The Dark Gates of Madness

couvmadness72v2Titre : The Dark Gates of Madness

Auteurs : Graham Masterton (traduit par Christophe Corthouts)et Frédéric Livyns

Illustrateur : Christophe Huet

Éditeur : Séma éditions

Genre(s) : horreur/ surnaturel

Nombre de pages : 220

La folie, tout le monde en parle. Mais avez-vous déjà plongé en son sein, dans ses plus abjectes profondeurs ?

Graham Masterton, l’un des plus grands auteurs mondiaux de la littérature horrifique s’associe à Frédéric Livyns le temps d’un recueil.
Ils vous convient à un voyage mémorable dans les ténèbres. À travers 6 textes pulps, véritable hommage à l’ancienne littérature horrifique, alliant tour à tour terreur et humour, noirceur et dégoût, les auteurs vous proposent une plongée en apnée dans les tréfonds les plus sombres de l’âme humaine.

Ces histoires réservées à un public averti sont brillamment illustrées par Christophe Huet qui a donné vie aux mots à travers des tableaux propres à vous faire toucher du doigt l’aversion engendrée par le caractère extrême de certains récits.

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Memento Mori

31jIelS0r2L._SX331_BO1,204,203,200_Titre : Memento Mori

Auteur : Guillaume F. Osgart

Auto-édition

Genre(s) : recueil de nouvelles horreur/ fantastique

Nombre de pages : 220

Ça vous dirait de suivre un tueur à gages hanté par ses démons, une famille de psychopathes normands, deux sorcières aussi cruelles que bestiales ? D’assister à la mise aux enchères d’un ange ? De découvrir une nouvelle technologie apportant l’immortalité ou une téléréalité avec des zombies ?Alors, venez vous perdre dans la dizaine d’histoires qui composent cet ouvrage ! AVERTISSEMENT : Pour public averti ! Certains passages comportent des scènes de violence explicites qui peuvent heurter la sensibilité du lecteur.

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Kidnapping

Cover-Kidnapping-Mise-en-Titre : Kidnapping

Auteur : Geoffrey Claustriaux

Éditeur : Livr’S éditions

Genre(s) : horreur

Nombre de pages : 108

La campagne profonde de la vieille Allemagne recèle parfois de lugubres secrets. La découverte d’un groupe d’adolescents en voyage scolaire aurait de quoi étonner l’historien le plus averti. Ce village d’un autre temps est assurément le vestige d’un passé révolu… du moins, en théorie.

Autrice en devenir, la jeune Catherine ne sait quoi en penser, pas plus que son camarade Stéphane, à qui elle voue un amour sans borne.

Tous deux vont devenir les témoins de ce que les tréfonds les plus obscurs de l’âme humaine sont capables d’engendrer, au risque d’y sombrer. À jamais…

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La Maison des Épreuves

1erecouvhrivnakTitre : La Maison des Épreuves

Auteur : Jason Hrivnak

Traduit par Claro

Éditeur : éditions de l’ogre

Genre(s) : ?

Nombre de pages : 129

Après le suicide de son amie d’enfance, un homme entreprend de poursuivre le carnet dans lequel ils avaient ensemble construit un monde imaginaire et terrible. À la fois lettre d’amour, tentative de rédemption et manuel de survie à nos pulsions autodestructrices, La Maison des Épreuves est un rêve fiévreux à ranger aux côtés de La Foire aux atrocités de J-G Ballard et de La Maison des feuilles de Mark Z Danielewski.

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Carnets de croquis – Paskal Millet

carnets de croquisTitre : Carnets de Croquis

Illustrateur : Paskal Millet

Éditeur : Armada éditions

Genre(s) : artbook

Nombre de pages : 206

Paskal Millet est natif de champagne. Autodidacte, graphiste en imprimerie de métier, il se passionne très jeune pour le punk rock, l’univers horreur/fantastique et les comics.

Guitariste et chanteur du groupe The Monster Klub, il travaille comme designer et illustrateur pour les principaux groupes de la scène rock underground.

Il crée le personnage Billy Bastard et sort en 2014 sa première BD, Monsters ? ainsi que l’album d’illustrations Underground Zombies.

Il travaille actuellement sur la série Morning Star pour Caliber Comic USA avec le scénariste italien Massimo Rosi.

Parallèlement, il dessine un épisode du Garde Républicain d’après une histoire de Thierry Mornet.

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The Dark Gates of Terror

the-dark-gates-of-terrorTitre : The Dark Gates of Terror

Auteur : Frédéric Livyns

Illustrateur : Christophe Huet

Éditeur : Séma éditions

Genre(s) : fantastique/ horreur

Nombre de pages : 134

Dark Gates of terror vous propose, le temps de six histoires, de revisiter l’esprit comics cher aux mythiques Creepy et Eerie.

Affrontez un terrible démon au cœur d’une station spatiale, visitez les légendaires Carpathes, explorez de sombres grottes cachées au cœur de la jungle, fuyez devant vos propres démons… La peur se décline de multiples façons, sur Terre ou dans l’espace.

Chaque histoire est illustrée par Christophe Huet, dans la plus pure tradition du genre, véritable invitation à franchir les Portes Noires de la Terreur.

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Spirale

spirale-integraleTitre : Spirale

Auteur/ Illustrateur : Junji Ito

Éditeur : Delcourt/ Tonkam

Genre(s) : manga horreur fantastique

Nombre de pages :662

De prime abord, Kurouzu ressemble à une banale petite ville de campagne. Mais, au-delà des apparences moroses, existe un mal profond, terrible et indicible qui plane au-dessus des habitants. Une pression hypnotique, un malaise poisseux qui corrompent les coeurs, les âmes et les esprits de victimes impuissantes.

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The Art of Alice : Madness Returns

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Titre : The Art of Alice : Madness Returns

Auteurs : collectif des concepteurs

Éditeur :Dark Horse Books

Genre(s) : artbook, gaming

Nombre de pages : 184

Mots-clés : Alice au pays des merveilles, horreur, étrange, sang, folie.

Legendary game designer American McGee created one of the most visually arresting games of all time in Alice. Eleven years later, McGee returns with a sequel just as groundbreaking as his critically acclaimed classic – Alice: Madness Returns! Just in time for Madness Returns, Dark Horse and Spicy Horse Games invite Alice fans to take a journey through the wonderland of American McGee’s imagination for a look at this magnificent and disturbing world. With text by Madness Returns lead writer and executive producer R. J. Berg, and featuring an introduction by McGee, The Art of Alice offers an intimate look into the artwork behind this blockbuster interpretation of Lewis Carroll’s enduring masterpiece.


Le légendaire créateur de jeu American McGee a créé un des jeux les plus impressionnants de tous les temps visuellement parlant dans l’univers d’Alice. Onze ans plus tard, McGee revient avec une suite aussi révolutionnaire que son précédent classique acclamé par la critique – Alice: Retour au Pays de la Folie ! Juste à temps pour la sortie du jeu, Dark Horse et les studios Spicy Horse Games invitent les fans d’Alice à voyager dans le pays des merveilles tout droit sorti de l’imagination d’American McGee, afin de découvrir ce monde à la fois magnifique et dérangeant. Avec des textes de l’auteur principal et producteur exécutif du jeu R. J. Berg et une introduction par American McGee, The Art of Alice : Madness Returns offre une incursion dans le travail artistique réalisé derrière cette interprétation de l’oeuvre magistrale et intemporelle de Lewis Carroll. (traduction: FungiLumini)

Mon avis

Alice : Madness returns est mon deuxième jeu vidéo préféré, la première place allant à Kingdom Hearts. J’avais essayé de jouer à American McGee’s Alice, le premier opus de ce jeu, mais je n’ai jamais réussi à le finir, le manque de malléabilité du jeu m’ayant découragée. J’avais trouvé cela dommage, car l’univers était incroyable, bien qu’il paraisse de nos jours assez vieux. Dans ce deuxième volet, tout est parfait (selon moi :p ). L’univers est graphiquement impeccable, le jeu est fluide et les combats sont très dynamiques. J’ai fini le jeu il y a quelques années, mais il m’était resté en tête et quand j’ai vu qu’un artbook le concernant était sorti, je n’ai pas hésité à l’ajouter à mon wish-list. Et Père Noël me l’a gentiment apporté. 😀 Ce livre est en anglais, je pense qu’il n’existe malheureusement pas encore de traduction française. :/

Cet artbook présente une partie du travail artistique réalisé sur deux ans pour la conception du jeu vidéo. La plupart des images sont commentées par le créateur de la pièce, ainsi que parfois par le directeur artistique du jeu, Ken Wong. J’ai été impressionnée de voir le nombre d’artistes qui travaillent en même temps sur un projet. Il y a d’abord une partie qui explique l’avant-production du jeu. C’est à ce moment que l’identité graphique ainsi que les différentes étapes de la quête d’Alice ont été décidées. On se rend compte avec les illustrations proposées que le jeu aurait pu prendre bien des directions différentes de ce qu’il est actuellement !

art_of_alice_madness_returns_08aLe deuxième chapitre concerne la création du personnage d’Alice et de ses tenues. C’est un des points qui a demandé le plus de réflexion aux concepteurs, car les artistes avaient tous une vision différente de la protagoniste. Ces robes ont aussi demandé beaucoup de travail, car elles étaient censées à la base lui donner des bonus et changer avec ses armes. Cette idée a dû être abandonnée, mais Alice a tout de même une robe différente dans chaque nouvel univers qu’elle visite !

La troisième partie est la description de la ville de Londres vue par Alice. On y retrouve toute la violence de l’époque. C’est une ville sombre, aux allures un peu steampunk, mais sale et pollué. Les prostituées et les brigands se mêlent aux charlatans et aux « bons citoyens ». La vision d’Alice est assez pessimiste, mais il est intéressant de noter qu’elle retrouve dans la réalité de Londres des détails de son Wonderland.

La partie sur le monde de Wonderland est absolument grandiose. Si j’aime ce jeu, c’est pour son mélange entre l’univers féerique enfantin qu’il propose et qui se mêle à un monde sombre, malsain et sanglant. Le macabre/mignon m’a toujours fascinée et ce jeu en est l’apothéose ! Alice explore plusieurs parties du pays des merveilles, qui a cependant bien changé : un train infernal est en train de le ravager ! Les personnages qu’on connait bien sont revisités mode folie et les univers créés sont juste incroyables ! Voir les artworks des lieux du jeu est impressionnant. Le travail artistique accompli derrière ce jeu vidéo est vaste et magnifique. J’ai adoré me plonger dans ces illustrations et je regrette juste le fait que certaines aient dû être ajoutées en tout petit plutôt qu’en pleine page.

Il y a aussi une toute petite partie concernant les cinématiques du jeu, qui ont un style très particulier et unique. Un mélange d’animation, de collage et d’éléments réels superposés. Le livre se conclut avec quelques artworks d’Alice ainsi que la présentation des artistes qui ont participé au projet. C’est avec plaisir que j’ai été rechercher mon jeu Alice : Madness Returns et que j’y ai rejoué, en difficulté facile pour pouvoir bien profiter des détails et des éléments mentionnés dans le livre. Une toute nouvelle façon de (re)découvrir ce jeu génial !

Citations

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Conclusion

J’ai adoré me replonger dans l’univers incroyable de ce jeu vidéo. Ce livre nous permet de voir l’envers du décor et une petite partie de l’immense travail artistique réalisé pour la conception d’Alice : Madness Returns. Beaucoup d’illustrations de très bonne qualité avec des commentaires des artistes et des introductions à chaque partie pour expliquer le contexte de création. Je recommande ce livre, qui est un must pour  tous ceux qui ont aimé jouer au jeu vidéo !

coup de coeur

#FungiLumini

Bonus

Pour ceux qui n’auraient pas joué au jeu, voici un aperçu (très) rapide de l’univers et des personnages avec le trailer du jeu 🙂

Livres et Gourmandises : Rashômon (2/4)

Un nouvelle une gourmandise (1)

Recueil : Rashômon et autres contes

Auteur : Ryûnosuke Akutagawa

Editeur : Gallimard

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Nouvelle : Figures infernales

Année de publication : 1918


Gourmandise de la semaine

Cette semaine je me suis attaquée à la deuxième nouvelle du recueil Rashômon et autres contes d’Akutagawa en dégustant des mochis glacés. C’est mon grand péché mignon du moment, j’en mange tout le temps et à tous les goûts !

Le mochi est une pâte de riz gluante que l’on retrouve dans de nombreuses pâtisseries japonaises telles que le daifuku, l’ohagi ou encore les dangos. Comme l’annonce le nom, il y a de la glace au centre du mochi. Elle peut avoir plusieurs goûts comme vanille, chocolat, mangue, azuki (pâte de haricot rouge japonais) ou encore patate douce ! On en trouve plutôt facilement en France ou en Belgique quand on se rend dans un restaurant de sushis. N’hésitez donc pas à en goûter si vous en avez l’occasion.

Comme cette gourmandise est plutôt rafraichissante pour la saison, je n’ai rien bu de spécial avec. Mais étant une grande amatrice des contrastes culinaires, je vous conseillerais de boire une bonne boisson chaude après les avoir dévorés :p

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La deuxième nouvelle de ce recueil de Ryûnosuke Akutagawa, intitulée Figures infernales, m’a fort plu, peut-être même davantage que Rashômon. Effectivement, dans cette dernière, il a fallu beaucoup lire entre les lignes pour découvrir que l’intérêt de cette nouvelle se trouvait dans les réflexions post-lecture. Dans Figures infernales, j’ai par contre retrouvé le délice de lire un véritable conte.

Cette nouvelle est beaucoup plus longue que la précédente. Composée de 54 pages, elle est divisée en 18 chapitres, à l’image d’un roman. Figures infernales raconte l’évènement majeur de la vie du célèbre peintre Yoshihidé, un homme aux grands talents pour ce qui est de peindre l’horreur, mais qui est principalement connu du public pour son sale caractère, sa laideur physique et son arrogance extrême. Sa seule qualité est de chérir sa fille unique. Pour son plus grand malheur, celle-ci est entrée au service du Seigneur Horikawa, décrit comme un homme d’une grande bonté. Bien que le peintre aimerait la voir quitter cette place et rentrer à la maison, le Seigneur n’est pas prêt à se séparer de la jeune femme. Pourquoi ? Peut-être est-il secrètement amoureux d’elle ? Ou cherche-t-il simplement à la protéger de son père dément ? Nul ne le saura jamais. Quoi qu’il en soit, le grand Seigneur commande à Yoshihidé un paravent des figures de l’enfer. D’horribles évènements s’enchaineront jusqu’à une fin des plus terrifiantes qui verra la naissance de l’une des plus belles oeuvres japonaises !

J’ai tout d’abord beaucoup aimé la forme du conte dans cette nouvelle ainsi que son développement. On commence par une introduction aux personnages principaux : le Seigneur Horikawa, le peintre Yoshihidé et sa jolie jeune et unique fille. Avec un départ plutôt lent, on a tout le temps pour se familiariser aux protagonistes et à leurs environnements. Après trois chapitres, Akutagawa nous fait entrer dans le vif du sujet en nous décrivant la fameuse peinture « Figures infernales ». A partir de là, on avance de plus en plus vite et de plus en plus profondément dans les noirs tréfonds de cet épisode terrifiant qui nous décrit la réalisation du paravent. Cette narration est très efficace pour nous absorber entièrement dans le récit, de telle manière qu’il est impossible de lâcher le livre des mains avant de savoir le fin fond de cette histoire.

J’ai beaucoup apprécié le narrateur de l’histoire qui se trouve être un simple courtisan de la maison du Seigneur Horikawa. Il s’agit d’un personnage relativement neutre, mais qui a tout de même tendance à prendre le parti de son maitre, comme le veut la loyauté si importante dans la culture japonaise. S’il nous incite plusieurs fois à penser d’une certaine manière, il laisse toujours sous-entendre le contraire d’une manière ou d’une autre. Voici un exemple :

Ainsi, vous pouvez voir que la faveur dont le Seigneur entourait la fille de Yoshihidé était uniquement due à son admiration pour la bonne conduite de cette dernière, et non, comme le prétendaient les rumeurs, à son goût pour les belles femmes. Il faut tout de même reconnaître qu’il y avait eu quelque raison plausible pour faire naître ces rumeurs. 

Finalement, cela nous permet de réellement juger par nous-mêmes les personnages et leurs actes. Le narrateur ne se fait d’ailleurs pas souvent remarquer tout au long du récit, mais lorsqu’il le fait, cela apporte généralement un accent en plus sur les évènements choquants qui ont lieu les uns après les autres.

Il faut également souligner le fait que Figures infernales est beaucoup plus terrifiante et noire que Rashômon. Tout d’abord, le tableau nous est décrit dans tous ses détails. Ensuite, nous vivons la réalisation de celui-ci et assistons de ce fait aux scènes servant de modèle au peintre. Et enfin, la chute de la nouvelle est sans aucun doute l’apothéose de l’horreur. Outre ces aspects visibles aux yeux de tous les personnages présents, nous pénétrons également dans les noires pensées de nos trois protagonistes principaux. Yoshihidé est l’incarnation même de tous les défauts humains et c’est d’ailleurs pour cela qu’il est un génie dans la représentation de l’enfer. Du côté du Seigneur Horikawa et de la jeune fille, peut-on réellement dire que des êtres semblant approcher presque la perfection sont réellement dénués de tout péché ? Ainsi, cet aspect plus intime participe également à la terreur ambiante qui émane de la nouvelle Figures infernales.

La question qui ressort très fort suite à cette lecture est : jusqu’où peut-on aller pour l’Art ? En effet, comme l’explique très bien Yoshihidé, il a besoin de « voir » ces scènes épouvantables pour pouvoir les retranscrire de manière réaliste et vivante sur le papier ou le bois. On comprend donc que pour cela, il fera vivre aux autres et vivra lui-même aussi un véritable enfer, tout cela dans ce seul et unique but.

Comme je l’avais écrit brièvement dans la courte biographie de Ryûnosuke Akutagawa, l’auteur s’est fort inspiré de contes japonais ou chinois, liés la plupart du temps au bouddhisme. Figures infernales ne fait pas exception et est directement tirée du Konjaku monogatari shû (période Heian ; 794-1185), traduit en français par « Histoires qui sont maintenant du passé ». L’un des récits de ce vieux recueil s’intitule Comment Yoshihidé, un peintre de représentations bouddhistes, a pris plaisir à voir sa maison en feu, et a directement inspiré Akutagawa pour la réalisation de Figures infernales. Cette histoire ne sera d’ailleurs pas l’unique réécrite par l’auteur de génie.

Pour terminer cette chronique, il faut savoir que Figures infernales est une oeuvre aimée du peuple japonais qui l’a adapté sous plusieurs formats. Il existe ainsi un film, un manga et un dessin animé (disponible chez Kaze et sur le site de streaming ADN). Il va également sans dire que cette nouvelle a inspiré d’autres auteurs par la suite.

En conclusion, j’ai vraiment adoré Figures infernales, une nouvelle construite de manière efficace pour ceux qui aiment le schéma classique des histoires et contes. J’ai également beaucoup apprécié la noirceur du récit et le souci du détail des différentes scènes qui font vivre ce récit dans notre imagination. Il s’agit donc pour moi d’un gros coup de coeur qui me donne vraiment envie de découvrir rapidement les deux dernières nouvelles qu’il me reste avant de finir ce recueil. Après Rashômon et Figures infernales, je suis déjà capable de dire, je pense, que Ryûnosuke Akutagawa est réellement un grand auteur de littérature ! Il est certain que ne je m’arrêterai pas à cet unique recueil !

Je vous propose de découvrir mon tableau sur Pinterest concernant la nouvelle de Figures infernales. J’y ai épinglé toutes les images qui, selon moi, illustre d’une manière ou d’une autre cette histoire.


Rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir la troisième nouvelle du recueil de Rashômon et autres contes !

Nouvelle 1 : Rashômon
Nouvelle 2 : Figurines infernales
Nouvelle 3 : Dans le fourré
Nouvelle 4 : Gruau d’ignames

La lecture de ce recueil de nouvelles de Ryûnosuke Akutagawa s’inscrit également dans le challenge Bungô Stray Dogs que je me suis lancée personnellement pour découvrir les auteurs classiques de la littérature japonaise ! N’hésitez pas à y participer si cela vous tente également!

#Yuixem

Poétique du morcellement

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Titre : Poétique du morcellement

Auteur : Romano Vlad Janulewicz

Éditeur : éditions Black-Out

Genre(s) : recueil de nouvelles noires

Nombre de pages : 84

Mots-clés : horreur, nouvelles, sang, original

 

Quatrième de couverture

Des pleurs étouffés tirèrent Rachel de son inconscience. Elle ouvrit les yeux mais demeura plongée dans le noir. Il lui fallut plusieurs secondes avant de réaliser qu’elle n’était plus ligotée. Un petit cri s’échappa de sa gorge et, en une seconde, elle fut debout, tâtonnant nerveusement à travers l’obscurité qui l’enveloppait. Essoufflée, elle heurta un mur, écarta les bras puis en toucha deux autres latéralement. Elle se retourna brusquement, fit trois pas précipités et rencontra une autre cloison. Hystérique, elle battit des bras comme pour déchirer le voile de ténèbres qui l’oppressait. Elle hurla avant de plaquer ses mains sur sa bouche, ne laissant plus sortir qu’un grognement pitoyable. Et si son agresseur l’observait, au-delà des cloisons, attendant le moment propice pour lui tomber dessus et la torturer? Qui l’avait amenée ici et pourquoi ? Luttant pour contenir le flot de peur brute qui ne demandait qu’à corrompre son corps et son esprit, elle demeura immobile quelque temps, prostrée. Puis, reprenant ses esprits, elle tendit l’oreille. Les sanglots s’étaient arrêtés, mais il lui sembla entendre la voix lointaine d’un homme. L’air charriait des relents d’excréments et de moisissures, c’était la première fois qu’elle le remarquait.

! Lecture déconseillée aux humanistes végétariens.

Mon avis

Je remercie Romano Vlad Janulewicz qui m’a offert ce recueil. J’ai découvert le catalogue des éditions Black-Out il y a peu et j’espérais les croiser sur un salon littéraire pour rencontrer leurs auteurs. J’ai donc été ravie quand Romano m’a contactée pour me proposer de lire son livre. 🙂

Ce recueil se dévore en une soirée : il est tout petit, comme son prix ! Les nouvelles dans le recueil sont courtes mais efficaces. L’auteur emmène son lecteur dans des situations du quotidien qui se transforment bien vite en récits sanglants. J’ai aimé la façon dont l’auteur arrive à jongler habilement avec la psychologie de chaque personnage, même dans des textes si courts. L’humour est présent, et noir bien sûr. 😉

Etant fan d’histoires d’horreur, je suis souvent déçue du manque d’originalité dans la littérature du genre. Les mêmes situations clichées sont trop souvent réutilisées et le dénouement est facile à deviner. Ici cependant, ce n’est pas le cas et c’est un des éléments que j’ai préféré dans cette lecture : j’ai bien essayé de deviner la fin des nouvelles, mais j’ai toujours été surprise par le final ! Bref que du bonheur ! 🙂

La seule chose que je reproche à ce recueil est sa brièveté. J’aurais voulu avoir plus de ces petits textes noirs à lire ! Attention, ce livre étant un recueil de nouvelles d’horreur – avec des descriptions assez visuelles -, il n’est pas à mettre entre toutes les mains.

Les nouvelles en une phrase

Ver Culinaire : un critique gastronomique détruit la réputation d’un restaurateur.

Bricoleur du dimanche : le montage d’un meuble Ikea ne s’avère pas toujours simple.

Fantasme ultime : Amour de la chair.

Dernière blague : la vengeance est un bonbon qui se mange froid.

Petite poupée : baby blues dans une camionnette.

Redemption sangles : un don de sang pas comme les autres.

Citations

« Beaucoup diront que j’ai dépassé les bornes et on me reprochera longtemps la disproportion de ma réaction face à son attaque. Mais quand même, il m’a descendu en flèche, assassiné, anéanti. »

« Une odeur de viande poêlée, déglacée au cognac, flottait dans l’air. Prélever dans les règles de l’art les morceaux de choix – seins, parties génitales, fessiers, cuisses – était un acte auquel Jacob s’était préparé depuis longtemps, effectuant de nombreuses recherches sur le cannibalisme et s’entraînant chaque jour à la maîtrise des gestes et techniques de boucherie. »

Conclusion

Je recommande ce recueil de nouvelles noires : l’auteur prend un malin plaisir à écrire des histoires à vous glacer le sang dont vous ne soupçonnerez pas la fin. J’espère pouvoir découvrir bientôt l’auteur dans des textes plus longs !

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public averti horreur

#FungiLumini