Célestopol

libretto-celestopol-chastelliereTitre : Célestopol

Auteur : Emmanuel Chastellière

Illustrateur : Jules Verne (rien que ça :D)

Éditeur : Libretto

Genre(s) : recueil de nouvelles steampunk/ SF

Nombre de pages : 352

Célestopol, cité lunaire de l’empire de Russie, est la ville de toutes les magnificences et de toutes les démesures. Dominée par un duc lui-même extravagant, mégalomane et ambitieux, elle représente, face à une Terre en pleine décadence, le renouveau des arts et la pointe du progrès technologique. On y suit des habitants en quête d’émancipation, rebelles, insoumis – à l’image de la métropole –, qui portent en eux des colères intimes et des fêlures profondes.
Dans ce volume de fantasy d’influence steampunk, l’auteur nous livre un hommage décalé et ambitieux au romantisme slave.

Mon avis

J’avais vraiment beaucoup aimé Le Village d’Emmanuel Chastellière, et j’avais repéré Célestopol l’an passé aux Imaginales, avec sa magnifique couverture couleur rouille, mais je n’avais pas craqué, mon budget n’étant pas illimité. :p J’ai cependant eu beaucoup de chance, puisque j’ai remporté un exemplaire du recueil dans sa nouvelle édition lors d’un concours. Merci donc à l’auteur pour ce livre dédicacé ! 🙂 C’est un des premiers ouvrages pour lequel j’ai du mal à dire si je préfère la couverture de l’ancienne ou de la nouvelle version, celle de chez Libretto correspondant aussi parfaitement aux récits.

J’écris « récits » au pluriel, car il s’agit d’un recueil de 15 nouvelles. Nous y découvrons la ville incroyable de Célestopol, colonie russe sur la Lune, bulle de civilisation au cœur de l’espace. Son dirigeant, le duc Nikolaï, est une figure presque mystique : il apparaît et disparaît sans cesse, se trouvant toujours où on ne l’attend pas et semblant toujours cacher quelque chose derrière son apparence de gentleman désinvolte. Il ne semble pas non plus vieillir, alors que le temps passe irrémédiablement sur la cité.

Tout comme le protagoniste de la nouvelle d’ouverture, nous découvrons pour la première fois la ville lunaire au travers d’un hublot et débarquons sur ses quais, à l’affût de toutes les nouvelles choses qu’on peut y observer. Dans les autres nouvelles, nous allons parcourir les différents lieux emblématiques de la cité : le palais du duc, les rues de la cité, ses toits, les maisons closes, le barrage de sélénium… Une ville sous cloche dans laquelle les classes sociales sont cloisonnées, les mineurs vivant dans des conditions plus que miséreuses alors que les riches ont un train de vie décadent, dans lequel gaspillage des ressources et abus divers de leurs privilèges sont monnaie courante. Nous allons aussi observer l’évolution des automates, qui deviennent de plus en plus des machines pensantes, et étudier la profondeur de leurs sentiments et ressentis.

Bien que le duc apparaisse dans toutes les nouvelles d’une manière ou d’une autre, la plupart des textes sont racontés sous la perspective des citoyens ordinaires de Célestopol : des travailleurs, artistes, journalistes, chercheurs, automates… Ils nous font découvrir les modes de vie au travers de leurs différents points de vue. J’ai particulièrement aimé le fait que, même si on changeait de protagonistes dans presque toutes les nouvelles, on s’attachait de plus en plus à ce monde à part, comme si au final les nouvelles formaient un tout homogène autour duquel les éléments gravitent, mais se retrouvaient toujours. On pourrait presque plutôt parler d’un roman avec des chapitres plutôt que de nouvelles !

Alors que dans les récits steampunk, la vapeur est le moteur de toutes choses, c’est ici le sélénium qui assure la pérennité de la ville, mais aussi de la Terre. Toutes sortes de nouvelles technologies sont présentées, certaines positives, d’autres clairement néfastes, d’autres encore pour lesquelles on hésite ou sur lesquelles on n’a plus de contrôle. On n’est d’ailleurs jamais sûr non plus des personnages : sont-ils bons ou mauvais ? à la solde du duc ou de sa mère ? J’ai beaucoup aimé cette ambivalence qui laissait un suspense dans chacune des nouvelles. J’ai d’ailleurs été de nombreuses fois surprise par les retournements de situations, et surtout par la fin (que j’ai beaucoup aimée) proposée par l’auteur.

Citations

« Les machines de ce genre n’avaient pas de véritables mains. À quoi bon ? Ils n’étaient pas faits pour les boudoirs ou les salons littéraires. Il n’avait pas vraiment de visage non plus. Juste de quoi remplacer des yeux et des oreilles, et de quoi émettre quelques sons articulés, mais rien de plus. Ils n’existaient que pour obéir aux ordres et prévenir leurs maîtres en cas de problème. »

« À cette distance, le dôme qui recouvrait la cité était à peine visible, se fondant dans les profondeurs de la nuit éternelle qui baignait cet astre mort. Mais le barrage, lui, l’était. Cette immense construction qui retenait le carburant de leur prospérité. À quel prix? Au prix d’une caste dirigeante se permettant tous les plaisirs et d’ouvriers qui tentaient tant bien que mal de survivre de leurs miettes dans les usines souterraines que la cité dissimulait évidemment à la vue de tous, bien loin des rêves qu’ils avaient cru trouver sur la Lune. Pour eux non plus, et pas seulement pour les automates qui hantaient les chambres des maisons closes, ce n’était pas une vie. »

Conclusion

Un recueil de 15 nouvelles qui nous envoie sur la Lune explorer l’incroyable et décadente ville de Célestopol. Un monde à part, nourri au sélénium, qu’on découvre au travers du point de vue de protagonistes de différentes conditions sociales. Un recueil qu’on lirait presque comme un roman, au final étonnant !

extra1

#FungiLumini

5 réflexions sur “Célestopol

  1. Pingback: Célestopol, d’Emmanuel Chastellière – Les Chroniques du Chroniqueur

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