Les tentacules

Titre : Les tentacules

Autrice : Rita Indiana

Illustrateur : ValK

Éditeur : Rue de l’échiquier

Genre(s) : réalisme magique

Nombre de pages : 176

« Dans ce roman inclassable à l’énergie punk, où les époques et les personnages s’entremêlent, vous croiserez les divinités afroantillaises des Caraïbes, les chansons d’ABBA et la musique électro, les boucaniers chasseurs de bétail sauvage, les gravures de Goya et le performance art…
En 2027, dans une République dominicaine marquée par plusieurs catastrophes écologiques, Acilde, adolescente pauvre, est depuis peu la servante d’Esther Escudero, grande prêtresse de la Santería. Elle cherche à vendre illégalement l’anémone que possède sa patronne pour acquérir le Rainbow Bright, une drogue qui lui permettrait de changer de sexe sans intervention chirurgicale. Simultanément, au début des années 2000, Argenis, artiste en perdition, est invité en résidence par un couple de mécènes qui souhaite créer un sanctuaire marin afin de protéger les récifs coralliens de Sosua.
Entre Blade Runner de Ridley Scott et La Tempête de Shakespeare, l’intrigue se déploie comme des tentacules, et part à l’abordage de sujets aussi forts que l’identité sexuelle, les désastres écologiques ou les inégalités sociales, avec, pour ligne d’horizon, une question essentielle : si nous pouvions changer le cours de l’histoire, jusqu’où serions-nous prêts à aller ? »

Mon avis

Je remercie les éditions rue de l’échiquier pour l’envoi de ce roman ! La quatrième de couverture annonçait un récit entre Blade Runner et Shakespeare, avec une énergie punk, ce qui m’a tout de suite intriguée. Je ne connaissais pas encore l’autrice, ni la maison d’édition, c’était l’occasion de les découvrir ! La couverture et la maquette intérieur du livre sont très travaillées et assez intrigantes.

On suit plusieurs fils narratifs dans ce roman : celui d’Alcide, jeune fille qui veut devenir un homme grâce à une nouvelle drogue et qui travaille chez la voyante Esther pour se payer ce luxe, Argenis, artiste raté qui va se voir offrir une opportunité en or mais qui va devoir faire face à une double réalité, ainsi que d’autres personnages plus secondaires. On a du mal au départ à voir comment tous ces chapitres ont un lien, mais on remonte petit à petit les tentacules d’une étrange anémone de mer pour arriver à la solution.

J’ai apprécié dans ce récit la multitude d’époques et d’ambiances qu’on explore. On débarque avec Alcide dans une République Dominicaine ravagée par les catastrophes écologiques, laissant le pays dans un état déplorable. J’ai presque cru à une apocalypse Z lors de ma lecture des premières pages. On revient à notre époque avec Argenis et ses collègues avec une vision plutôt clichée des résidences d’artistes. On explore aussi le passé des flibustiers à travers sa « double-vie ». D’autres passages plus courts nous emmènent encore en différents lieux, différents temps, ce qui donne un voyage haut en couleurs et en expériences !

Dans ce roman, diverses formes d’arts, de cultures et de croyances sont évoquées. Encore une fois, on observe les modes de vie et les traditions des différentes époques. La magie et la religion y ont une place importante. Un lexique des dieux de la Santeria est d’ailleurs proposé à la fin de l’ouvrage pour aider le lecteur à s’y retrouver. J’ai aimé cette part de mysticisme, d’obscures dévotions et de mystères étranges.

Si j’ai bien aimé suivre les différentes histoires, j’ai trouvé que différentes thématiques importantes étaient abordées – l’écologie/la survie des espèces menacées, l’identité sexuelle, la fable sociale…, mais peut-être un peu trop en surface. Cette multiplicité de thèmes forts a fait que je n’ai pas eu l’impression d’en développer un vraiment à fond, et j’ai trouvé ça un peu dommage.

J’ai aimé suivre les aventures des différents protagonistes, mais je ne me suis jamais vraiment attachée à eux à cause de leur nature atypique, presque toujours multiple sur le plan temporel. Ils sont animés de grands sentiments: passion, colère, dévotion, obstination… qui vont les pousser à accomplir leur destinée… ou à les faire échouer.

Citations

« Quand on le remonta à la maison, il avait l’air d’un poisson porc-épic, la tuméfaction allergique causée par le contact avec l’anémone était telle qu’on ne discernait plus ni ses yeux, ni ses dents. Heureusement, Linda, qui possédait un auto-injecteur d’adrénaline, lui fit une piqûre. Elle savait que l’anémone Condylactis gigantia, abondante à Playa Bo, n’avait pas assez de venin pour être fatale à l’être humain, sauf en cas d’allergie grave. Il demanda à Elizabeth de prendre son appareil photo numérique pour immortaliser cette curieuse monstruosité avant que son visage ne soit, quelques heures plus tard, revenu à la normale. »

« Ayant compris que les flibustiers lui accordaient quelque répit la nuit et que la journée il leur appartenait en rêve même s’il ne dormait pas, Argenis décida d’attendre le lever du soleil pour se mettre au lit. Psychiquement épuisé, il se moquait bien des théories d’Ivan sur Goya. Dès qu’il s’endormit, il se retrouva avec les hommes de Roque, en train de cheminer sur un terrain marécageux, couvert de ronciers et de raisiniers. »

Conclusion

Une fresque historique et sociale teintée de magie et d’écologie, des personnages atypiques aux destins croisés nourris par de grandes passions. Un roman choral déroutant et original !

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#FungiLumini

Une réflexion sur “Les tentacules

  1. Pingback: Les tentacules / Les Abysses: j’ai pas réussi… – Nom d'un bouquin!

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