Le jour où l’humanité a niqué la fantasy

Titre : Le jour où l’humanité a niqué la fantasy

Auteur : Karim Berrouka

Illustrateur : Diego Flavio Tripodi

Éditeur : ActuSF

Genre(s) : fantasy

Nombre de pages : 432

Au départ, il y a un lutin qui hurle « Vous avez niqué la fantasy ! » alors qu’il retient en otage plusieurs personnes dans une bibliothèque. Et puis il y a le coup d’un soir d’Olga qui se met à déconner et à foutre le feu à son appartement, avant d’aller brouter les pissenlits par la racine. Et il y a aussi les trois punks Jex,
Skrook et Pils qui doivent jouer au Festival du Gouffre tandis qu’il se passe de drôles de trucs dans la forêt d’à côté.

Karim Berrouka, auteur du Club des Punks contre l’apocalypse zombie (prix Julia Verlanger) revient avec Le jour où l’humanité a niqué la fantasy. Membre émérite de la World Grouilleux Academy of Fariboles et professeur de fantasy appliquée à Normal Sub, livre ici un récit autobiographique indispensable pour la compréhension de l’univers et le salut de l’humanité.

Mon avis

Voici un livre que j’avais grande hâte de découvrir ! J’ai adoré les précédents textes de l’auteur, toujours entre humour absurde et critique de la société, le titre de cet ouvrage promettait encore du lourd. Karim Berrouka revient vers la fantasy avec ce roman : les êtres qui la peuplent en ont marre qu’on les parodie de façon ridicule et invraisemblable et vont le faire savoir !

On suit plusieurs personnages sur plusieurs temporalités différentes : des punks qui se rendent à un festival dans un petit village paumé, un couple d’enquêteurs paranormaux, des auteurs en perdition, une jeune fille dont l’appartement vient de prendre feu à cause d’un lutin qui jouait à l’hélicobite cracheur de flammes, ainsi que diverses créatures fantastiques. Ces dernières en ont marre que les humains croient en des clichés absurdes les concernant : non, les lutins ne sont pas des nabots, non, les sirènes ne sont pas des gourdes à queue de poisson, et ne parlons même pas des licornes ! Ils ont un plan pour regagner leurs lettres de noblesse, mais c’est sans compter sur l’indifférence générale de l’humanité à leur cause.

Les chapitres sont très courts et s’enchainent rapidement, ce qui donne un rythme de croisière soutenu à cette lecture, voyageant entre les personnages, les temporalités et les dimensions. J’ai parfois été un peu perdu dans ce découpage très haché du texte, car les points de vue sont tout de même nombreux. On y retrouve bien sûr la plume acérément punk et drôle de l’auteur, très fleurie par moments, des références de pop culture/imaginaire, et surtout, une description tout à fait réaliste des créatures de fantasy, qu’on croit si bien connaitre mais dont la perception nous est faussée par tous ces auteurs de fantasy qui les imaginent n’importe comment et qui ont ancré ces clichés dans notre réalité.

J’ai trouvé très sympa de planter un des décors dans le cadre des Imaginales, surtout en cette période d’incertitudes quant à la tenue ou non du festival. Cela m’a rappelé de très bons souvenirs…et m’a rendue un peu nostalgique. Trois auteurs font les frais des créatures fantastiques, mais pas seulement : Karim Berrouka s’attaque aussi à son éditeur ! Voilà ce qui arrive quand on publie des ouvrages qui ne représente pas la fantasy véritable… 😀

J’ai aussi beaucoup aimé découvrir aux côtés des punks l’Affre-Monde, dimension de la fantasy. Pas facile de donner une quête héroïque quand la damoiselle en détresse est destroy et chaotique et le héros défoncé et rebelle. Dans les créatures magiques, j’avais ma préférence pour le quintuor de lutins délurés et délirants, ainsi que pour les fées globigluantes ! J’ai aussi apprécié Saint Baptiste et Démon, ainsi que la révélation finale sur leur identité.

Chaque personnage humain a l’air plutôt blasé par ce qui lui arrive, se laissant porter par les événements sans vraiment y être autre chose qu’observateur/suiveur. J’ai apprécié ma lecture, mais je me suis parfois laissée entrainer par cet état d’esprit, si bien que j’avais quelquefois l’impression de me promener de cliché en blague sans vraiment que cela ne mène quelque part. J’aurais apprécié des personnages plus forts, plus impliqués chez les humains.

Citations

« Enculée de bâtarde de zone marécageuse. Allez, viens la grotte ! Allez, viens le gouffre ! Tu sais ce que je lui dis, moi, à ton panneau sens interdit, madame la forêt primordiale protégée des punks protégée des touristes protégée de la modernité ? Nique l’humus ! Fuck les glands ! No future pour les chênes centenaires ! Tu la vois ma révolution industrielle ! Comment on va te raser la frondaison et te défoncer tes petits bolets tout nazes qui… »

« Tu as raison, Flitabex. Ne prenons pas de risques inutiles. Méfions-nous des crétins. »

« Je reconnais que vous m’avez surpris… Niveau destruction, vous êtes les Mozart de la dévastation, les De Vinci du nivellement par le chaos, les Charles VI du bouquet final ! »

Conclusion

Après « Fées, weed et guillotines », Karim Berrouka revient vers la fantasy et nous propose un roman atypique comme il sait si bien les faire : drôle, absurde, punk, acerbe et critique. Les créatures magiques en ont marre qu’on les parodie et viennent rétablir la vérité… à leurs risques et périls !

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#FungiLumini

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