Comment le dire à la Nuit

cldaln-previewTitre : Comment le dire à la Nuit

Auteur : Vincent Tassy

Illustratrice : Délicate Distorsion

Éditeur : éditions du Chat Noir

Genre(s) : fantastique gothique

Nombre de pages : 348

La dame en noir vivait seule dans son château. Elle ne pouvait pas mourir. De tout ce temps qu’elle avait, elle ne faisait rien. Et puis un jour, elle trouva sur son chemin le garçon aux cheveux blancs.

Elle l’enleva.

Elle voulait vivre une histoire. Une histoire d’amour et de nuit qui traverserait les siècles.

Mon avis

Après mes énormes coups de cœur pour Apostasie et Effroyable porcelaine, j’attendais avec grande impatience le nouveau livre de Vincent Tassy, mais aussi avec un peu d' »angoisse » : allait-il parvenir à me faire vibrer autant qu’Apostasie ?  Je vous rassure tout de suite, Comment le dire à la Nuit en est le digne successeur. Il est par contre très différent – là où Apostasie donnait plutôt dans la merveilleux sombre et le rêve, Comment le dire à la Nuit est plutôt dans le fantastique romantique. J’aime beaucoup le choix de couverture. Tout y est délicat, en nuances de noir et blanc : un magnifique travail réalisé par Délicate Distorsion. Je suis un peu jalouse de tous les blogueurs partenaires Chat Noir, parce que j’ai maintenant très envie de découvrir un roman de Barbara Cartland et qu’ils en ont reçu un dans la box surprise qu’ils ont reçue. :p Ce livre entre dans la catégorie « Vous prendrez bien un verre de True Blood? » du #pumpkinautumnchallenge.

On va suivre plusieurs narrateurs au fil de la lecture. La première chose que j’ai adorée, c’est l’ambiguïté de ces personnages et la façon dont l’auteur parvient en premier lieu à nous cacher leur véritable identité. J’ai pour ma part d’abord cru que Rachel était une vieille dame et que Parascève était une jeune femme asiatique. Je ne vais pas en dire plus pour ne pas spoiler, mais j’ai trouvé ce jeu des identités et des images de soi fascinant.

On apprend à connaître chaque personnage à son époque : sa vie, l’événement qui s’apprête à la changer et surtout sa rencontre avec le duo de protagonistes qui va lier toutes les histoires : Athalie et Adriel. Egmont est un jeune noble, amoureux d’un autre homme, mais qui doit se marier avec Carolina pour remplir les caisses familiales. Rachel est une jeune femme qu’un drame familial a rendue vide de toutes envies, exception faite de la musique de Cléopâtre. Elle va gagner un concours pour rencontrer son idole. Parascève est une transgenre qui travaille dans le milieu de la romance pure et dure. On entre dans chacune de ses vies et on s’attache énormément à chacun, pour une raison ou pour une autre. Si j’ai pour ma part été très touchée par les personnages d’Egmont et de Rachel, j’ai trouvé l’histoire de Parascève et de Hyun-Su belle à en pleurer.

La présence d’Adriel et d’Athalie, deux êtres totalement à part, flotte sur le roman, lui comme présence bénéfique et elle néfaste. Les moments où ils apparaissent ensemble sont très beaux, car il y a une forte dualité entre le fait qu’ils s’aiment à en mourir et qu’ils se détestent pour ce que chacun a fait subir à l’autre. C’est à travers leurs personnages qu’on retrouve le plus cette alliance entre la beauté et l’horreur qui m’avait déjà tant plu dans Apostasie.

La romance tient une part importante dans le roman, mais ce n’est pas un roman d’amour comme Parascève en publie régulièrement, où tout est rose et où tout finit toujours bien. Ce sont des histoires de tristesse, de douleur, de déchirements, ce sont de magnifiques histoires de véritable amour, que les épreuves renforcent, mais qui ne finissent pas toujours bien.

Les endroits qu’on visite sont particuliers : un cimetière dans lequel plus personne ne vient, une salle de bal désertée par ses invités, un sous-sol d’église abandonnée, une forêt hantée par une présence surnaturelle, un parc dans la nuit, une vieille tour dans un château. Des lieux qui dégagent une atmosphère gothique, sombre. Ces décors contrastent fort avec l’univers rose des romances que l’auteur met souvent en avant, que ce soit dans l’appartement de Parascève, ou même en ville vers la fin. J’ai trouvé cette dissonance entre les différents univers, visuels et mentaux, très intéressante. Pink is the new black !

Point final, mais non des moindres, la plume de l’auteur, toujours aussi grandiose. Elle garde cette magie et cette poésie qui la caractérise, mais est beaucoup plus mélancolique dans ce roman. On y retrouve ce rythme si particulier, envoûtant qui fait que je l’adore. La beauté de la nature est un peu moins présente, mais celle des personnages, de leurs sentiments et de leurs passions en est exacerbée et laisse une grande place aux émotions, des personnages comme du lecteur.

Je ne suis pas allée très loin pour trouver l’ambiance musicale qui, pour moi, colle parfaitement au roman, puisque j’ai écouté en boucle « Shades of Sorrow » d’Angellore (groupe de l’auteur) lors de ma lecture. 🙂

Citations

« Mourir? Et si Léopold n’était plus là, dans la mort ? Et si tout était fini ? La mort le terrorisait. Il fallait vivre, même une vie à chercher des fleurs dans un ravin brûlé, une vie à creuser le bois noir, à creuser la cendre, pour y trouver des bourgeons fragiles, des instants avec Léopold ; il fallait vivre, absent à tout ce qui n’était pas lui, le cœur serré toujours, il fallait vivre. »

« C’était plus beau, pensait Rachel, d’être fragile dans un monde où il fallait être fort. Plus beau d’être la lune plutôt que le soleil. Préférer la chlorose à l’éclat, aimer les fleurs qui s’effritent dans un vase où il n’y a plus d’eau, la langueur des sonates, les rideaux fermés.
Renier le corps. Aller contre lui. L’anémier.
Et dans le cœur, intérieur nuit. »

« Et tout le temps rêver de celui qu’il avait perdu.
Lui, lui, lui, toujours lui dans les rêves, les songes, toujours lui quand il regardait le ciel, la nuit, toujours lui, lui dont il avait oublié le visage, son visage il le réinventait chaque fois, il se souvenait juste de ses cheveux, de ses cheveux impossibles, et de sa pâleur, c’était ce qui restait de lui , ses cheveux, sa pâleur, et il rêvait de lui, et quand il ne rêvait pas de lui c’était tout comme, c’était rêver de lui aussi, de l’oublier, un seul instant, c’était encore envahir sa mémoire de sa présence, oui, c’était pour ça qu’il continuait à vivre, qu’il n’allait pas au soleil, alors qu’il n’avait jamais rien fait, rien, de tout ce temps qu’il avait, c’était pour ça qu’il restait, pour cette grâce immense que c’était, rêver de lui, ce gouffre de désir. »

« Adriel. Ton baiser. C’est par ton baiser que la nuit est venue en moi. Ton baiser me protège du néant de leurs bouches.« 

Conclusion

Un livre qui explore la romance à travers les âges. Chaque personnage est particulier, son histoire racontée avec tellement de sentiments et de détails qu’on ne peut qu’être touché par leurs drames. Athalie et Adriel vont lier tous ses destins. Une ambiance sombre et mélancolique qui envoûte le lecteur et le plonge au cœur de cet univers rose et noir. Un nouveau coup de cœur pour la plume de Vincent Tassy !

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#FungiLumini

11 réflexions sur “Comment le dire à la Nuit

    • Vincent Tassy est une valeur sûre côté plume, pour ce qui est du romantisme, il n’est pas gnangnan comme beaucoup actuellement mais il est parfois question de « sentiments élevés », un peu comme dans les romans gothiques d’époque !

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