Le Jarwal

10262261_1154628654561298_7548989299563135348_nTitre : Le Jarwal

Auteure : Patricia Le Sausse

Éditeur : éditions du Riez

Genre(s) : fantastique historique

Nombre de pages : 367

Mots-clés : bourreau, moyen-âge, émotions, pouvoir, contrôle, poursuite.

Basile n’a pas choisi la vie d’exclu qu’il vit à cause du métier de son père, bourreau dans le comté de Provence en cette année 1268. Il n’a pas voulu non plus devenir son apprenti. Quand il découvre qu’il possède le don de ressentir les émotions des gens qui l’entourent, de se les approprier et de les retourner contre ceux qui le méprisent, tout bascule.
Accusé de sorcellerie, poursuivi par un inquisiteur, agressé par des sentiments qui ne lui appartiennent pas, il doit fuir pour retrouver son clan. Tant qu’il n’aura pas réussi à maîtriser cette puissante empathie, il sera menacé.
À moins qu’il ne décide de l’exploiter pour dominer les autres en manipulant leurs émotions…

Mon avis

La magnifique couverture de ce livre – réalisée par David Lecossu – avait déjà attiré mon regard, mais c’est la chronique de Maureen du blog Bazar de la Littérature, puis ma rencontre avec l’auteure à Valjoly’maginaire qui m’ont décidée à tenter l’aventure et à me plonger dans ce roman.

On suit les pas de Basile, jeune homme vivant en France au Moyen-Âge. Fils d’exécuteur, son avenir semble tout tracé. Il commence son apprentissage en tant que bourreau, mais un obstacle de taille l’angoisse : il ressent les émotions des gens qui l’entourent et surtout, il les voit. Tout va changer pour lui le jour de sa première exécution. Il se rend compte petit à petit qu’en plus de voir les émotions, il peut les manipuler à sa guise, tant qu’il en a en réserve. Après un drame familial, il doit fuir sa maison et un long périple commence, dans lequel il découvrira ses pouvoirs tout en apprenant à se connaître lui-même.

Le Moyen-Âge est une période qui m’a toujours fascinée. L’auteure a fait un travail de recherche incroyable pour nous dépeindre au mieux la vie quotidienne de cette époque. Que ce soit le travail, le commerce, les voyages, la religion, tout est décrit en détail pour que le lecteur puisse avoir une image précise de l’organisation de la société et des relations humaines de l’époque. J’ai trouvé que le roman valait déjà la peine d’être lu rien que pour la précision et la rigueur de la fresque historique qui nous y est présentée !

J’ai apprécié suivre Basile dans sa quête et surtout dans sa découverte du mystérieux pouvoir qui l’habite. Il a un parcours assez atypique, puisque c’est un jeune homme lettré, sans pour autant être de la noblesse, qui doit cacher son identité de fils de bourreau à tous pour ne pas être rejeté. À cause de son enfance exclu de la société, il a beaucoup de mal à faire confiance aux autres, ce qui le met dans des situations assez embarrassantes et qui l’empêche de se construire un cercle social. Il a toujours l’impression qu’on veut juste se servir de lui et préfère une vie solitaire à un quotidien de servitude. Une colère contre l’attitude incompréhensible des gens gronde en lui, et c’est en partant de chez lui qu’il va apprendre à s’ouvrir au monde et à le comprendre. C’est un protagoniste très contrasté, qui va énormément évoluer au fil du récit.

L’intrigue est très prenante ! Basile est recherché par beaucoup de gens (pas toujours bien intentionnés) et il doit souvent se cacher. Son pouvoir lui est utile dans sa fuite, mais comme il ne le maîtrise pas encore bien, il ne va pas non plus le sauver à chaque fois. En plus d’un récit rythmé en péripéties, de nombreuses révélations sur Basile et ses origines accentuent la trame narrative, ce qui donne un roman qu’on n’a pas envie de lâcher !

Même si j’ai beaucoup aimé l’histoire de ce roman, j’ai trouvé qu’il y avait parfois un peu trop de « hasards heureux » dans l’intrigue. Basile, tout en étant en fuite et poursuivi par de nombreuses personnes, a toujours beaucoup (trop?) de chance dans les rencontres qu’il fait et dans les lieux qu’il visite. Par exemple, son père lui avait parlé d’un oncle à Arles qu’il pourrait rejoindre : il s’avère que sans connaître ni son visage ni son prénom, il le croise sur la route, alors qu’Arles est une très grande ville pour l’époque et qu’il lui aurait fallu plusieurs jours, voire semaines, pour le retrouver. Ce sont des petits détails qui font avancer l’histoire plus vite, mais j’ai trouvé qu’ils sont un peu trop fréquents.

J’ai aussi beaucoup aimé la plume douce et agréable de l’auteure. Un flux d’émotions n’est pas une chose facile à décrire, mais Patricia Le Sausse n’hésite pas à prendre son temps et à détailler les scènes qui se déroulent sous nos yeux avec précision. Elle arrive aussi à doser parfaitement les moments d’action et de discussion/révélation. À la fin du roman, le lecteur a des réponses à toutes les questions qu’il s’est posées durant le récit, ce qui est trop rarement le cas !

Citations

« Basile était tétanisé. Sa première exécution allait avoir lieu dans quelques heures. Après ça, il ne pourrait plus espérer exercer un autre métier. Il détailla la foule d’un air dégoûté, mais se reprit bien vite quand Gauvin revient vers lui et se planta, bras croisés et jambes espacées, devant son office. Surpris, Basile l’observa fixer la populace avant de comprendre qu’il affirmait ainsi son importance et les défiait de l’insulter à nouveau. L’exécuteur savourait l’instant, attendait son heure, le moment de passer à l’action. »

« La haine de l’homme envers l’exécuteur valait le mépris que celui-ci lui retournait. Basile sentait les deux volontés s’affronter. Surpris, il se rendit compte qu’il pouvait voir les émotions des deux adversaires. Pas simplement les ressentir, mais bel et bien les apercevoir. La colère du volailler, nuage orageux, sombre, se gonflait et se dégonflait au rythme de sa respiration. Elle jaugeait le dédain qui cernait Gauvin et se dressait haut et fier comme un bouclier infranchissable pour lui faire front. Les deux sentiments se défiaient, s’élançaient pour tester leur intensité. L’air tremblait autour d’eux comme par les journées de forte chaleur. La tête lui tourna. Que lui arrivait-il? »

Conclusion

Une belle fresque historique, très documentée, mêlée à une histoire fantastique. J’ai adoré découvrir la société moyenâgeuse et partir sur les routes avec Basile, à la recherche d’explications sur son mystérieux pouvoir et ses origines. Un récit très prenant que je recommande!

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#FungiLumini

Bonus

J’ai eu la chance de rencontrer l’adorable auteure Patricia Le Sausse à Valjoly’maginaire et j’ai eu une jolie dédicace 🙂

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5 réflexions sur “Le Jarwal

  1. Pingback: Jarwal - Cabinet de Curiosités... revue de presse - Éditions du Riez

  2. Pingback: #40 C’est lundi ! Que lisez-vous ? | Livraisons Littéraires

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