Les Orphelins du Sommeil

Orphelins-du-sommeil.jpgTitre : Les Orphelins du Sommeil

Auteure : Pascaline Nolot

Illustratrice : Mina M

Éditeur : éditions du Chat Noir

Genre(s) : fantastique jeunesse

Nombre de pages : 217

Bienvenue à l’Institut Dormance, spécialisé dans les troubles du sommeil de l’enfant et de l’adolescent, isolé au milieu des montagnes enneigées. C’est ici que Marcus, atteint de paralysie du sommeil, tente de se soigner et se lie d’amitié avec Joane, qui souffre d’insomnie. Mais plus le temps passe et plus l’endroit leur apparaît étrangement inquiétant : un directeur qui ressemble à un cadavre ambulant, un règlement intérieur pour le moins insolite, des « exercices oniriques » plus que bizarres, un étage interdit d’accès, une rumeur qui prétend que d’anciens pensionnaires auraient été pris d’un accès de folie… Les deux amis en viennent à soupçonner l’Institut de poursuivre un but inavoué, bien éloigné de celui de les guérir. Ils devront alors s’allier à d’autres jeunes patients pour s’engager dans une quête troublante et dangereuse, oscillant entre réalité, rêves… et cauchemars.

Mon avis

J’avais adoré Les Larmes de l’Araignée de Pascaline Nolot, déjà dans la collection Chatons Hantés, et je n’ai donc pas résisté longtemps à ce livre, dont la magnifique couverture enchantée est une fois de plus signée par la talentueuse Mina M. Je trouve que ses couvertures et illustrations intérieures noir et blanc donnent une identité visuelle forte et originale à cette nouvelle collection pour les plus jeunes !

Marcus souffre de paralysie du sommeil, Joane d’insomnie et Sammy est un très jeune rêveur lucide. S’ils sont à l’institut Dormance, c’est pour étudier les troubles du sommeil et ainsi essayer de guérir leurs maux. Alors que les trois amis inséparables se retrouvent de nuit pour parcourir les couloirs de Dormance, ils y font une étrange découverte… qui va les amener à explorer les tréfonds du rêve. En compagnie de Mina, rêveuse dont les dessins nocturnes se matérialisent dans la réalité, ils partent à la recherche de celui qui hante la dimension du rêve : l’Ombreux.

Ce livre a été un véritable coup de cœur ! Déjà, le thème des troubles du sommeil est passionnant. J’ai toujours été fascinée par les rêves, et par ce qui les abrite, la part belle comme la sombre. Les croquemitaines, personnages à la fois envoûtant et effrayant, sont des créatures souvent évoquées, mais sur lesquelles on met rarement une forme précise. C’est le parti qu’a pris l’auteure en en faisant une ombre sans visage, juste reconnaissable avec son chapeau (Inspiration Freddy Krueger? 😀 ).

J’ai adoré le prologue, qui nous plonge directement dans l’angoisse, avec un enfant atteint de paralysie du sommeil qui voit cet « Ombreux », comme ils l’appellent dans le livre, et qui ne peut rien faire. Cette partie du texte est particulièrement poétique, j’avais presque envie de la lire à voix haute tellement le texte résonnait de façon chantante dans mon esprit ! Chaque chapitre commence par une citation relative aux rêves. L’écriture de Pascaline est belle et fluide. La poésie accompagne ses mots, tout en restant légère et douce.

L’endroit où se déroule le récit est également fascinant : j’ai eu l’impression de me retrouver à nouveau dans le château de Poudlard, avec les longs couloirs qui cachent des passages secrets, les dortoirs, l’immense bibliothèque avec une bibliothécaire un peu mystique, les cours comme l’astrologie ou encore les histoires de fantômes qui hantent les lieux. L’ambiance est cependant moins festive qu’à Poudlard : les élèves sont médicalement suivis, les couloirs surveillés, l’école dirigée par un étrange homme et financée par des mécénes douteux. C’est cette atmosphère pleine d’ambiguïtés qui m’a particulièrement plu.

L’amitié qui lie les différents protagonistes est vraiment touchante. Ils ont chacun quelque chose qui les rend différents, mais aussi qui fait qu’ils sont rejetés par les autres. Je ne sais pas si l’inspiration vient de là, mais ils m’ont fait penser au club des ratés dans « Ça » de Stephen King. Un groupe d’enfants que rien ne relie à part le fait qu’ils sont seuls et rejetés par les autres. Chacun à leur façon, ils ont réussi à me toucher : derrière leurs frêles silhouettes se cachent des secrets, des blessures dont il leur est difficile de parler. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est comment Pascaline parvenait à montrer que ce qui apparaît au départ comme une faiblesse peut se transformer en une force incroyable, et c’est un très joli message à faire passer à des enfants !

D’autres personnages m’ont particulièrement touchée dans ce livre, particulièrement celui de la bibliothécaire. Cette dame qui peut paraître étrange et loufoque au premier regard fait en fait tout ce qu’elle peut pour aider son entourage. Il y a un petit quelque chose de magique en elle, qui la rend sympathique malgré son comportement parfois un peu étrange.

J’ai particulièrement aimé aussi la dimension du rêve, qui évolue en continu et qui permet à l’auteure de se faire plaisir niveau imagination ! Les jeunes gens vont être confrontés à des épreuves dont ils ne pourront se sortir qu’ensemble. La peur et comment s’en défaire est également un des thèmes principaux du récit. L’étrange pensionnat, la découverte anormale dans le passage gardé par un code secret, l’étude et l’analyse des élèves comme des sujets de laboratoire : tout est fait pour installer une ambiance sombre, lugubre. Nos héros sont au départ paralysés par leur peur, inscrite au plus profond d’eux-mêmes, et c’est ensemble qu’ils parviendront à la surmonter.

Ce livre comporte comme les autres ouvrages de cette collection des illustrations pleine page noir et blanc de Mina M. Ces dessins sont toujours aussi magnifiques, Mina allie la magie et la féerie du rêve et nous propose des portraits originaux des personnages, ainsi que de leurs aventures dans le monde du rêve. Toujours teintées d’étrangeté, ces illustrations sont à la fois sombres, douces et envoûtantes, un régal !

Citations

« Il ne fait aucun doute qu’Il voit l’enfant. Il n’a pas d’yeux pour autant. Ni de bouche ou de nez. Juste un trou noir en lieu et place d’une figure. Il est une silhouette formée d’ombre, en relief et  mouvante.
Il est l’obscurité personnifiée.
Il est la nuit qui a pris vie. Pour le pire. »

« TERREUR. Elle saisit Marcus à la gorge lorsqu’il s’éveilla. Yeux grand ouverts, il se trouvait allongé sur le flanc gauche. Son casque le gênait et lui rentrait sur le côté du crâne. Il n’essaya pas de changer de position. Il savait déjà qu’il ne pouvait pas. Cerveau conscient, corps endormi, peur absolue : l’infernale trinité. La paralysie du sommeil était là. La malveillance aussi. Il la ressentait jusque dans les moindres cellules de sa peau. »

mina m

Conclusion

Un véritable coup de cœur pour cette histoire, ses protagonistes et l’univers créé par Pascaline Nolot autour des troubles du sommeil ! Entre rêve et cauchemar, la peur ne doit pas vous freiner. Un must pour les petits et grands !

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#FungiLumini

2 réflexions sur “Les Orphelins du Sommeil

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