Les 3 p’tits cochons

9782897861520Titre : Les 3 p’tits cochons

Auteur : Christian Boivin

Éditeur : ADA éditions

Genre(s) : horreur

Nombre de pages : 240

Trois individus qui trempent dans le voyeurisme, la pornographie, le cannibalisme et la nécrophilie.

Une étudiante universitaire menant une vie bien rangée qui se retrouve à la morgue après avoir consommé du Flakka. 

Un tueur à gages qui revient dans sa ville natale afin de mettre sa soeur en terre et qui découvre de troublantes vérités à son sujet.

Une rousse excentrique à la libido débridée et dénuée de tout sens moral, capable de pervertir les âmes les plus pures.

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Moi, ce que j’aime, c’est les monstres – Livre premier

COUV_Moi-ce-que-jaime-cest-les-monstres-LRTitre : Moi, ce que j’aime, c’est les monstres – Livre premier

Auteure/ illustratrice : Emil Ferris

Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture

Genre(s) : journal intime fantasmé

Nombre de pages : 416

Journal intime d’une artiste prodige, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est un kaléidoscope brillant d’énergie et d’émotions, l’histoire magnifiquement contée d’une fascinante enfant. Dans cette œuvre magistrale, tout à la fois enquête, drame familial et témoignage historique, Emil Ferris tisse un lien infiniment personnel entre un expressionnisme féroce, les hachures d’un Crumb et l’univers de Maurice Sendak.

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Les petites morts – retour vers le fémur

dfghn,;Titre : Les petites morts – retour vers le fémur

Auteur et illustrateur : Davy Mourier

Éditeur : éditions Delcourt

Genre(s) : BD fantastique

Nombre de pages : 96

Au début il n’y avait rien. Puis, la divine Yaourtière, autrement appelée « Grand Tout », créa le monde. Mais le temps y était long. L’éternité, c’était bigrement interminable. On s’ennuyait à mourir, mais sans vraiment pouvoir trépasser. La Yaourtière créa donc la mort. C’était pratique pour arrêter de vivre mais très laborieux. Alors la Yaourtière inventa la première faucheuse et lui confia le job…

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La cité automate

La-cite-automateTitre : La cité automate

Auteure : Cécile Guillot

Illustratrice : Mina M

Éditeur : Miroir aux troubles (collection Dys’fear, adaptée aux enfants dyslexiques)

Genre(s) : fantastique jeunesse

Nombre de pages : 76

Après un accident de la route, Noé se réveille dans un lieu étrange où se dressent de sombres tours aux tic-tac inquiétants…

Le voilà dans la Cité Automate où s’engage alors une course contre la montre haletante, une course contre la Mort.

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A rebrousse-temps

Titre : A rebrousse-temps
Auteur : Philip K. Dick
Editeur : J’ai lu
Genre : Science-fiction
Nombre de pages : 256
Mots-clefs : mort, rajeunir, temps, inversion, complot, religion, résurrection

 

Le cours du temps s’est inversé sur terre. Les morts se réveillent dans leurs tombes, rajeunissent, et finissent par réintégrer une matrice maternelle. Les cigarettes se reconstituent lentement dans les cendriers, et les vêtements sales du matin sont devenus propres le soir venu. Sebastian Hermes dirige un vitarium, une société spécialisée dans le repérage et l’extraction des morts revenus à la vie. Lors d’une mission de routine, il tombe par hasard sur la tombe de l’Anarque Thomas Peak, le célèbre leader religieux. Malheureusement pour Sebastian, cette découverte attise bien des convoitises. Le conseil des Oblits, les Udites, le Vatican : tous veulent mettre la main sur le prophète. Mais dans quel but ?

Mon avis

C’est la première fois que je lis un Philiphe K. Dick et je suis tombée sous le charme… L’univers créé par l’auteur est très riche et l’histoire est vraiment prenante, je pense donc que ce roman peut tout de même faire passer un bon moment aux personnes dont ce n’est pas forcément le genre de prédilection.

Tout d’abord nous sommes confrontés à une temporalité inversée : les naissances n’existent plus, tous les êtres humains semblent rajeunir (ce qui est également une forme de régression) jusqu’à retourner à une matrice et les morts reviennent à la vie, c’est ce que l’auteur a appelé « l’effet Hobart ». Le héros du livre, Sebastian, en a lui-même fait l’expérience et a décidé de faire du retour de morts un véritable business. Ainsi, il monté son Vitarium et avec sa petite équipe, ils guettent les voix dans les cimetières, exhument les corps revenant à la vie, les soignent et les revendent à leurs familles quand cela s’avère possible, ou bien au plus offrant. Mais la concurrence dans ce domaine est rude…

Un jour, dans un cimetière, Sebastian a le pressentiment que quelqu’un d’important va revenir à la vie… Et de fait, l’Anarque Peak, fondateur de la religion des Udites, est sur le point de ressusciter ! Sebastian saute sur cette occasion de voir fleurir son affaire et décide de le déterrer…

L’histoire est assez complexe car elle confronte différents intervenants : une secte, le Vatican, la bibliothèque (qui a pour fonction, dans un monde où tout va à l’envers, de détruire tous les exemplaires d’un livre), la police et le Vitarium de Sebastian…

Beaucoup de sujets pouvant tourner à la polémique y sont abordés sur un ton très léger : le mariage, l’adultère, l’amour, l’éthique commerciale, la mort, la régression, le droit au savoir et à l’instruction, la censure, la religion, le racisme… L’air de rien, ce sont beaucoup de sujets très sérieux qui s’entremêlent dans une histoire digne d’un thriller baignant en pleine science-fiction. Il est difficile de lire ce livre par bribes tellement il est captivant et si l’on prend la peine d’y réfléchir en allant un peu plus loin qu’en suivant simplement l’enchaînement des actions des héros, on y trouve le lieu d’une belle réflexion sur la liberté, la société et les valeurs qui l’animent.

Conclusion

J’ai d’abord voulu lire ce livre car il mettait en scène une distorsion temporelle qui me fascinait. En le lisant j’y ai découvert un outil de réflexion intéressant et des personnages attachants et à la logique qui m’échappait parfois, ce qui m’apportait de jolie surprise au fil des rebondissements qu’ils créaient. Le seul reproche que j’ai à adresser au roman est la manière un peu simplette dont il se termine.

Quoi qu’il en soit, je suis heureuse d’avoir découvert cet auteur et j’ai d’ores et déjà hâte de me plonger dans la lecture d’un autre de ses romans !

#Marty

Larmes de Cendres : tome 2 – Cabale

14600974_1506578149370054_7790123798048544121_nTitre : Larmes de Cendres : tome 2 – Cabale

Auteure : Lydie Blaizot

Illustratrice : Miesis

Éditeur : éditions du Chat Noir

Genre(s) : fantasy urbaine

Nombre de pages : 292

Rempert et ses précieuses recherches sont tombés aux mains des Sociétés Secrètes, bien décidées à éradiquer les vampires. Darya, forte de sa nouvelle nature, est prête à tout pour le retrouver, y compris à se frotter aux vampires de Sibérie dont le chef, Rulav, a des projets qui la concernent. Entre ce nouvel ennemi, lui-même manipulé par une entité autrement plus dangereuse, et un évènement séculaire, lourd de conséquences, trop  d’éléments échappent à la Coryphée. Elle se lance pourtant dans la bataille, aidée d’alliés inattendus, avec son obstination habituelle dans l’unique but de sauver l’homme qu’elle aime. Quitte à y perdre la vie.

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Alena

1cTitre : Alena

Auteur et illustrateur : Kim W. Andersson

Éditeur : Glénat

Genre(s) : roman graphique d’horreur

Nombre de pages : 144

Mots-clés : adolescence, amour, mort, harcèlement, violence.

La vie d’Alena est un enfer. Depuis qu’elle est entrée à l’internat, elle se fait harceler tous les jours par Philippa et les filles de sa bande. Mais Joséphine, sa seule amie, n’a pas l’intention de la laisser subir ce calvaire plus longtemps. Puisqu’Alena ne rend pas les coups, puisqu’elle ne peut pas compter sur l’aide du conseiller d’orientation ou du directeur de cette maudite école, Joséphine va devoir prendre les choses en main elle-même. Mais il y a un problème : ça fait un an que Joséphine est morte.

Récompensé en 2012 par le Adamson Award (le plus prestigieux prix de bande dessinée suédois), Alena est un roman graphique teinté d’horreur sur la cruauté de l’adolescence et le passage à l’âge adulte. Le récit d’un parcours initiatique puissant et émouvant qui révèle le talent de Kim W. Andersson, équivalent scandinave de Craig Thompson. Sa récente adaptation au cinéma a fait sensation au Santa Barbara International Film Festival 2016.

Mon avis

J’ai flashé sur la couverture d’Alena et j’ai craqué en lisant les premières pages en preview sur le site de la maison d’édition. La première scène nous montre une dispute entre Alena et sa meilleure amie Josefin sur un pont. Un lourd secret les lie et Josefin voudrait l’exposer alors qu’Alena veut le garder enfoui et oublier. On retrouve ensuite notre protagoniste seule, car Josefin se serait suicidée lors de leur altercation sur le pont. Enfin, pas si seule que ça puisque Josefin continue d’apparaître à Alena sous forme de fantôme/zombie.

Pour surmonter la perte de sa meilleure amie, Alena change d’école et doit passer dans l’enseignement privé. Elle n’y est pas bien vue, car elle est différente : elle est timide, ne fait pas d’effort pour s’intégrer au groupe et surtout elle est pauvre en comparaison à tous ses collègues de classe. Fabian est le seul à s’intéresser vraiment à elle pour qui elle est, mais il était aussi le garçon que Filippa, la peste blonde super populaire, rêvait d’avoir pour elle. Filippa va donc se venger du rejet de Fabian sur Alena en lui faisant vivre un enfer…et Josefin ne compte pas rester les bras croisés !

Alena est une jeune fille fragile psychologiquement. Elle est le souffre-douleur de l’école et laisse tout passer, même quand elle se fait presque violer. Sa passivité est un peu exaspérante : on a qu’une envie, la secouer pour qu’elle réagisse ! Heureusement, Josefin est là et va défendre – parfois avec des méthodes un peu trop rudes- son amie quand elle voit que celle-ci n’y parvient pas seule. Filippa est un des autres personnages que j’ai eu envie de secouer, mais pas pour les mêmes raisons. :p Elle est égoïste, narcissique, croit que tout lui est acquis et se trouve de fausses excuses pour maltraiter les autres lorsqu’ils ne vont pas dans son sens. Je crois que je n’aurais jamais tenu et que je l’aurais assassinée après cinq minutes en sa compagnie. 😀

Si je vous parle de cette bande dessinée pour la semaine de l’amour, c’est qu’il y a quand même un peu de romance dans ce livre. :p L’histoire tourne autour du trio Alena-Josefin- Fabian. Alena tombe sous le charme de Fabian avec qui elle passe de plus en plus de temps. Cela ne plait pas à Josefin, car si son amie l’oublie, elle risque fort de cesser d’exister. Il y a une tension dans ce duel invisible pour l’attention et l’amour d’Alena et notre protagoniste se retrouve au centre de ce conflit, ce qui n’arrange pas sa situation déjà compliquée.

Les thèmes de cette bande dessinée sont assez durs : le suicide, le deuil, le harcèlement, l’amour, l’adolescence, le mal-être, le manque de confiance en soi. Toutes ces choses qui sont déjà difficiles en soi, Alena doit les affronter seule, ce qui donne un récit assez poignant. Je m’attendais un peu à la fin, mais ça reste une très belle découverte quand même. 🙂 Attention, certaines scènes sont sanglantes : ce livre n’est donc pas à mettre entre toutes les mains.

J’ai beaucoup aimé le graphisme de ce roman graphique. Les illustrations sont un peu plus arrondies qu’habituellement dans ce genre de dessin. J’ai aussi bien aimé le fait que certaines scènes soient mises dans des ambiances de couleurs. Par exemple, une scène gore va être dans les tons rouges, le sexe dans les tons violets, etc. J’ai été étonnée de découvrir que l’auteur de ce roman graphique était  suédois. Je trouve que la manière qu’il a de raconter l’histoire et ses dessins ont un style plutôt américain. Je pense que c’est la première fois que je lis une bande dessinée d’un auteur suédois et ce fut une très bonne surprise !

Citations

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Conclusion

Alena est l’histoire touchante d’une jeune fille qui a perdu sa meilleure amie et qui s’en sort comme elle peut. Entre moqueries et violences physiques, elle doit faire face aux filles de son école. Un récit qui traite de thèmes intéressants, avec un élément surnaturel et pas mal de sang ! J’ai beaucoup aimé le récit et les illustrations : je recommande ce roman graphique suédois !

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#FungiLumini

saint-valentin

Bonus

Un film a été réalisé en Suède, basé sur ce roman graphique. Si ça vous intéresse, voici la bande-annonce 😉

Dreamworld

rnaleTitre : Dreamworld

Auteur: Sire Cédric

Éditeur : Le pré aux clercs

Genre(s) : receuil de nouvelles, fantastique/ horreur

Nombre de pages : 282

Mots-clés : nouvelles, sang, rêve, magie, mort.

Il y a, dit-on, un autre monde…

Là où vivent les esprits de ceux qu’on a aimés. Là où vivent les anciens dieux, dans une ville cachée dans les couleurs de l’arc-en-ciel…

Et là où attendent, aussi, nos plus terrifiants cauchemars.

Certains peuvent le voir, cet autre monde. Ce sont les enfants, les poètes, les fous, les suicidés, les amoureux désespérés. Ou simplement ceux qui ont refusé de fermer les yeux en grandissant.

Car on dit aussi que la magie existe tant qu’on croit en elle. Et surtout, qu’il n’est jamais trop tard pour la faire renaître…

Avec ce recueil de nouvelles, nous sommes invités au voyage. Un voyage en neuf tableaux, des versants les plus lumineux de l’innocence jusqu’aux ténèbres les plus abyssales, là où, à la lisière de la conscience, les visions cauchemardesques prennent corps.

Mon avis

J’avais déjà beaucoup entendu parler de Sire Cédric avant de commencer ce recueil. Si je ne me suis pas lancée avant dans la lecture d’un de ses livres, c’est parce que je n’aime pas les genres policier/thriller/polar et que ses livres sont très souvent classés dans ces catégories. Quand j’ai vu ce recueil de nouvelles, je me suis dit que ça serait l’occasion de découvrir enfin la plume de cet auteur dans un genre qui me plait. Je n’ai vraiment pas été déçue !

Déjà, j’ai adoré la plume sombre de Sire Cédric. Tout le recueil est empreint de noirceur, mais également de magie : on a l’impression que l’auteur nous incite à y croire, car elle existe vraiment. Les univers présentés sont également très sombres et tendent pour la plupart vers l’horreur et le surnaturel. Les deux éléments centraux à toutes les nouvelles sont les rêves et le sang. Un petit détail m’a paru dommage : la chanson qui accompagne la lecture de la nouvelle est à chaque fois citée à la fin du texte… Je l’aurais personnellement mise au tout début, pour que le lecteur puisse la mettre en fond sonore !


Découvrons ensemble ces petites histoires aux couleurs d’Halloween.

Cross-road

Deux garçons s’aventurent sur la route pour amener un petit lapin mort jusqu’au monde des esprits. Étant fan de lapin, j’ai particulièrement apprécié cette nouvelle ! 🙂 La magie y est omniprésente, mais ce n’est pas une magie féérique, elle est sombre et malfaisante, surtout pour ceux qui regardent en arrière. Un très beau début pour introduire le lecteur à l’univers de ce recueil !

« – Quand on est enfant on peut faire certaines choses, mais un jour les adultes te disent que c’est pas possible alors tu ne peux plus les faire, c’est aussi simple que ça. C’est pour ça que je ne voulais pas t’en parler cet après-midi. Parce que cette route, qui n’est pas la route, mène au monde des esprits, là où rien n’est jamais mort… »

Cauchemars

Un jeune garçon ressent les rêves et les cauchemars des gens qui l’entourent. Il les retranscrit sur papier et finit par leur donner vie. Dans cette nouvelle, les cauchemars sont bien réels. Le plus terrible de tous est Cannibale et vous n’arriverez pas à l’oublier de sitôt! Ce texte donne des frissons dans le dos. Le protagoniste m’a particulièrement touchée : encore une fois, c’est un enfant qui expérimente quotidiennement un univers magique mais que les adultes dénigrent et refusent de croire. Il est incompris et se referme sur lui-même alors qu’il a besoin d’aide. Heureusement, une personne va pouvoir le secourir et juste savoir que quelqu’un croit en lui peut faire des miracles.

« Il ne souhaitait pas provoquer de nouvelle catastrophe. Il savait bien que celle-ci finirait par arriver, pourtant. Ce n’était qu’une question de temps. De circonstances. Le peu qu’il avait appris dans cette courte vie se limitait à cela : rien ne s’arrange jamais, tout ne fait qu’empirer. »

Requiem

L’ange noir de la mort, celui qui récolte les âmes des suicidés, s’attache à une âme qui lui rappelle d’anciens souvenirs d’un amour perdu. Une histoire qui se tisse au fur et à mesure de la narration. La toile se referme petit à petit sans que la victime s’en aperçoive. J’ai aimé le romantisme noir de cette nouvelle, sa douceur et son lien avec la musique. Le style d’écriture est un peu différent ici : une certaine mélancolie agite la plume de l’auteur et nous plonge dans une atmosphère triste et dans une beauté froide.

« Une statue d’encre. Noires ses immenses ailes qui s’étendent au-dessus de lui, de part et d’autre de ce trône, des ailes puissantes et bruissantes, dont les plumes frémissent et gémissent un chant étrange, un murmure de soie et d’oubli miséricordieux. Un chant de mort. Un ange de mort. Assis sur le trône de Solitude. »

Muse

Une jeune femme voue un culte à sa propre personne. Un auteur macabre écrit sur les toits la nuit. Leur rencontre va tout chambouler. Une autre histoire d’amour pour ce recueil, mais celle-ci est bien plus charnelle, plus impulsive, plus sauvage, voire plus violente. J’ai beaucoup aimé ce couple hors-norme qui vit pour la passion. L’intensité  de cette histoire est prenante jusqu’à en arriver au point de non-retour, où tout bascule.

L’auteur nous retranscrirait-il ici la réaction initiale de son éditeur à la lecture de ce recueil? 😉 :

« A la livraison de son nouveau livre, un recueil de nouvelles strictement impubliable, son éditeur le convoqua, l’air gêné, pour lui faire remarquer que sa prose avait subi de nets… changements. Tout ce délire sur la couleur rouge et le monde des rêves, cela n’avait aucun sens. »

Babylone

Une femme en phase terminale d’un cancer est recueillie par le Dieu Marduk dans la ville légendaire de Babylone. Ici l’amour est volatile et cruel. Les Dieux sont parmi les êtres vivants, ils s’en servent pour les jeter ensuite. Notre protagoniste ne va pas se laisser faire et va aller confronter son amour en haut de la tour de Babel. Une histoire qui nous ramène aux racines du monde mais aussi aux origines de l’amour.

« -Pourquoi m’avoir sauvée?
– Parce que j’en ai eu envie. C’est selon moi une raison bien suffisante pour qu’un dieu réalise un miracle. »

Elfenblut

Une tueuse à gages – ivre d’alcool et de vengeance – assassine des êtres magiques qu’elle est la seule à pouvoir anéantir. Quel lien unit la chasseresse à ses proies? Ce texte questionne les notions de confiance et de souvenirs. Cette nouvelle a été un peu rapide pour moi, j’aurais aimé avoir plus le temps de m’imprégner du passé et de la personnalité de la protagoniste, de pouvoir m’immerger plus dans l’histoire.

« Elle tourne la tête et elle voit qu’il se tient dans la pièce. Adorable Jean. Un visage d’adolescent, des yeux qui semblent contenir tout l’amour du monde. Ezathelle ne l’a pas vu depuis des années. Et pour cause, Jean est mort. »

Conscience

Alexandre surprend sa mère avec son amant. Ils ont une discussion au bord de l’eau, il la pousse et ils tombent tous les deux. Les émotions fortes et leurs conséquences sont mises en avant ici. Le protagoniste découvre qu’il a le droit de faire des choix, de ne pas rester passif par rapport à sa vie. S’en rend-il compte à temps? Un texte ancré dans le réel qui m’a un peu moins marquée que les autres.

« Il était devenu ce qu’il avait toujours rêvé devenir. Il était devenu quelqu’un. Il avait appris à prendre des décisions, à orienter sa vie comme il le désirait en faisant ce qui était le mieux pour lui. Non pas ce qu’on lui imposait de faire. Et, plus important que tout, il était désormais capable d’éprouver des sensations, des émotions aussi nombreuses que diverses, la passion, le dégoût, l’envie, l’espoir, la colère. Surtout la colère. »

Visionnaires

Des jumeaux perçoivent le monde des esprits. Ils font un rêve horrible où ils voient leur maman en sang. Le jour de l’éclipse de Lune approche et un monstre les attaque. Leur rêve prémonitoire se réalisera-t-il? Encore une fois, ce sont les enfants qui sont sensibles au monde magique et qui n’osent en parler aux adultes de peur qu’ils ne les croient pas. Le lien entre les deux jumeaux est si puissant qu’ils ressentent les émotions l’un de l’autre. L’amour entre les deux frères est touchant mais sera-t-il assez fort pour vaincre le monstre de leur rêve?

« Le même songe écarlate et avide, affamé, de flammes ricanantes. Un cercle rouge qui se dessine au-dessus d’eux, et leur maman en train de se débattre dans des draps ensanglantés, sans qu’ils ne puissent rien y faire. Et, bien entendu, la méchante femme, qui n’est pas une femme. C’est-à-dire qu’un instant, c’est la plus belle femme du monde, et l’instant suivant c’est un cadavre qui tend ses griffes vers eux pour boire leur vie et avaler leur âme. »

Sangdragon

Une doctorante qui travaille sur les créatures magiques et un photographe scientifique partent en quête de l’église des moines de Sangdragon, les religieux qui auraient tué le dernier dragon. Ce dernier texte conclut bien le recueil. Il n’est pas aussi noir que les autres textes, il est même plutôt féérique. La magie est là, à la frontière, elle ne demande qu’à revenir, qu’à ce qu’on la ramène parmi nous. Une nouvelle qui fait rêver à la possibilité d’un retour aux sources de la magie et de ses créatures.

« – Et si c’était à force de douter d’elle que la magie est morte, Ness? S’il suffisait d’y croire à nouveau pour qu’elle renaisse? »

Conclusion

J’ai vraiment passé un super moment de lecture avec ce recueil : les nouvelles sont variées mais toutes aussi prenantes les unes que les autres, l’univers développé sort des sentiers battus et nous surprend encore et encore et la plume de l’auteur est juste magnifique. Je recommande grandement ce recueil !

coup de coeur

public averti horreur

#FungiLumini

La Fabuleuse Histoire de Jack O’Lantern

la-fabuleuse-histoire-de-jack-o-lantern-397768-250-400Titre : La Fabuleuse Histoire de Jack O’Lantern

Auteur : A.L. Douzet

Éditeur : éditions Magic Tales

Genre(s) : légende

Nombre de pages : 126

Mots-clés : légende, Jack O’Lantern, avare, mort, défi

1770, Wicklow, Irlande. Jack Stingy est l’irlandais le plus riche et le plus avare de Wicklow. Jalouse de sa fortune, la Mort vient le rencontrer. Commence alors une quête épique pour la survie et l’honneur. Mais jusqu’où peut-on aller face au fléau qu’est la MORT ? Après la saga La Porte, pour son cinquième roman, l’écrivain Anthony Luc Douzet dévoile la vérité sur la légende de Jack O’ Lantern et nous offre son roman le plus épique.

Mon avis

En cette période automnale, j’ai décidé de sortir de ma PAL ce livre-citrouille, qui raconte la légende de Jack O’Lantern. J’avais envie de découvrir la plume d’Anthony-Luc Douzet, sans pour autant me lancer directement dans une de ses grandes sagas. J’ai donc opté pour ce one-shot sur un thème qui m’intéresse particulièrement : l’histoire qui se cache derrière une des figures emblématiques d’Halloween – Jack O’Lantern.

Jack Stingy est riche, avare et a un gros problème avec la boisson. La Mort en veut à sa fortune et essaie par tous les moyens de se débarrasser de l’ivrogne. Ce n’est cependant pas aussi facile qu’elle l’aurait espérer !

Dans une note au début de l’ouvrage, l’auteur nous signale que le texte est pour un public averti et qu’il contient des images pour le moins inquiétantes. Je n’ai personnellement pas trop compris la raison de cet avertissement, rien ne m’a semblé horrible ou dérangeant au point de le signaler en début de roman. Après, c’est peut-être moi qui suis insensible. :p

Le texte en lui-même est assez court et divisé en sept chapitres, qui sont sept étapes de la vie de Jack Stingy. J’ai apprécié la manière qu’a l’auteur de raconter cette histoire, à l’image d’un conteur. Sa plume est belle et fluide, l’histoire est bien documentée et les illustrations noir et blanc ajoutent une touche réaliste à ce récit légendaire. On y découvre l’Irlande de l’époque, puis le Nouveau Monde. Une façon originale de présenter ce conte d’Halloween à la couverture équivoque !

J’ai lu ce livre en format papier : je n’ai pas trop compris le choix du format de ce livre. La police du texte est très grande, avec des marges larges et les illustrations n’occupent jamais des pages entières. Beaucoup d’espaces blancs alors qu’un format plus petit aurait, je pense, mieux convenu à ce texte illustré. Le prix (20,90€) est quand même élevé pour si peu de texte et le choix d’un format plus petit permettrait un prix plus raisonnable, et je suis sûre, un public plus large, pour cette jolie légende !

Citations

« En pleine chevauchée, il ne se rendit même pas compte que la monture noire qu’il chevauchait, était en réalité la Mort en personne.

La bête voulant en finir avec son cavalier s’immobilisa en plein galop si bien que Stingy passa par-dessus les rênes.

Par chance, son corps était celui d’un irlandais, robuste et tenace, il se releva très vite de sa chute et constata qu’un « D » comme « Death » reluisait sur la croupe de la jument. »

« La Faucheuse resta plus d’un mois dans ce grenier à maudire Stingy et à s’interroger si son âme n’était pas celle d’un Dieu.

Depuis sa cachette de fortune, la Mort put un peu mieux observer les habitudes de l’avare et de cette étude attentive naquit sa ruse la plus sournoise. »

Conclusion

Un beau texte agrémenté par des illustrations noir et blanc, raconté à la façon d’un conteur. Une belle manière de découvrir la légende de Jack O’Lantern.

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#FungiLumini