Chroniques Macabres

Titre : Chroniques Macabres

Autrice : Sully Holt

Illustratrice : Cécile La Gravière

Auto-édition

Genre(s) : fantastique/horreur

Nombre de pages : 314

Les contes de fées vous fascinent ?

Et si… Barbe-Bleue ne cherchait finalement que le grand amour ?
Et si… le Petit Poucet et ses frères n’étaient pas si innocents qu’on le pense ?
Et si… la nature pouvait se révéler sombre et cruelle pour venir en aide à un enfant ?

Les chroniques macabres revisitent les contes de fées de notre enfance avec un zeste d’horreur et un doigt de magie ancienne. Mêlant les époques et les lieux, elles redessinent les frontières de notre réalité.

Laissez-vous séduire par le pouvoir des ombres et plongez dans les méandres de ces dix histoires extraordinaires.

Mon avis

Voilà un petit temps que j’avais envie de lire un recueil de nouvelles d’horreur. Quand j’ai vu passer la campagne Ulule pour ce projet de recueil de contes macabres inspirés des contes de fées, je n’ai donc pas pu résister ! Un ouvrage très soigné qui comporte à chaque début de nouvelle une illustration noir et blanc de paysage, un petit plus que j’ai grandement apprécié ! Voici ce que vous pourrez y déguster :

Le collectionneur

Une histoire romantique inspirée du conte de Barbe Bleue. Un amour passionnel, intense, que la curiosité menace à chaque nouveau voyage du protagoniste. Celui-ci cache pourtant une collection des plus intéressantes !

« Grâce à toi, la bête malade qui vivait au seuil de ma raison se soumettait à tes caresses en ronronnant, et je rêvais de nouveau d’un avenir possible.
Quel imbécile… »

Morketid

Pour subvenir aux besoins de ses 6 petits frères, l’ainé se prostitue jusqu’au jour où il est repéré par un proxénète qui menace sa famille s’il ne fait pas ce qu’il lui demande. Une revisite du Petit Poucet mode nordique !

« Il se maudit de s’être laissé avoir de cette manière, d’avoir baissé sa garde, d’avoir pris tous ces risques. Mais il faut bien manger. Et survivre. Il n’est pas seul. Ses frères comptent sur lui. C’est pour ça qu’il se vend chaque nuit depuis le départ de leur mère. »

Verte l’eau

J’adore le conte de La princesse et la grenouille, et l’autrice l’a revisité de façon super originale, la princesse devenant un jeune riche blasé et la grenouille une créature des marais en manque d’amitié.

« Chaque nuit, le petit monstre à la peau moite se glisse auprès de lui et l’étreint de toutes ses forces en souriant comme un possédé. Il s’affaiblit pourtant, et il lui serait facile de le chasser avec l’aide des serviteurs. Mais il s’y refuse. »

El Abuelo

C’est au tour de la Belle au bois dormant d’être réinterprété de façon totalement différente avec un artiste insomniaque piqué par une épine de cactus comme protagoniste.

« Son esprit lui suggère des choses qui ne sont pas vraiment là. Le mur n’est pas en train d’onduler, personne ne l’observe, recroquevillé derrière le canapé. Cette tache blanche à la périphérie de son champ de vision n’est pas un spectre. Il n’y a rien qu-dessus du placard de la cuisine, rien d’embusqué non plus derrière les rideaux du salon. D’ailleurs il suffit qu’il se déplace pour que tout s’estompe. Tout n’est que mirage. »

Jacob

Une revisite audacieuse de Jack et le haricot magique, dans laquelle Jacob est un déporté juif à Auschwitz. Son « travail » consiste à vider les chambres à gaz après extermination. Il lutte chaque jour pour ne pas sombrer dans la folie, et ses plans d’évasion échouent les uns après les autres. Une lueur d’espoir subsiste, mais beaucoup d’obstacles se dressent entre lui et la liberté.

« Jacob sait qu’on peut survivre à la faim et aux coups, qu’il suffit d’être fort. Ce qu’il ignore, c’est qu’on ne peut pas lutter contre la folie. Elle est là, à la périphérie de votre esprit, prêt à s’y faire une place, le moindre événement peut briser votre raison et Jacob ignore combien de temps il sera capable de la repousser. »

Rouge

Des déserteurs attaquent un foyer. Une fillette essaie de sauver son petit frère en l’emmenant au cœur de la forêt, auprès de leur grand-mère. Seule face au froid, aux loups et aux hommes avides de violence, parviendra-t-elle à son but à temps ? Le Petit Chaperon Rouge donne du mal au chasseur !

« Quelque chose se comprime puis se brise et une meurtrissure insupportable lui marque le cœur au fer rouge. La souffrance la ronge. Elle lui brûle les entrailles et la fillette la laisse tout envahir. Devenir rage et fureur. Sang et colère. Une pulsion écarlate qui efface le froid, la glace, le chagrin. »

Alfonso

Une reprise du conte d’Aladdin dans un contexte de dictature, de révolte et de torture. J’ai un peu moins accroché au protagoniste de cette nouvelle, mais ce texte développe des questions éthiques très intéressantes.

« (Le temps) s »écoule plus lentement que le plus long des hivers sans lumière. Lent et infini comme les siècles qui ont formé la glaces des continents, les montagnes qui s’élèvent au-dessus du sol ou les géants millénaires qui défient la gravité en dominant la terre. C’est une prison d’éternité. »

Sœurs-Sirènes

La Petite Sirène et ses sœurs ont frappé un navire, mais ont laissé un survivant. Celui-ci veut absolument percer le secret de ces créatures qui hantent la plage. Comme on l’a déjà vu précédemment, la curiosité est un vilain défaut !

« Elles revinrent, nuit après nuit. Malgré les menaces, les coups et les injures. Elles étaient liées à l’océan. Elles ne pouvaient plus s’éloigner. »

Venez à moi

Le joueur de flûte d’Hamelin s’est délocalisé à la montagne. Un homme en phase terminale de cancer voit son lieu de vie en pleine nature se faire coloniser par les chercheurs d’or. Il décide de répondre à la vermine par la vermine.

« Aujourd’hui, je me sens bien. Je sais que les choses se termineront aux pieds des montagnes. Que ce sera comme boucler une existence que j’ai voulue différente, de la manière dont je l’ai toujours rêvée. »

Rêves de chair

C’est le seul conte que je n’ai pas su identifier bien qu’il m’ait rappelé la Bête du Gévaudan. J’ai beaucoup aimé cette histoire d’un homme défiguré par la guerre autant physiquement que psychologiquement et qui tente de recoller les morceaux de son corps et de son esprit brisés.

« Il était dangereux. Il était damné. Il devait disparaître. »

Conclusion

Un recueil de grande qualité, qui m’a beaucoup plu dans son ensemble : les nouvelles traitent des contes de fées de façon originale, montrant une face sombre de ceux-ci. L’autrice reprend de grands contes classiques, mais aussi des moins populaires, mais tout aussi intéressants. Elle y ajoute une touche d’horreur, d’angoisse qui pimente le tout. Les illustrations noir et blanc donnent aussi un ton mélancolique et rêveur à l’ouvrage. Une très chouette découverte !

extra1
public averti horreur

#FungiLumini

Une réflexion sur “Chroniques Macabres

  1. Pingback: #ProjetOmbre – bilan du premier trimestre | OmbreBones

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