Trois

TroisTitre : Trois

Auteur : Sarah Lotz

Éditeur : Pocket

Genre : Science-fiction

Nombre de pages : 565

Traduit de l’anglais par Michel Pagel

Titre original : The Three

Mots-clés : crash, avion, survivants, religion, Apocalypse, complot, extraterrestres

Quatrième de couverture

Jeudi noir sur la planète : quatre avions de ligne viennent de s’écraser aux quatre coins du globe. Troublante coïncidence… D’autant que sur trois des sites, les secouristes découvrent un rescapé. Chaque fois, un enfant. Chaque fois, sa survie tient du miracle.

La presse internationale s’empare de l’affaire, il n’est bientôt plus question que des « Trois ». Certains fanatiques religieux voient même en eux l’incarnation des cavaliers de l’Apocalypse, à ce détail près qu’ils devraient être quatre…

Dans le même temps, les familles qui ont recueilli les enfants sont confrontées à des évènements étranges. Mais qui sont au juste ces enfants ? Et que veulent-ils ?

Mon avis

Avant de donner mon avis sur le livre à proprement parler, je tiens à signaler que je ne comprends pas le choix de l’éditeur quant à la classification du genre. Je pense que ce choix dessert le livre, je m’explique : on nous vend le livre comme un thriller alors que pour moi, il s’agit plus de science-fiction. Le problème est que, forcément, les gens s’attendent à retrouver les codes traditionnels du thriller alors qu’il n’en est rien. J’ai vu beaucoup d’avis négatifs sur la toile et j’en ai lu quelques-uns afin de voir ce qui était reproché principalement à l’histoire. Beaucoup condamnent le texte de la quatrième de couverture en disant que cela ne correspond pas réellement à ce qu’on retrouve à l’intérieur du livre. Je ne suis pas d’accord. Le texte est parfaitement en rapport avec ce qui nous est dépeint au dos du bouquin. Par contre, la quatrième de couverture ajoutée au genre « thriller » peut induire en erreur mais le problème vient du genre.

Personnellement, j’ai adoré ce roman. L’histoire commence avec le crash d’un des avions au Japon raconté à travers les yeux de Pamela May Donald, une Américaine partie rendre visite à sa fille au Japon. Avant de mourir, elle va laisser un étrange message vocal à son pasteur Len Vorhees à propos d’un petit garçon japonais Hiro Yanagida. De là, va découler toute la théorie des cavaliers de l’Apocalypse. En effet, les trois survivants Hiro, Bobby Small et Jessica Craddock vont être désignés comme ces cavaliers du fait de leur miraculeuse survie et du message de Pam. D’autres personnes vont croire que les enfants sont en réalité des extraterrestres ou sont possédés par des esprits maléfiques. Elspeth Martins va alors écrire un livre racontant les faits relatifs aux enfants et leurs familles (Paul, l’oncle de Jessica est d’ailleurs un des personnages que j’ai préféré) mais aussi aux fanatiques religieux ou autres partisans des théories extraterrestres. La fin reste assez étrange. Elle peut laisser l’impression que l’auteure ne savait pas où elle allait (ou quelle théorie choisir) mais j’aime à penser qu’elle a pris cette décision pour laisser à chacun sa propre interprétation même si je comprends la déception que certains peuvent ressentir en finissant le livre.

Ce livre est très intéressant de par les thèmes qui y sont abordés. On observe les conséquences désastreuses que peut avoir une religion développée à l’extrême. Ici, la théorie des cavaliers va être poussée au point que les Américains vont élire comme président un homme ultrareligieux, se mettant ainsi à dos le Japon qui s’alliera avec la Chine et la Corée pour former une alliance contre les Etats-Unis. Cette conception de la fin du monde va également encourager les gens les plus crédules à se retrancher voire à en finir (je ne remets pas en cause les croyances religieuses que pourrait avoir la population mais vouloir appliquer n’importe quel texte religieux à la lettre est vraiment irréfléchi). Les robots sont également évoqués à travers le personnage de Hiro puisque son père est un célèbre inventeur. L’enfant se mettra à communiquer à travers son double robotique, posant alors la question des limites que l’on devrait avoir vis-à-vis de l’intelligence artificielle. Pour moi, même si la religion est très présente, la thématique principale reste la folie. Avec toutes ces idées religieuses mais aussi extraterrestres, les gens deviennent complètement cinglés, ils finissent par croire des choses qui n’existent pas, qui peuvent s’expliquer de manière rationnelle et par causer des désastres pharaoniques. La déchéance de l’humanité dans toute sa splendeur. Honnêtement, cela m’effraye beaucoup plus que de penser que ces enfants pourraient être possédés.

Contrairement à ce que j’ai pu lire, j’ai vraiment beaucoup apprécié le style de l’auteure et surtout la narration utilisée par celle-ci. Effectivement, après le « prologue » nous exposant la mort de Pamela May Donald lors d’un des fameux crashs, on entre dans un autre livre – ou plutôt une étude – d’Elspeth Martins qui sera composé d’articles de journaux, de témoignages, d’interviews et qui essayeront de nous éclairer le mieux possible sur le déroulement des faits survenus après les crashs. Cette mise en abime est vraiment une bonne idée, et je trouve, qu’elle est bien maitrisée. Je pense que beaucoup ont été décontenancés par ce type d’écriture mais pourquoi devrait-on absolument respecter le schéma narratif habituel ?! Ce n’est pas parce que le récit n’est pas décrit de manière linéaire, qu’il est mauvais. Après, je peux concevoir que les gens qui n’aiment pas lire les témoignages/articles n’apprécient pas ce type d’ouvrage.

Citation

Donc… Je laisse l’enregistreur dans la chambre de Jess {à son insu}. Juste pour vérifier. Pour être sûr. Savoir de quoi elle parle quand je ne suis pas là. […]
(Pendant un quart d’heure, les filles jouent à « My little pony et Barbie en Essex ».) (Écho lointain de la voix de Paul qui les appelle, leur dit de descendre goûter.)

  • Tu viens pas, Jess ?
  • Vas-y d’abord. Je vais prendre les poneys. Ils peuvent manger avec nous.
  • D’accord. C’est vrai que tu me donnes la Barbie princesse ?
  • T’es la meilleure amie que j’ai jamais eue, Jess.
  • Je sais. Allez, vas-y.
  • D’accord.

Le dictaphone enregistre le bruit de Summer quittant la chambre. Après une pause de plusieurs secondes, des pas et une respiration s’approchent de l’appareil, trois secondes plus tard :

  • Coucou, tonton Paul.

Conclusion

Ayant vraiment adhéré à l’histoire, je ne peux que conseiller ce livre. Par contre, il ne faut pas s’attendre à un thriller comme cela est indiqué sur la couverture, on est plus dans la science-fiction (cependant, je ne dirais pas que c’est de la SF classique). Si vous aimez les livres qui sortent de l’ordinaire et qui poussent à la réflexion, foncez !

extra1#Coco

2 réflexions sur “Trois

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