Tu réclamais le soir

Titre : Tu réclamais le soir

Auteur : Fabrice Colin

Éditeur : Calmann-Lévy

Genre(s) : contemporain

Nombre de pages : 400

« J’étais venu pour me perdre, et j’avais eu ce que je désirais, mais c’était pire encore. Il n’y avait rien au cœur du labyrinthe. Juste moi-même. »

Entre ses études de commerce et son petit couple banlieusard, Fabrice traîne son ennui dans le Marais. Tout change quand il rencontre Iago et Brume. Frère et sœur ou amants ? Fascinants, surtout – cyniques, brillants, autodestructeurs. Avec Axël, qui complète le vénéneux trio, ces enfants terribles l’introduisent dans l’hôtel particulier du Marquis, ouvert aux âmes perdues et aux soirées très privées.
Paris de jouissance, Paris de danger : le sida rôde. Les condamnés mettent un point d’honneur à partir en beauté, une énergie noire pulse sous les néons.
Fabrice tangue entre ses désirs, ses ambitions et ses failles. Que vient-il chercher dans ce monde qui n’est pas le sien ?
Pourquoi tient-il tant à s’oublier dans le malheur des autres ?

Mon avis

Je remercie Babelio et Calmann-Lévy pour l’envoi de ce roman lors de la dernière masse critique Babelio ! Je connaissais Fabrice Colin pour ses écrits dans le milieu de l’imaginaire. J’ai d’ailleurs récemment été totalement bluffée par la réédition du roman Sunk qu’il a co-écrit avec Sabrina Calvo. J’ai voulu tester son dernier roman en littérature blanche, qui reprenait des thèmes sur lesquels j’apprécie particulièrement lire, et que les quelques chroniques déjà rédigées présentaient comme un livre coup de poing, duquel on ne ressort pas indemne. Malheureusement, je n’ai pas adhéré à cette lecture.

Fabrice est un étudiant en commerce ordinaire. Il vit en couple depuis l’adolescence et mène un quotidien banal entre les cours, les sorties et sa romance avec Angélique. Rien de bien passionnant, même lui s’en rend compte. Un soir, il va venir en aide à Iago qui s’évanouit dans la rue. Brume, qui accompagnait le malade, va mener Fabrice au Palais, un hôtel particulier appartenant au Marquis, refuge pour les jeunes rejetés, malmenés par la vie, car Iago veut absolument le revoir. Il va s’ouvrir à ce monde alors inconnu, ayant soif d’autre chose que ce quotidien insipide, mais ne sachant pas réellement ce qu’il cherche.

Le contexte est celui du monde de la nuit, dans tout ce qu’il a de plus sombre et sale. On est dans des milieux très fermés, où la drogue et l’alcool circulent à flot, et où la maladie rôde. Je n’ai cependant pas ressenti ce malaise, cette tension en lisant ce roman, les soirées sont au final très vite balayées, très peu décrites, pour au final se concentrer sur la longue agonie des malades en fin de vie. On y décrit leur lente descente aux enfers, leurs ressentis par rapport à cette fin inéluctable, et les traitements palliatifs pour les soulager en attendant la fin.

J’ai trouvé le tout assez confus. Les protagonistes se baladent sans but dans la nuit de Paris. Leurs discussions n’ont pas beaucoup de sens, et on sent clairement que la plupart ne sont que des affabulations, histoires que les protagonistes se racontent à eux-mêmes pour combler le vide qui les habite. Je ne comprends même pas au final pourquoi Brume et Iago s’intéressent à Fabrice tellement ce personnage est insipide et ne raconte jamais rien sur lui. Fabrice lui-même revient à chaque fois au Palais alors qu’il n’a rien à y faire, il ne fait pas partie de ce monde et n’exprime jamais une réelle volonté d’en faire partie.

Je n’ai pas non plus spécialement accroché aux romances, je ne les ai pas trouvées particulièrement réalistes. Entre Brume qui embrasse Fabrice dès qu’elle veut quelque chose de sa part, Angélique qui sait que tout va mal dans le couple et que tous deux s’obstinent dans cette relation qui les fait souffrir, les deux amants maudits qui au final n’ont jamais de gestes de tendresse l’un envers l’autre alors qu’ils savent ce qui les attend… je n’ai pas eu l’impression de retrouver beaucoup d’amour dans ce roman, plutôt des gens très seuls.

Il n’y a que vers la fin qu’on en apprend un peu plus sur Fabrice, sur le lourd secret familial qu’il évoque tout au long du roman sans pour autant en parler. Ce secret n’est cependant pas très difficile à deviner vu les indices laissés par l’auteur et la culpabilité qui ronge à la fois le fils et les parents.

Ce roman se laisse lire très rapidement. Vous l’aurez compris, je fais rarement des incursions en littérature blanche et celle-ci ne m’a pas convaincue, cela me prouve une nouvelle fois que rien ne vaut un bon roman de littératures de l’imaginaire !

Citations

« – Il fait quoi, dans la vie ?
Un mince sourire a pâli dans la nuit.
– Il meurt. »

« – Je connais le secret du bonheur, Fabrice. Je l’ai découvert il y a quelques années, et je vais te le révéler. Je vais te le révéler même si tu ne me demandes rien. Défie-toi des questions, voilà. Les questions sont des intruses. Elles frappent à la porte avec un sourire engageant mais, une fois que tu les as laissées entrer, il est trop tard pour t’en débarrasser. Capisci?
– Non.
– Reste ignorant, tu vieilliras moins vite. « 

Conclusion

Ce roman n’a pas été ce que j’attendais : incursion dans la jeunesse parisienne, du monde de la nuit et de la maladie, il reste très en surface, menant le lecteur d’événements improbables en discussions invraisemblables. Les relations entre les personnages ne m’ont jamais parues plausibles. Le protagoniste n’a rien à faire dans ce monde et essaie malgré tout de s’y glisser, sans réellement y parvenir. Un roman vite lu, mais qui ne m’aura pas laissé de marque.

indécise

#FungiLumini

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