Lullaby #PLIB2022

Titre : Lullaby

Autrice : Cécile Guillot

Illustratrice : Mina M

Éditeur : éditions du Chat Noir

Genre(s) : fantastique

Nombre de pages : 112

#ISBN9782375681725

États-Unis, années 20.

Hazel aime écrire des histoires horrifiques et rêve de devenir écrivain. Son cœur bat pour sa jolie voisine, Blanche. Mais quand ses parents découvrent ses diverses inclinations, ils s’en indignent et décident de la faire interner à Montrose Asylum.

Là-bas, elle rencontre la fougueuse Jo et la fragile Lulla. Toutes les trois vont suivre la mystérieuse berceuse qui s’élève la nuit, les menant au sein d’un jardin abandonné…

Mon avis

Le dernier roman de Cécile ouvre la nouvelle collection du Chat Noir F. Nigripes, qui regroupe des « novellas fantastiques, teintées d’horreur, d’étrange ou de mystère, pour un concentré d’émotions et de sensations ». Un format et des thèmes qui, personnellement, sont mes favoris de lecture : je sens que je vais souvent craquer pour les ouvrages de cette collection !

Hazel fait partie de la bourgeoisie. Ces parents souhaitent la marier au plus vite avec un autre membre de la haute société, mais elle ne rêve qu’à écrire des histoires d’horreur. Quand sa mère découvre son penchant pour les récits horrifiques, elle traite sa fille de monstre et le couple décide de l’envoyer à Montrose Asylum pour traiter ses penchants déviants et la faire revenir à la raison en jeune femme modèle. Hazel va alors être obligée de sortir de sa bulle dorée et de se confronter à la réalité de son époque.

Alors qu’elle commence à peine à trouver sa voie, Hazel est stoppée net dans ses ambitions par ses parents conservateur qui ne voit pas d’un bon œil sa volonté de vivre seule et d’exercer un métier dans une grande ville. L’autrice met en avant la difficulté d’être une femme et de faire entendre sa voix à cette époque. Son destin est tout tracé pour ses parents : elle doit se marier et faire une bonne épouse, qui portera des enfants et tiendra la maison. Hazel rêve à bien d’autres choses et c’est son ambition et sa volonté d’indépendance, de liberté, qui vont la mener à Montrose Asylum.

Lors de son arrivée, Hazel fait la connaissance de Jo, une jeune femme qui a eu le malheur d’accepter un mariage arrangé et qui souhaite maintenant s’en dégager. Elle fait partie des femmes qui se rebellent et manifestent dans la rue contre la société qui ne leur donne aucun droit à part celui de servir l’homme. Leur amitié va ouvrir les yeux d’Hazel sur ce qui se passe à l’extérieur de son cocon de privilèges. Elle fait aussi la connaissance de Lulla, être fragile et taciturne, qui a bien du mal à s’ouvrir à cause de ce qu’elle a vécu.

La nuit, les trois femmes entendent toutes une douce berceuse qui s’élève derrière une porte du couloir. Elles vont la suivre et explorer les mystères de cette douce-amère comptine. S’agit-il d’un rêve commun ou de la réalité? Au cours d’une de leurs excursions nocturnes, une infirmière les surprend, et les traitements médicaux se durcissent : on se situe au temps des débuts de la psychanalyse, mais aussi des thérapies chocs qui laissent peu de chance aux patientes…

Cécile explore aussi la romance entre femmes à une époque où l’homosexualité était très mal vue. Encore une fois, le rôle de la femme est d’être épouse et mère, et une relation entre femmes va à l’encontre de ce principe même de la « nature ». La description du sentiment amoureux passe par la plume tout en douceur et poésie de l’autrice, mais aussi par des extraits de poèmes de Renée Vivien, que j’ai pris grand plaisir à lire.

Mina M a réalisé une magnifique couverture pour cet ouvrage, avec douceur et onirisme. La mise en page interne est tout aussi soignée, agrémentée de paillons de nuit et de lierre. Un petit plus qui rend la lecture encore plus agréable !

Citations

« Ainsi déracinée, n’allais-je pas faner et mourir? »

« -Écrire? Tu peux oublier. C’est interdit.
– Quoi ?
Comment allais-je rédiger mes histoires, celles qui palpitaient sous mon crâne, menaçant de faire exploser ma tête? »

« Ce qui était le plus triste, c’était le ton avec lequel elle avait parlé. Comme si c’était une évidence. Comme si c’était normal. Comme si tout ce qui la définissait, c’était cette main. Elle était tellement plus que ça. Elle était la lumière au sein des ténèbres, le souffle doux de la brise sur les pétales fragiles de cette existence à Montrose. La candeur et la pureté incarnées. »

Conclusion

Un roman court qui explore l’émancipation féminine à une époque où les femmes se battent pour leurs droits. Une protagoniste attachante qui rêve de voler de ses propres ailes, mais que le poids de la société retient au sol. Une histoire tout en douceur et poésie dans un contexte sombre de répression.

extra1

#FungiLumini

5 réflexions sur “Lullaby #PLIB2022

  1. Je l’ai vu à la masse critique et je le voulais mais je ne l’ai pas eu. Ce sont des choses qui arrivent, mais en lisant ton avis, je suis un peu déçue de ne pas l’avoir eu. Par contre, finalement, l’histoire est loin d’être tranquille comme la couverture magnifique se dit en passant.

    J’aime

  2. Pingback: Lullaby, Cécile Guillot – Les histoires de Lullaby – Magali Lefebvre

  3. Pingback: Lullaby – Cécile Guillot : poésie et féminisme face à l’indicible – Moonlight Symphony

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s