Les Métamorphoses, tome 1 : Vita Nostra

Titre : Les Métamorphoses, tome 1 : Vita Nostra

Auteurs : Marina et Sergueï Diatchenko

Éditeur : L’Atalante

Genre(s) : fantasy/fantastique

Nombre de pages : 528

Vita nostra brevis est, brevi finietur…
« Notre vie est brève, elle finira bientôt… »

C’est dans le bourg paumé de Torpa que Sacha entonnera l’hymne des étudiants, à l’« Institut des technologies spéciales ». Pour y apprendre quoi ? Allez savoir. Dans quel but et en vue de quelle carrière ? Mystère encore. Il faut dire que son inscription ne relève pas exactement d’un choix : on la lui a imposée… Comment s’étonner dès lors de l’apparente absurdité de l’enseignement, de l’arbitraire despotisme des professeurs et de l’inquiétante bizarrerie des étudiants ?

A-t-on affaire, avec Vita nostra, à un roman d’initiation à la magie ? Oui et non. On évoque irrésistiblement la saga d’Harry Potter et plus encore Les Magiciens de Lev Grossman. Mêmes jeunes esprits en formation, même apprentissage semé d’obstacles. Mais c’est sur une autre terre et dans une autre culture, slaves celles-là, que reposent les fondations d’un livre qui nous rappellera que le Verbe se veut à l’origine du monde. Les lecteurs de fantasy occidentale saturés d’aspirations à l’héroïsme tous azimuts en seront tourneboulés.

Mon avis

Voilà un livre qui m’intriguait beaucoup, avec une sublime couverture très mystérieuse, mais que je voyais absolument partout, et comme je déteste les effets de mode, je ne l’avais pas acheté. Et puis, Manon l’a lu, et son avis m’a donné envie de donner sa chance à ce roman…et j’ai tellement bien fait, cette lecture était excellente !

Sacha est en vacances à la mer avec sa mère lorsqu’elle croise le chemin d’un homme étrange qui lui demande d’aller se baigner nue tôt le matin tous les jours. Elle se rend assez vite compte que des malheurs arrivent si elle n’obéit pas. De retour chez elle, le même homme la retrouve dans le parc et lui donne de nouveaux ordres, qu’elle va suivre à la lettre. Quand il va lui dire qu’elle doit allerétudier les « technologies spéciales » dans la petite université de province de Torpa, elle va une nouvelle fois obéir, même face à l’incompréhension et à l’exaspération de sa mère et de son nouveau beau-père. Voilà une histoire qui commence de façon originale.

On va suivre Sacha durant ses trois premières années d’étude. Sur place, personne ne sait lui dire ce qu’elle va étudier, même les élèves des années supérieures. On se rend vite compte quand Sacha est en deuxième année que ces étudiants ne lui mentaient pas quand ils disaient ignorer ce qu’ils apprenaient ! On expérimente les difficultés de la jeune fille à étudier des matières absconses et à faire des exercices nébuleux en apprenant par cœur des segments qui n’ont aucun sens. On ne comprend rien à ce qu’elle fait, mais le récit reste pour une raison incompréhensible passionnant et surtout fascinant. Elle va repousser les limites de ce qu’elle apprend pour aller toujours plus loin, voire trop loin, se mettant régulièrement en danger sans le savoir. Elle sait aussi qu’un échec pourrait avoir des conséquences dramatiques pour sa famille et refuse que cela arrive par sa faute.

Sacha est plutôt asociale et passe énormément de temps à étudier et à progresser, ce que jalouse certains de ses condisciples qui n’arrivent pas à tenir un tel régime. L’angoisse de l’échec est un spectre qui plane au-dessus de tous et qui dépose une chape de tension et de stress sur l’université. L’ambiance n’est presque jamais à la fête, les conditions sont rudes, les professeurs exigeants. Et personne n’ose s’y opposer de peur des conséquences.

On suit le quotidien de notre jeune protagoniste, ses amourettes qui lui apporteront le peu de joie et de tristesse qu’elle ressentira lors de ces années d’étude avec un certain sentiment de voyeurisme. On va s’attacher à Sacha, avoir envie qu’elle réussisse pour enfin découvrir à quoi l’auront mener ses 3 années d’études, qu’elle puisse enfin découvrir où vont les troisième année qui ont réussi leur examen, qu’elle rejoigne ceux à qui elle tient et qu’elle soit épanouie. Elle a tout d’une jeune fille fragile et sans expérience quand on la rencontre et on va la voir évoluer, expérimenter, grandir, et enfin voir la chrysalide exploser pour révéler sa véritable nature.

J’avoue vers la fin avoir eu du mal à saisir certains concepts, mais cela n’a rien enlevé à mon plaisir de lecture. Ce roman est atypique, bizarre, étrangement addictif, angoissant, fascinant, bref, je l’ai adoré. J’ai vraiment hâte de voir ce que le tome 2, axé sur l’univers des jeux vidéos, va nous proposer ! En tout cas, cette fois, je l’achèterai direct !

Citations

« Toutes les deux, enfermées dans leurs routines quotidiennes, s’étaient interdit de penser à l’extraordinaire, chacune pour ses propres raisons. Et, pendant un certain temps, elles y avaient toutes deux réussi. »

« – Écoutez bien, étudiants, fit sèchement Portnov. En réalité, chacun de vous se trouve exactement dans la situation de Samokhina. Vous êtes aveugles. Vos regards sont plongés dans les ténèbres.
Les rires cessèrent.
– Le monde tel que vous le voyez n’existe pas. Quant à l’image que vous vous en faites, n’en parlons pas. Certaines choses vous paraissent évidentes et acquises, pourtant elles n’existent pas. »

« Voici ce que je pense : puisqu’on peut manifester des entités, c’est qu’on peut vraisemblablement les reformer. Créer quelque chose qui n’a jamais existé et ne pas se contenter de projeter des idées. Je suis un projecteur, je jette des ombres sur l’écran… Mais est-il quelqu’un qui crée des entités ex nihilo ? A ton avis, peut-on créer à partir de rien? »

Conclusion

Un gros coup de cœur pour ce roman unique en son genre. Sacha, jeune protagoniste attachante, un peu naïve et assidue, va être forcée d’étudier les technologies spéciales dans la plus saugrenue des universités. On passe d’étrangetés en bizarreries, de concepts abscons à des segments sans queue ni tête, et pourtant, on est fasciné par ce monde tout à fait à part, dans lequel chaque mauvaise note peut avoir de lourdes conséquences. Une expérience de lecture inédite que m’a ravie !

coup de coeur
ovni

#FungiLumini

Une réflexion sur “Les Métamorphoses, tome 1 : Vita Nostra

  1. Comme toi la hype m’avait fait peur puis j’ai craqué et bon sang en voilà une expérience littéraire de génie !! Et comme toi je ne vais pas attendre longtemps avant de lire le tome 2 😂 enfin quand il sortira mais c’est cette année normalement 🤞

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s