Livres et Gourmandises : Bal Masqué (8/16)

Un nouvelle une gourmandise (1)

Recueil : Bal Masqué

Éditeur : éditions du Chat Noir

Illustration de couverture : Marcela Bolivar

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Nouvelle : Le masque de la mort noire

Auteure : Claire Stassin

Résumé : Dame Peste s’invite à Venise.


Bière de la semaine

La bière belge est maintenant classée au patrimoine culturel de l’Unesco ! Un peu de culture en plus chaque semaine en découvrant les spécialités belges 😉

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Barbãr Blonde

Située à un endroit stratégique, la brasserie Lefebvre a été créée dans le but d’approvisionner les cafés aux sorties des carrières de porphyre du village pour que les nombreux ouvriers (+ de 3.000), assoiffés par le travail de la pierre, puissent venir s’y désaltérer.   Rapidement, le réseau de ventes est étendu aux villages voisins.  L’époque est bien différente de celle d’aujourd’hui; les limonades, cola, boissons énergisantes, et les eaux en bouteilles n’existent pas; les alcools forts sont quant à eux responsables du fléau de l’alcoolisme. Les bières par contre sont saines, pleines de vitamines B1 & B12 avec un taux d’alcool dépassant rarement les 3%/vol. La consommation de bière par habitant en Belgique avoisine alors les 240 litres par an par habitant… Jeune de six générations, la brasserie Lefebvre est restée une entreprise familiale. Elle occupe une quarantaine de personnes et exporte environ 75% de ses volumes produits dans plus de 50 pays.

D’un blond profond, la Barbãr dégage au travers de sa mousse onctueuse un nez puissant marqué de miel sans être ostentatoire, accompagné d’un florilège de notes florales, d’épices et d’agrumes.

8% vol/alc.


J’avais découvert Claire Stassin dans le recueil Montres enchantées avec la nouvelle Au fil du temps qui m’avait totalement séduite. C’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé sa plume dans ce texte qui nous emmène au cœur de Venise, ville qu’on ne s’étonne pas de voir dans cette anthologie puisqu’elle est la capitale du masque.

L’histoire commence dans la chambre de Vanozza, une prostituée de luxe qui s’occupe d’un client. Ce n’est cependant pas elle que nous allons suivre, mais sa domestique Leora. Le matin suivant, le jour du grand bal de Bertolis, Leora fait quelques courses pour sa maîtresse dans les rues de Venise. Souhaitant s’éloigner de la cohue, elle se faufile dans les ruelles parallèles et s’égare. Elle fait la rencontre d’un étrange arlequin qui lui remet une invitation à son nom pour le bal. Qui est ce personnage? Et qui souhaite la voir assister au bal, elle, une simple servante? Quand elle rebrousse chemin, le passage qu’elle a emprunté quelques minutes auparavant a disparu

J’ai beaucoup aimé le décor de cette nouvelle, qui nous emmène découvrir Venise au temps de sa splendeur, mais également au moment des épidémies de peste. Le lustre et la richesse sont toujours de rigueur, les citoyens font toujours la fête, alors que des gens meurent sans qu’on ne puisse rien y faire dans les ténèbres des rues. La maladie côtoie dangereusement le quotidien de chacun. Les nobles comme les pauvres sont touchés par l’infection. Personne n’échappe à la maladie, une fois contaminé et il n’y a pas moyen de marchander avec dame Peste. Pourtant, les rues sont pleines de monde qui se prépare au grand bal.

Leora est un personnage à part dans le sens où elle est la seule qui semble ne pas s’intéresser à toute cette ambiance de fête à Venise. Elle est impassible face à toute cette effervescence  et ne s’offusque même pas quand sa maîtresse lui demande de se déguiser en page plutôt qu’en belle demoiselle pour le bal. Cette partie m’a rappelé une scène de la comédie musicale du Fantôme de l’Opéra dans laquelle Carlotta la diva utilise Christine Daé comme page muet, alors qu’elle a une voix magnifique. Une façon de la brider et de lui montrer qui fait la loi. C’est cependant cette indifférence qui va sauver Leora au final.

J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de la Peste, qui est assez mystérieux et les passages où elle apparaît et où elle parle sont très poétique. Je n’ai cependant pas très bien compris son lien avec Leora et c’est ce que je regrette un peu dans cette nouvelle. Je n’ai pas ressenti de véritable contact entre elles et j’ai donc eu un peu de mal avec la fin du texte. Même si je l’ai trouvée très belle, ces deux personnages n’ont rien qui les unit et ça m’a un peu gênée dans ma lecture.

J’ai apprécié le bal masqué proposé par l’auteure, fête qui se transforme petit à petit sous les yeux de notre protagoniste en cauchemar. On a l’impression de tout vivre au travers d’un voile, et au final on ne sait pas vraiment ce qui s’est réellement passé ou non, si cette vision est le présent ou un futur proche. Avec dame Peste, on ne sait jamais qui sera touché et qui sera épargné !

Extrait

« Depuis peu toutefois, la cité n’était plus si rieuse qu’elle l’avait été. Car le vacarme de ses fêtes éternelles avait fini par attirer l’attention d’une indésirable convive, arrivée par la mer du lointain Orient. Elle s’était d’abord hissée hors de l’eau, dans le taffetas des robes. Puis, discrètement, elle s’était mise à dérober ce que chacun possédait de plus précieux au monde ; ce n’était ni leurs richesses, ni leur renom, ni rien de ce qu’elle savait n’être que fausses idoles : elle n’emportait que leur souffle. »

Conclusion

Une nouvelle intrigante qui nous emmène au cœur du passé de Venise, au moment de l’épidémie de Peste. Les masques, présents partout dans les rues, cachent la noirceur du mal qui ronge la ville et ses habitants. Une ambiance de fête qui tourne vite au cauchemar, menée par la jolie plume de Claire Stassin !

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Nouvelle 8/16

#FungiLumini


Avez-vous lu ce recueil? Si vous l’avez également, n’hésitez pas à me rejoindre dans ma lecture et à venir en discuter en commentaire ! J’avancerai au rythme d’une nouvelle (et d’une bière ) par semaine 😉

  1. Bal de Brume – Estelle Faye
  2. L’Orchidée Rouge – Maude Elyther
  3. Le sang te va si bien – Marianne Stern
  4. Les larmes de Lucrèce – Élie Darco
  5. En trois exemplaires – Emmanuelle Nuncq
  6. Lacrimosa – Dee L. Aniballe
  7. Têtes de Tigre – Cécile Duquenne
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2 réflexions sur “Livres et Gourmandises : Bal Masqué (8/16)

  1. Pingback: #67 C’est lundi ! Que lisez-vous ? | Livraisons Littéraires

  2. Pingback: Livres et Gourmandises : Bal Masqué (9/16) | Livraisons Littéraires

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