Que passe l’hiver

35172421Titre : Que passe l’hiver

Auteur : David Bry

Illustrateur : Simon Goinard

Éditeur : L’Homme sans Nom

Genre(s) : fantasy

Nombre de pages : 391

Que passe l’hiver sur la Clairière
Aux étranges trouées sombres,
A la magie puissante et aux mystères sans fin,
Aux dieux, aux hommes si cruels,

Que passe l’hiver sur un roi
Mi-dieu mi-homme, au destin funeste :
Sur celui qui devina la mort de ses terres,
Ne put s’y résoudre.

Que passe l’hiver, oui.
Mais qu’en restent les souvenirs.

A la croisée de l’ode initiatique et du huis clos, Que passe l’hiver raconte le destin d’un jeune homme au pied bot et d’un roi aux longs bois de cerf, pris dans le maelström d’un monde qui se meurt, peut-être…

Mon avis

J’avais dit que je n’achèterais des livres que des auteurs présents à la Foire du Livre de Bruxelles. C’était sans compter sur mon envie de découvrir ce livre depuis sa sortie, sur sa magnifique couverture qui m’attirait comme un aimant, et sur les mots de l’éditeur qui ont fini de me convaincre. Et j’ai bien fait de craquer. 😉

Stig est un jeune garçon au pied bot, fils du chef du clan des Feyren. Il va assister pour la première fois à la fête du solstice, durant laquelle les clans renouvellent leur serment de loyauté à l’Ordrain, fils du dieu Urian. C’est aussi l’occasion de festoyer autour de banquets, musique et contes. Cette année cependant, les choses ne se passent pas comme prévu : les morts s’enchaînent et les fils du destin s’emmêlent et rendent leur lecture floue. Le Wegg n’est plus un endroit sûr, mais qui complote dans l’ombre?

En commençant ce livre, j’ai eu un peu peur : l’ouvrage débute par 3 pages de listes de clans et de leurs membres. Je me suis dit que je ne m’en sortirais jamais avec tous ces personnages ! Mais heureusement, chacun est introduit à son tour, et on s’y retrouve assez facilement au final. Il existe 4 clans et chacun possède un don magique : les Feyren se changent en animaux, les Oren lisent les différents fils du destin dans leurs rêves, les Dewe se rendent invisibles en marchant entre le monde réel et le Voile et les Lugen contrôlent les esprits. J’ai trouvé cet univers des clans et de leurs pouvoirs fascinant à découvrir !

Nous nous retrouvons dans un monde fermé : toute l’intrigue se déroule sur le Wegg et dans ses environs. L’ambiance, au départ joyeuse, devient vite sombre et angoissante : les morts sont de plus en plus nombreux, qui sera le prochain à mourir? Un complot se trame et la tension monte de plus en plus, jusqu’à éclater lors des révélations finales. J’ai beaucoup aimé la réflexion sur le destin proposée par l’auteur. Au final, sommes-nous réellement maîtres de nos actions ou notre destin est-il déjà tracé? Chaque acte posé par un personnage renforce ou brise un fil du destin et tisse un certain chemin, avec toujours davantage de possibilités.

L’univers proposé par l’auteur m’a aussi rappelé le moyen-âge, avec ses grands banquets, ses festivités entre le roi et ses vassaux pour prêter serment, les contes oraux déclamés par un barde, les fresques murales dans la salle commune. Un monde ancré dans les traditions et les vieilles croyances. Le fait que la réalité soit connectée au monde des esprits, créatures magiques envoûtantes, mais terriblement dangereuses, m’a également beaucoup plu.

J’ai vraiment apprécié le personnage de Stig, jeune homme qui ne croit pas en lui et qui ne voit pas ses forces à cause de son handicap. Comme il ne doit pas devenir chef de clan (son frère, avec qui il a une magnifique relation, est l’héritier), il s’est nourri de contes et de légendes de la Clairière et possède un don d’orateur hors pair. Il va créer des liens forts avec des jeunes d’autres clans, qui vont leur permettre de déceler les indices qui les mèneront à la vérité, chacun mettant son pouvoir de clan au service du groupe d’amis. Cependant, Stig accorde bien trop facilement sa confiance, et cela lui jouera également des tours.

Si la narration principale suit le point de vue de Stig, des interludes nous permettent de voir à travers les yeux de personnages d’autres clans, et nous donnent des indices importants sur les machinations en cours et leurs origines. D’autres protagonistes m’ont captivée, notamment les prophétesses, femmes tatouées qui sont revenues du pays des morts, soi-disant sans âme, et qui lisent les signes du Dieu Urian dans les phénomènes naturels. Et bien sûr, j’ai adoré le personnage du roi cerf Cudwich, figure fantomatique qui est présent sans l’être vraiment, qui hante les paysages enneigés du Wegg. On ne sait pas où le trouver, mais il est là quand il faut pour dispenser sa sagesse et ses conseils. Un être mystérieux à l’aura mystique.

Le style d’écriture de l’auteur est très beau, à la fois poétique, sans en faire trop, et fluide. Chaque chapitre du livre commence par une strophe d’une légende contée, la légende de la dernière fête du solstice racontée par Stig Feyren. La seule chose qui fait que ce livre n’est pas un coup de cœur pour moi est que j’y ai trouvé certaines longueurs. Les éléments de l’enquête qu’on connaissait déjà sont souvent répétés. En fait, j’avais un peu l’impression d’entendre une de ces chansons qui répètent à chaque nouveau couplet les éléments du précédent en y ajoutant un nouveau. Cela donnait une certaine musicalité au texte, mais m’a quand même paru trop répétitif à mon goût.

Citations

« Un fil se brise, un autre se renforce. »

« Beaucoup prétendent que les esprits et les oiseaux de Crain vivent derrière le Voile. Je crois que c’est faux. Je pense que le monde des esprits est à l’intérieur de nous, que les esprits ne sont que ce qu’on veut bien imaginer qu’ils sont, et que la magie est le pouvoir de les rendre…juste réels. »

« Tu crois que le passé réside dans ce qui se trouve derrière nous. Tu te trompes Stig. Car il porte également en lui l’ensemble de ce qui a déjà été écrit et que nous ne pourrons pas changer, quoi que nous fassions. Et quelle que soit l’énergie que nous y mettions. »

« Rassure-toi. Il n’est jamais trop tard. Jamais. Ce qui ne se répare pas se recrée. Ce qui est brisé s’invente à nouveau. La vie, Stig, possède des ressources infinies. Malgré tout. »

Conclusion

Un monde fascinant de traditions et de légendes, de magie et de mystère, qui nous emmène dans les montagnes enneigées du Wegg prêter  serment au fils du Dieu Urian. Le complot qui se trame sera-t-il déjoué par notre héros ? Quels fils du destin ont été tissés pour lui et par lui?

extra1

#FungiLumini

8 réflexions sur “Que passe l’hiver

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