Frantz

9782361836146-475x500-1Titre : Frantz

Auteur : Dominique Douay

Illustrateur : Sébastien Hayez

Éditeur : Les Moutons électriques

Genre(s) : science-fiction

Nombre de pages : 144

Ce monde a été colonisé, terraformé, puis on l’a oublié. Et lorsque la planète-mère, exsangue, envoie un vaisseau voir ce qu’il est advenu de sa colonie, son équipage, trois repris de justice, découvrent un désert où toute vie a disparu. Enfin, presque.

Sur Terre, c’est l’effondrement général, et les trois hommes, désormais livrés à eux-mêmes, se demandent que faire de leur liberté dans ce monde vide.

La première nuit, l’un d’eux disparaît, en abandonnant tout : ses vêtements, ses chaussures. Idem pour le deuxième, la nuit suivante. Le dernier doit choisir, se lancer seul, nu, dans une traversée du désert qu’il sait ne mener à rien, ou tenter de quitter cette planète. Car le vaisseau qui les a amenés là a été prévu pour un voyage retour. Fatale erreur.

Mon avis

J’adore la collection graphique des éditions Les Moutons électriques. J’avais déjà lu Tout au milieu du monde et  Ce qui vient la Nuit, et j’avais hâte de découvrir les titres suivants, c’est pourquoi j’ai participé à la campagne participative pour le futur de la maison d’édition, catégorie graphique. J’ai reçu en même temps que ce roman, Désolation de Jean-Philippe Jaworski, qui a l’air génial également !

Ce roman se découpe en deux parties : la première se déroule dans l’espace, sur une ancienne colonie abandonnée de la Terre. Cette partie se divise aussi en deux : une lecture « normale » dans laquelle une entité qui assimile ce qu’elle trouve comme être vivant s’exprime, une autre pour laquelle il faut tourner le livre à 90° pour lire le rapport de l’astronaute Sammy Lepeautre sur la planète terraformée. La seconde partie prend place sur Terre, chez un être aux mœurs et pensées étranges.

Dans la première partie, trois anciens détenus sont envoyés dans l’espace pour vérifier que la planète terraformée il y a longtemps est toujours habitable. Point positif : l’air y est toujours respirable. Par contre, c’est devenu un désert et non un havre végétal comme prévu. Sur Terre, la société s’effondre et les trois apprentis astronautes ne savent que faire. Chaque nuit, un des leurs disparait mystérieusement : partent-ils volontairement à l’exploration de ce monde étrange ou quelque chose les pousse-t-ils hors de leur tente ?

En tant que lecteur, on sait ce qui se prépare, même si ce n’est pas dit explicitement, puisqu’on a accès au flux de pensées de la créature qui a assimilé ce qui se trouvait sur la planète et qui se sent maintenant bien seule. Cet être n’élimine pas ce qu’il gobe : il l’importe en lui et lui propose une nouvelle existence, dans un monde répliqué par lui. Il n’a pas de conscience de ce qui est bien ou mal et veut seulement de la compagnie et découvrir de nouvelles choses. Son fil de réflexion évolue en observant les comportements des êtres qui l’habitent et du monde qui l’entoure, ce qui est intéressant.

Durant la deuxième partie qui se déroule sur Terre, j’ai un peu eu l’impression de lire La Métamorphose de Kafka, mais avec un personnage qui apprécie sa métamorphose, qui la vit comme une évolution positive de son être. Ce personnage tente de nous faire le récit de sa vie et de comment il en est arrivé où il en est, mais il est parfois un peu confus, ne présentant pas les éléments de façon chronologique et cachant parfois certaines choses pour y revenir plus tard.

Il a toujours été bizarre. Isolé du monde par ses parents richissimes, dévoreur de savoirs et de nourriture, il est devenu énorme à force d’ingérer tout ce qu’il trouvait. Sa rencontre avec la créature de l’espace va changer son existence à jamais… mais je vous laisse découvrir comment !

J’ai beaucoup aimé les graphismes de ce livre en bichromie vert glacé-noir, entre style abstrait graphique et images réelles, mais j’ai trouvé qu’ils apportaient moins au récit que dans les deux précédents ouvrages de la collection. Dans les autres, une partie de l’histoire passait uniquement par les images, c’était super original et très marquant dans la lecture. Ici, les illustrations dépeignent ce qui est raconté, mais je ne les ai pas trouvées essentielles à l’histoire. C’est un peu dommage.

Citations

« Non, tout le monde n’est pas contre moi. Je ne suis pas paranoïaque, enfin, pas plus que n’importe qui. C’est ici que tout le monde est contre moi. Au-dehors, personne n’est contre moi : tout le monde m’ignore. C’est pire, je trouve. Même si je suis maintenant le principal artisan de cette indifférence. »

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Conclusion

Un roman de S-F court en bichromie vert glacé-noir : une étrange créature qui assimile les êtres qu’elle croise et leur propose son monde à elle, un personnage « humain » hors normes, une narration en flux de pensées, des illustrations entre style abstrait et réalisme. Une lecture originale, mais qui aurait pu aller plus loin dans le développement de ses thèmes de réflexion.

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#FungiLumini

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