Désolation

desolationTitre : Désolation

Auteur : Jean-Philippe Jaworski

Illustrateur : Melchior Ascaride

Éditeur : Les Moutons électriques

Genre(s) : roman graphique fantasy

Nombre de pages : 144

Dans l’univers du Vieux Royaume, un bel hommage à Tolkien.

Pour une caravane de montagne, c’est une solide bande : vingt guerriers nains bardés de fer, trente gnomes chargés comme des baudets et autant de mules qui croulent sous les paquetages. Pourtant, un calme lugubre fige le camp : ni chanson à boire, ni chamaillerie, ni plaisanterie salace. Ils ont la frousse.

Mon avis

Je ne suis pas une grande fan de Tolkien (je ne m’y suis essayée qu’une fois plus jeune, et ça a été assez pénible 😀 ), mais par contre, j’adore la collection de la Bibliothèque Dessinée des Moutons électriques ! Je trouve fascinante la façon dont le texte se mêle à l’image pour raconter une histoire. Il me semble avoir lu dans une interview que ce texte était le premier a n’avoir pas été conçu spécifiquement pour ce format et que donc l’illustrateur a eu plus de libertés, mais aussi plus de challenge à mettre cette novella en page.

Des seigneurs nains partent en expédition pour ravitailler un de leurs voisins alors que celui-ci est assiégé. Afin d’arriver à temps à Weorburgh, l’itinéraire prévoit de passer par la vallée de Wyrmdale, dite habitée par un terrifiant dragon. Alors que les guerriers nains n’ont aucune hésitation, la peur s’insinue chez les porteurs gnomes et les mules… Une peur viscérale de ce qui sommeille dans les profondeurs de la vallée, et ils n’auront bientôt d’autre choix que de plonger dans la noirceur des mines…

La mise en page de cet ouvrage est en bichromie noir/orange, des couleurs qui collent super bien au récit, dans lequel un mystérieux dragon attend son heure pour cracher son feu dévastateur. J’ai encore une fois adoré les illustrations de Melchior Ascaride dans ce roman : ces traits sont épais, bruts, leur relief s’accorde à merveille avec le texte. Le dragon n’est pas là et pourtant, on sent sa présence émaner des pages, on l’aperçoit du coin de l’œil et on attend qu’il apparaisse enfin. Les mots deviennent illustrations et inversement, pour le plus grand plaisir du lecteur!

Si j’ai été très emballée par la partie visuelle de l’ouvrage, je l’ai moins été par le texte. J’ai bien aimé suivre l’expédition, mais les personnages nains sont les clichés de ce qu’ils sont en fantasy : bourrus, têtes de mule, arrogants, voire violents… J’ai vraiment été exaspérée par leur comportement stéréotypé. Ils étaient de plus très condescendants envers le contremaitre gnome, d’une race qu’ils considèrent certes comme inférieure, mais qui est pourtant l’instigateur de nombreuses bonnes idées tactiques et qui a des connaissances très utiles, que les nains encore une fois ne veulent pas lui reconnaitre.

Bien que le roman soit très court, il y a une forte tension narrative : on est pressé d’un côté par le temps qui risque de manquer et les ordres crachés par les seigneurs nains. Il faut se dépêcher dans la vallée, mais tout en silence et délicatesse, de peur d’éveiller le dragon. On a presque peur du bruit des pages qui tournent. La peur s’accentue encore lorsque les troupes se retrouvent acculées et n’ont d’autre choix que de plonger, encore plus près du danger, dans le cœur des mines. Une tension relâchée dans un final explosif et violent.

Citations

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Conclusion

Un roman court illustré en bichromie noir/orange : une mise en page incroyablement réussie, brute et mystérieuse, dans laquelle le dragon rode sans se dévoiler…ou presque. Des personnages clichés de fantasy entreprennent une expédition dangereuse : ils doivent traverser la vallée du dragon. La tension narrative est forte, et le moindre bruit nous fait sursauter, alors que l’ombre du dragon plane sur les guerriers et leurs porteurs.

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#FungiLumini

2 réflexions sur “Désolation

  1. Je partage en partie ton avis, même si je pense être plus sévère. J’ai trouvé qu’on sentait que l’auteur et l’illustrateur n’avaient pas travaillé ensemble (alors que pour « Tout au milieu du monde », que j’avais lu juste avant, on devinait qu’il y avait un vrai travail de coopération). Même si le travail de Melchior Ascaride est toujours aussi chouette, l’agencement et le découpage du texte m’ont parfois paru mal adaptés au dessin correspondant (je ne peux plus te donner d’exemple précis car j’ai rendu le roman, je l’avais emprunté juste avant le confinement). Et puis, bon, ce n’est pas le meilleur roman de Jaworski, même si l’écriture est soignée et le final sympa.

    Aimé par 1 personne

    • Je trouve que le travail d’illustrations est super, mais effectivement, l’image ne prend jamais la place du texte, comme dans les autres de la collection, et c’est dommage, parce que c’était un aspect super intéressant ! Je n’ai rien lu d’autre de Jaworski, donc je ne peux pas juger 😀 J’ai hâte en tout cas de découvrir les deux prochains titres de la collection pour cette année 🙂

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