Sorcière de Chair

DnHy-UuXgAA0ABmTitre : Sorcière de Chair

Auteure : Sarah Buschmann

Illustratrice : Emilie Léger

Éditeur : Noir d’Absinthe

Genre(s) : fantasy urbaine/ horreur

Nombre de pages : 368

Australie, 2016.

Sept ans après un massacre qui a décimé toute une famille, de nouveaux meurtres surviennent à Melbourne. Des homicides si sordides que la Sorcellerie de Chair, taboue depuis les grandes chasses qui ont déchiré le pays, est évoquée.

Pour Arabella Malvo, lieutenant de la brigade criminelle, ils s’avèrent particulièrement déstabilisants. Pourquoi les victimes lui ressemblent-elles comme des sœurs ? Le meurtrier la connaît-elle ? Pourquoi maintenant ?

Une chose est sûre : l’abîme qu’elle fuit depuis toutes ces années risque de s’ouvrir à nouveau sous ses pieds. Et cette fois, de l’engloutir pour de bon…

Mon avis

Après avoir découvert la plume de Sarah Buschmann dans une nouvelle (La Mort à mes pieds dans Ombres), j’avais très envie de voir dans quel univers elle nous emmènerait dans un roman. Elle a choisi l’Australie et les sorcières et nous entraîne dans une affaire sordide teintée de fantastique. Un premier roman réussi !

Pas de répit pour le lecteur, on plonge directement dans le roman avec une scène intense dans laquelle une petite fille assiste à l’assassinat de sa famille. Un prologue intéressant puisqu’il nous montre le pouvoir de la sorcellerie à laquelle nous aurons affaire ici. Nous rencontrons ensuite Arabella, policière, et son coéquipier Nolan alors qu’ils se rendent sur une scène de crime. Arabella suspecte directement la sorcellerie et les cas suivants vont la conforter dans son idée. Seulement, si Arabella connait si bien la sorcellerie, c’est parce qu’elle est elle-même sorcière, sous couverture, car les sorcières sont chassées et emprisonnées en Australie. Les victimes continuent à s’entasser, et toutes ressemblent étrangement à Arabella. Que cache cette étrange série de meurtres et quel lien y a-t-il avec la policière ?

Je vous le dis tout de suite, il faut avoir l’estomac bien accroché pour cette lecture : entre le prologue où on assiste à une série de meurtres horribles et le premier cas de l’enquête qui s’est épluché la peau pendant des heures, les premières pages vous annoncent la couleur (le rouge sang 😀 ). D’autres scènes sont moins sanglantes, mais psychologiquement assez dures.

Je ne suis pas très policier à la base, et j’avoue que parfois, les moments d’interrogatoire ou les questionnements et réflexions sur l’enquête m’ont parus un peu long. Par contre, j’ai adoré les flash-back de la protagoniste, qui nous font découvrir les pouvoirs des sorcières de chair, mais aussi une magie plus sombre et les rituels qui y sont liés. Je ne veux pas trop en dire, mais elle n’a vraiment pas eu une enfance facile, dans une famille qui n’en avait que faire d’elle. Elle a réussi à s’en sortir en payant le prix fort. J’ai aussi beaucoup aimé tous les lieux liés à la sorcellerie qu’on découvrait, endroits malsains à souhait.

Un autre élément que j’ai adoré dans ce livre est la personnalité des personnages. On est loin du manichéisme habituellement observé. Arabella et son collègue sont censés être les « gentils » de l’histoire, mais leur comportement est parfois violent, manipulateur, voire carrément horrible quand il s’agit de garder un secret. Il en va de même des autres personnages. Jamais l’auteure ne se complaît dans un schéma traditionnel, on ne sait jamais à quoi s’attendre et ça, c’est top !

J’ai apprécié le fait qu’il y ait une carte de l’Australie au début de l’ouvrage. On ne se rend pas toujours bien compte des distances (par exemple, notre protagoniste fait des allers-retours en avion et non en voiture, ce qui pourrait nous paraître exagéré) et cette carte est bien pratique pour se situer dans un pays que je ne connaissais personnellement pas beaucoup. Cela m’a aussi fait plaisir de découvrir un peu ce pays lointain au travers des pages de ce roman.

Un tout petit détail m’a gênée au  niveau de la mise en page : les numéros de bas de page étaient collé au bas de la page. En fait, j’ai l’habitude de mettre en évidence au crayon les passages que j’ai particulièrement aimés (pour les citations des chroniques entre autres) et j’entoure toujours le numéro de la page pour retrouver l’extrait plus facilement. Ici, pas facile donc d’entourer mon numéro de page. :p

Citations

« En 1974, une sorcière avait commis une série de meurtres à Sydney, ciblant de jeunes hommes blancs. La presse s’était emparée de l’histoire. Le terme « sorcière de chair » avait été créé par un journaliste pour nommer la meurtrière. En effet, ses victimes s’arrachaient des morceaux de chair à mains nues lors de soirées mondaines et mouraient vidées de leur sang. »

« Quelques badauds étaient restés auprès du cadavre encore chaud, par respect diraient-ils. Pour s’attribuer un rôle dans cette tragédie, surtout, et la raconter ensuite aux amis et à la famille d’un ton horrifié. Pour goûter le drame sans risque, inspirer l’odeur cuivrée du sang, les miasmes des entrailles. Effleurer la mort et se réjouir de ne pas être celui qui pue dans la fraîcheur du centre commercial. Éphémère sentiment de victoire que d’observer cette peau lisse refroidir, alors que la sienne, ridée et tachée, continue à palpiter d’un sang chaud. »

Conclusion

Sarah Buschmann signe un premier roman intense : une enquête sordide liée à la sorcellerie (magie ici noire et violente), un duo de policiers complices, mais pas trop, une protagoniste déchirée entre deux identités, une incursion dans l’univers de la police et de la sorcellerie. Une investigation prenante et surprenante à ne cependant pas mettre entre toutes les mains.

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public averti horreur

#FungiLumini

3 réflexions sur “Sorcière de Chair

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