Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu

64722Titre : Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu

Auteur : Karim Berrouka

Illustrateur : Diego Tripodi

Éditeur : ActuSF

Genre(s) : fantastique parodique

Nombre de pages : 344

Qu’est-ce qui est vert, pèse 120 000 tonnes, pue la vase, n’a pas vu le ciel bleu depuis quarante siècles et s’apprête à dévaster le monde ?

Ingrid n’en a aucune idée.

Et elle s’en fout.

Autant dire que lorsque des hurluberlus lui annoncent qu’elle est le Centre du pentacle et que la résurrection de Cthulhu est proche, ça la laisse de marbre.

Jusqu’à ce que les entités cosmiques frappent à sa porte…

Mon avis

Après avoir dévoré Le Club des punks contre l’apocalypse zombie et Fées, Weed & Guillotines, je me suis attaquée au dernier roman de Karim Berrouka, qui traite cette fois de l’univers Lovecraftien : Cthulhu et tous ses charmants compagnons. Comme je l’avais déjà dit pour ma chronique de La quête onirique de Vellitt Boe, je suis familière de l’univers de Lovecraft grâce aux jeux de société/vidéo, mais je n’ai pas encore lu ses œuvres (honte à moi, je sais^^). Ce livre peut donc être lu sans avoir lu Lovecraft, mais je pense qu’un minimum de culture sur sa mythologie est nécessaire pour apprécier ce texte à sa juste valeur.

Du jour au lendemain, Ingrid, jeune chômeuse qui n’a rien demandé à personne, se retrouve suivie par différents personnages louches qui lui affirment qu’elle est le centre du pentacle. Comme elle n’a quand même pas grand-chose d’autre à faire (et qu’elle se voit offrir de l’argent et des voyages), elle accepte de suivre les délires des énergumènes qu’elle rencontre pour voir où ça la mène.

Cinq factions et le centre du Pentacle doivent décider si Cthulhu, qui est enfermé dans une prison sous-marine, doit être anéanti ou libéré. Ingrid est la seule à pouvoir valider la décision des factions. On va partir à la découverte de ces groupes particuliers, chacun guidé par une divinité lovecraftienne et chacun pris dans des délires plus incroyables les uns que les autres. Les membres de ce qu’on peut clairement appelé des sectes sont totalement dévoués à leur cause et agissent souvent de façon extrême (ce qui nous fera très souvent sourire, nous lecteurs). Certaines passages lors de la présentation des factions et lors de leurs rituels m’ont parfois paru un peu longuets.

Il doit y avoir eu un énorme travail de recherche de l’auteur pour arriver à décrire aussi bien chaque faction et les règles qui les régissaient. Le vocabulaire utilisé sort tout droit du dictionnaire Lovecraft (s’il existait :p ). On y retrouve bien sûr la plume décalée de Karim Berrouka, à la fois teintée d’humour et d’ironie, mais aussi critique face au ridicule de certaines situations. Ici, il s’attaque au concept de la croyance et de la religion, en prenant un culte qui « n’existe pas », mais en soulignant les comportements abusifs et les violences qui découlent des extrêmes.

Aucune des factions ne veut dévoiler à Ingrid ses secrets et beaucoup de mystères planent sur l’histoire. Les informations tombent au compte-goutte, ce qui permet de bien les assimiler, sans s’y noyer. Il y a énormément de retournements de situation plus improbables les uns que les autres. C’est un des points que je préfère quand je lis un livre de Karim Berrouka : on ne sait jamais à quoi s’attendre, et on est toujours surpris !

Le personnage d’Ingrid était un peu trop passif pour que je l’apprécie vraiment. Elle se laissait mener par tout le monde et improvisait sur place. J’ai quand même beaucoup aimé son répondant et ses coups de bluff. Par contre, j’ai beaucoup apprécié Lisa, sa meilleure amie qui part dans son délire créatif, et  surtout Thurston, personnage très mystérieux, dont le rôle final m’a totalement étonnée !

Petit mot sur l’objet-livre : la couverture est juste parfaite. Au début de chaque chapitre, on retrouve des dessins de tentacules, placés différemment à chaque fois, ce qui donne de petits traits légers sur la tranche du livre. Un message codé se cacherait-il dans cette succession de lignes plus ou moins longues? (Je crois que je cherche des messages codés partout depuis la fin de ma lecture xD)

Citations

« Le monde est patient, il respecte la logique des tensions, une sorte de loi universelle qui veut que l’élastique de la réalité ait une résistance accrue, et qu’avant qu’il ne pète, il faut qu’il enregistre une puissante tension. Ainsi va le monde, comme les hommes. Ils endurent, ils subissent. Puis, un jour, c’est le chaos. »

« Le jeune homme s’est enflammé, ponctuant son discours exalté de grands mouvements des bras. Ingrid est tout de même étonnée qu’on puisse atteindre ce degré d’extase sans l’aide de psychotropes. La foi est une drogue dure, assurément. »

« Les fois naissent parce que les hommes brûlent du désir inconscient de s’inventer des croyances puis de s’y soumettre, parce que rien d’autre ne peut justifier les lois contraignantes et absurdes qu’ils veulent imposer et qu’ils veulent s’imposer. Mais nous ne savons rien, nous ne comprenons rien. Nous interprétons tout. »

Conclusion

Faut-il anéantir ou libérer Cthulhu? Le destin de l’humanité est entre les mains de cinq factions dévouées et surtout délirantes. Entre humour et réflexions sur la religion et ses dérives, l’auteur nous propose une immersion dans la mythologie lovecraftienne. Attention, les mystères sont nombreux et la folie guette entre ces pages !

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#FungiLumini

7 réflexions sur “Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu

    • Le Club des Punks reste mon préféré aussi, mais je n’ai pas encore tout lu de l’auteur (dont un qui me tente particulièrement : Les ballons dirigeables rêvent-ils de poupées gonflables ? :D)

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