La Tour des Illusions

51nS9CNzu0LTitre : La Tour des Illusions

Auteur : Anthelme Hauchecorne

Illustrateur : Mathieu Coudray

Éditeur : Lokomodo

Genre(s) : fantastique

Nombre de pages : 256

Fuyant un mari machiste et violent, Myriam trouve refuge auprès d’une communauté de sans-abri. Avec sa fille Charlotte elle partage leur squat, entre beuveries, bastons et camaraderie. Elle fait la rencontre de Justin, indécrottable poivrot qui la prend sous son aile. 
Peut-elle compter sur lui ? Mais a-t-elle seulement le choix ? Ensemble, ils essaient de survivre dans cette Cour des Miracles régie par Hugues, patriarche trop gentil pour être honnête. Mais la rue n’est pas un dîner de gala, aussi doivent-ils se méfier du Diablotin et de sa bande de voyous défoncés. Quels secrets cache Justin ? Comment a-t-il atterri ici ? Quand cinquante SDF disparaissent sans laisser de traces, le mystère s’épaissit. Myriam devra trouver seule les réponses, en passant par les ténèbres et la folie? De troublantes expériences menées au cœur de l’inquiétante tour d’un milliardaire, un laboratoire souterrain, des égouts où même des mercenaires endurcis regimbent à s’aventurer, des créatures meurtrières. Horreur, trahison, cynisme ? Jusqu’où ira-t-elle pour retrouver sa fille ?

Mon avis

Pour terminer mon challenge de l’imaginaire et l’année 2017, je me suis lancée dans le premier roman d’un de mes auteurs favoris : Anthelme Hauchecorne. J’ai souvent vu écrit dans les avis sur sa plume qu’il était le digne héritier de Serge Brussolo (auteur que j’adore également) et c’est avec ce livre que je comprends pourquoi les lecteurs ont affirmé cela. Si on avait enlevé le nom de l’auteur de la couverture, j’aurais parié sur Brussolo, dans ses meilleures années !

Le livre commence avec une expérience étrange qui tourne mal dans les sous-sols. On retrouve ensuite d’un côté Justin, SDF qui veut aider la jeune Myriam et sa fille Charlotte à s’en sortir alors qu’il a déjà du mal à faire face aux fantômes de son passé, et de l’autre Monsieur Plassier, très vieil homme  riche enfermé dans sa tour, où il mène des expériences pas très nettes sur des êtres humains tout en essayant de régler son problème d’animaux mutants dans les égouts. Ces deux trames narratives vont finir par se rejoindre.

J’ai beaucoup aimé lire ce livre, on y retrouve les ingrédients habituels de l’auteur : des protagonistes qui échouent dans leurs projets de vie et qui vont de mal en pire, des retournements de situation surprenants et osés dans le scénario, une écriture à la fois belle et fluide, mais qui peut se montrer sarcastique et acerbe quand elle décrit l’horrible réalité du quotidien de notre société.

J’ai trouvé la relation qui s’établit au départ entre Justin et Myriam très belle. Ils ont tous les deux de grandes difficultés dans la vie, mais s’entraident comme ils peuvent. Même si cette amitié mène à la catastrophe, elle va rester forte et prenante jusqu’à la fin. On découvre un peu la vie en squat des SDF, la solidarité qui y règne, mais aussi la violence extrême de certains « membres ». Un monde duquel on détourne souvent le regard pour ne pas y voir la misère humaine.

Le projet qui est mené dans la tour Plassier reste assez vague pour le lecteur jusqu’à la moitié du livre. On sait ce qui se déroule (il y a d’ailleurs quelques scènes un peu trash, âmes sensibles attention :p ), mais on ne comprend pas très bien le but ultime de cette expérience. Encore une fois, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’Anthelme nous a préparé !

Le vieux qui commandite les expériences est un personnage assez horripilant : il veut tout diriger, tout contrôler, même la vie des gens qui l’entourent. Il n’a aucune compassion pour les sujets d’expérience, qu’ils soient animaux ou humains. C’est une de ces personnes qui mériteraient de mourir dans d’atroces souffrances, mais que la vie retient toujours pour on ne sait quelles raisons.

Il y a un autre personnage que j’ai beaucoup aimé, mais je ne peux pas vous en parler pour ne pas vous spoiler. 😉 Il n’y a en tout cas dans ce roman, pas beaucoup de personnages auxquels on peut faire confiance. Tous trahissent, mentent, retournent leurs vestes. C’est d’ailleurs pour ça que j’aime particulièrement les romans d’Anthelme : on ne sait jamais à quoi s’attendre de ses personnages, ils vont toujours nous surprendre que ce soit pour le meilleur…ou pour le pire.

Citations

« Cette époque a la jeunesse qu’elle mérite :  des roquets bons à incendier des poubelles de plastique recyclé, à s’abîmer dans la fumée délétère des résines exotiques, à enculer de la jouvencelle dans les caves moites des éjaculats précoces et des tuyauteries percées. Messieurs, nous vivons des temps bénis. Ce siècle sera le nôtre… Celui des charognards ! Nous borderons l’humanité fatiguée dans son lit d’ordures, en lui contant de beaux mensonges. Nous la regarderons dormir de son dernier repos, puis nous dévoilerons nos crocs pour nous railler les meilleurs morceaux, gorgés de jus. »

« – En quatre décennies, j’ai combattu sur tous les continents. Je me suis sali les mains pour des démocraties, des juntes militaires, des compagnies pétrolières, des intellectuels, des paysans, des narcotrafiquants et de riches enfoirés dans votre genre…Tout ce que j’en ai retenu, c’est une suite d’images décousues. Une vague de shrapnel qui mutile une troupe de soldats Rwandais. Des inconnus qui débarquent en pleine nuit à l’appartement d’un opposant pour le ligoter et le forcer à les regarder enculer sa femme et ses gosses. Un guérillo attaché à un arbre les yeux bandés au petit matin, un gosse, même pas quinze ans, en train de pleurer avant que sa cervelle ne pleuve sur les feuilles de coca… L’homme n’est rien. Il n’y a bien que les hommes comme vous, cloîtré dans leur tour d’ivoire, pour croire qu’ils valent mieux que les autres. »

Conclusion

J’ai adoré découvrir ce premier roman d’Anthelme Hauchecorne : j’y ai retrouvé tout ce que j’aimais dans ses livres, avec en plus une inspiration Brussolo de laquelle il s’est aujourd’hui émancipé pour suivre sa propre voie. J’espère que ce roman, actuellement introuvable, sera un jour réédité !

extra1

introuvable

#FungiLumini

4 réflexions sur “La Tour des Illusions

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