurdereves1Titre : Souffleur de rêves – tome 1 : Le Pilleur

Auteure : Bérengère Rousseau

Éditeur : Livr’S éditions

Genre(s) : fantastique

Nombre de pages : 220

Mots-clés : rêve, cauchemar, souffrance, jumeaux, chat.

Depuis plusieurs semaines, Sonia et Mathis affrontent des cauchemars de plus en plus violents, jusqu’à en porter les stigmates dans leur chair. Quand le meilleur ami de Mathis sombre dans le coma, ils comprennent que la situation leur échappe et qu’ils ont besoin d’aide. Au Royaume des Songes, un monde parallèle au nôtre, le Souffleur de rêves se meurt, victime des assauts de son vieil ennemi, le Pilleur. Celui-ci a pour seul but de prendre le contrôle des rêves des enfants du monde entier. Les intrusions du Pilleur ravagent peu à peu le monde du Souffleur, mais l’espoir renaît quand Orina, une élève du Souffleur, se porte volontaire pour affronter l’ennemi. Orina doit entrer en contact avec Sonia et Mathis pour mener sa mission à bien. Ils devront s’allier et se faire confiance pour sauver les leurs, au risque d’y laisser la vie. Parviendront-ils à dépasser leurs peurs pour sauver leurs deux mondes ?

Mon avis

Je remercie le blog Les Reines de la Nuit ainsi que les éditions Livr’S grâce à qui j’ai gagné ce livre ! J’avais déjà lu Le  livre des âmes de Sylvie Ginestet chez Livr’S et il me tardait de découvrir d’autres titres de leur catalogue, d’où je me suis lancée dans ce livre assez rapidement.

Le récit se divise en deux perspectives : celle de notre monde  dans lequel on suit les jumeaux Mathis et Sonia et celle du Royaume des Songes où Orina poursuit sa formation de lieuse de rêves. Les jumeaux font de terribles cauchemars qui ont des répercussions physiques dans la vie réelle. Orina, de son côté, est choisie comme successeure du souffleur de rêves et doit essayer d’arrêter à tout prix le Pilleur de rêves, responsable des cauchemars et donc des souffrances, pas seulement des jumeaux, mais de beaucoup d’enfants rêveurs.

J’ai apprécié l’univers de ce livre, tout particulièrement le Royaume des songes ! Cet endroit a une aura magique et j’ai regretté parfois que l’auteure ne décrive pas plus les décors dans ce monde. Il y a beaucoup de très belles descriptions (même si elles sont parfois un peu effrayantes :p ) quand les enfants sont dans leurs rêves/cauchemars, mais peu dans le Royaume des Songes.

J’ai particulièrement aimé le personnage de Maitre Okar, qui est un chat qui parle, un membre du conseil des anciens et un formateur dans le Royaume des Songes. Il est d’une grande aide à Orina et la guide grâce à ses enseignements. Il a aussi un caractère typique du chat, c’est-à-dire qu’il n’écoute rien et n’en fait qu’à sa tête. :p

J’ai eu un peu de mal à adhérer à la relation entre Sonia et Mathis au début du livre. L’auteure nous décrit leur proximité dûe à leur statut de jumeaux mais je n’arrivais pas à ressentir ce lien particulier entre les personnages car ils ne se confiaient pas l’un à l’autre, ils étaient figés dans le mutisme et ne semblaient pas se faire assez confiance que pour se raconter leurs cauchemars. Cela ne m’a pas empêchée d’apprécier les deux personnages, mais je n’avais pas l’impression d ‘être avec des jumeaux, plutôt avec de bons amis.

Vous allez me dire que je suis une psychopathe, mais j’attendais avec impatience que les jumeaux s’endorment pour voir dans quel cauchemar ils allaient être entrainés cette fois ! Ce livre est un livre jeunesse, donc les détails ne sont pas sanglants ou horribles mais j’aimais essayer de deviner ce qui allait leur arriver, et j’étais souvent surprise ! 🙂

Il y avait quelques petites longueurs au niveau de l’histoire. Je pense notamment aux longs dialogues entre Orina et ses amis. Elle n’a pas confiance en elle et doute tout le temps de la réussite de sa mission. Je comprends que son entourage tente de la rassurer mais j’ai trouvé que les réflexions se répétaient un peu dans ses passages et on se dit juste qu’on aimerait qu’elle passe à l’action plutôt que de douter sans cesse d’elle-même !

Citations

« Alen dessina un oiseau sur le sable mouillé. D’un battement de cils, il lui donna vie. Le volatile s’éveilla et, d’un mouvement gracieux, prit son envol dans l’immensité du ciel. Un petit garçon, les yeux ébahis, contempla le spectacle sans un mot. »

« Les cris recommencèrent. Encore et encore. La jeune Rêveuse se prit la tête entre les mains : elle n’en pouvait plus de les entendre. Son corps meurtri la faisait souffrir. Des égratinures parcouraient ses mains et ses jambes, signes qu’elle s’était heurtée à des ronces. Cette forêt devenait de plus en plus hostile. »Conclusion

J’ai apprécié me plonger dans les cauchemars concoctés par l’auteure et tenter de sauver le monde des rêves avec les protagonistes. Les quelques petites longueurs dans l’histoire ne m’ont pas arrêtée et j’ai hâte de voir ce que l’auteure nous réserve dans tome 2 !

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#FungiLumini

Le silence de la mer

le silence et la mer

 

Titre : Le silence de la mer
Auteur : Vercors
Éditeur : Le livre de poche – Lgf
Genre : Recueil de nouvelles
Nombre de pages : 189 pages

 

Résumé
Ce recueil de nouvelles regroupe plusieurs récits dont Le silence de la mer. Celui-ci raconte comment une famille française a été obligée d’accueillir un officier allemand chez eux pendant la guerre. C’est l’état qui le leur a imposé, ils n’ont pas pu refuser, en revanche, ils avaient encore le pouvoir de résister à leur manière : ils ont décidé de ne jamais lui adresser la parole, et ce silence, va devenir très lourd…
S’en suivent plusieurs autres récits, plus courts, racontant tous un épisode lié à la guerre, en France.

 

Extrait
« Mais regarde-les, cria-t-il, et salue-les donc, et bave-leur donc ton admiration et ta reconnaissance ! A cause de ce qu’ils te font penser de toi-même. Puisque te voici, grâce à eux, un homme si content de soi ! Si content d’être un homme ! Si content d’être une créature tellement précieuse et estimable ! Oh ! oui : remplie de sentiments poétiques et d’idées morales et d’aspirations mystiques et tout ce qui s’ensuit. Nom de Dieu, et des types comme toi et moi nous lisons ça et nous nous délectons et nous disons : « Nous sommes des individus tout à fait sensibles et intelligents. » Et nous nous faisons mutuellement des courbettes et nous admirons réciproquement chacun de nos jolis cheveux coupés en quatre et nous nous passons la rhubarbe et le séné. Et tout ça qu’est-ce que c’est ? Rien qu’une chiennerie, une chiennerie à vomir ! Ce qu’il est l’homme ? La plus salope des créatures ! La plus vile et la plus sournoise et la plus cruelle ! Le tigre, le crocodile ? Mais ce sont des anges à côté de nous ! Et ils ne jouent pas de plus au petit saint, au grave penseur, au philosophe, au poète ! »

 

Mot sur l'auteur
Vercors est le pseudonyme emprunté par l’écrivain Jean Bruller afin de publier ses titres de façon clandestine pendant la Seconde Guerre mondiale. Entré dans la résistance, il a écrit de nombreux ouvrages sur le thème de la guerre et de l’occupation.

Mon avis

Les récits de Vercors sont tout simplement prenants. Ses descriptions sont vives et émouvantes, à chaque mot lu on se sent projeté dans le lieu et l’époque qu’il décrit. Bien évidemment, ses récits sont tristes puisqu’ils sont ancrés au cœur de la Seconde Guerre mondiale, mais ils ne sont pas larmoyants. Ils sont justes, ils expriment avec une certaine fatalité et beaucoup de tendresse les conditions de vie de l’époque. Avec Le silence de la mer et les autres petits récits qui suivent celui-ci, on suit différents acteurs de l’occupation allemande. On est tantôt aux côtés d’un homme et de sa nièce qui sont obligés d’accueillir un soldat allemand, tantôt dans la peau d’un homme dont la femme vient d’être déportée et qui doit à tout prix protéger son enfant, tantôt dans la peau d’un déporté ou encore dans celle d’un résistant. Mais à chaque fois, on est du côté des « gentils », des opprimés de ceux qui veulent faire triompher la justice et franchement, grâce à ces personnages on ne peut pas s’empêcher de se sentir naïf et de croire encore au bon fond de l’humanité…

Dans Le silence de la mer, les deux français qui ont dû accueillir un officier allemand ont été chanceux : ils ne sont pas tombés sur une brute, sur l’ennemi haïssable qu’ils s’étaient préparés à affronter ; ils ont fait la rencontre d’un officier naïf pensant encore que l’occupation allemande en France pourrait se solder par une alliance fructueuse et enrichissante entre ces deux cultures. Le soldat rêvait d’union, de mélange et de partage et ne comprendra que trop tard que ce n’était pas du tout sous cet angle que l’occupation était envisagée…
L’homme et sa nièce qui l’accueillent ont décidé de résister à l’occupation en n’adressant pas la parole à l’officier, mais petit à petit on sent qu’ils finissent par éprouver de la tendresse pour lui. Ils en viennent même à attendre ses monologues quotidiens avec impatience… C’est une jolie histoire de tendresse entre des hommes que la guerre a rendu ennemis quand humainement aucun des deux camps ne parvient à se détester.

Les autres petits récits sont également très beaux. Même si certains d’entre eux sont très courts, l’auteur parvient en quelques pages à peine à nous engager dans une histoire forte et émouvante. Il n’a besoin que de quelques lignes pour susciter la curiosité de ses lecteurs et les embarquer dans une histoire chargée d’émotions très fortes… Rien n’est superflu, certains sous-entendus flottent dans l’air, ce qui rend le récit très léger malgré la dureté des événements qui le composent… Par exemple, j’ai beaucoup aimé la nouvelle dans laquelle un petit garçon raconte une promenade assez particulière qu’il a faite avec son père. En quelques pages, on comprend que le petit garçon et son père sont en train de fuir la Gestapo sans en avoir réellement conscience et dans un récit très court, le personnage connaît une très grande évolution, il s’endurcit véritablement. Pourtant le récit est très court et reste très vague, seules quelques impressions nous sont livrées en toute légèreté et c’est cela qui fait la puissance du style de l’auteur…

Chacune des nouvelles mérite d’être lue et chaque jour, j’étais heureuse de faire la connaissance des personnages héroïques qui les animaient ! Vraiment, c’était un bonheur de vivre ces histoires inspirées d’un passé européen peu glorieux à travers la plume de Vercors.

Conclusion

C’est un livre très émouvant au ton très juste et très bien écrit. Je le recommande fortement !

coup de coeur

#Marty