Journal d’un marchand de rêves

9791092100730Titre : Journal d’un marchand de rêves

Auteur: Anthelme Hauchecorne

Éditeur : Atelier Mosésu

Genre(s) : dark steampunk/ dreampunk

Nombre de pages : 559

Mots-clés : rêve, ça, aventure, accident, drogue, cinéma, amour.

Oubliez ce que vous pensez savoir des rêves… 

J’ai séjourné en hôpital psychiatrique. Pas de quoi fouetter un chat sauf lorsque, comme moi, vous êtes fils de stars. Par crainte du scandale, mes parents m’ont expédié loin d’Hollywood, dans la vieille Europe.
Les meilleurs spécialistes m’ont déclaré guéri. En vérité, la thérapie a échoué. Les songes ont repris, plus dangereux que jamais.

Malgré moi, je me trouve mêlé aux intrigues de puissants Rêveurs. Des gens charmants et bien décidés à m’éliminer, mais avec élégance.

M’entêter serait totalement déraisonnable. Pourtant, deux plaies à vif m’empêchent de tourner la page…

La première est une fille.

La seconde, une soif de vengeance.

Je m’appelle Walter Krowley. Vous tenez mon journal intime. Prenez-en soin. Ce livre pourrait devenir mon testament…

Mon avis

J’avais pris un peu d’avance pour ce livre, puisque j’ai eu la chance de le lire en bêta-lecture avant sa publication, mais j’ai ensuite pris du retard pour ma chronique. :p Ça a été un véritable plaisir de me replonger dans les pages de cet univers onirique après avoir reçu mon exemplaire papier ! La magnifique illustration de Marcela Bolivar alliée au travail graphique steampunk de Miesis donne une couverture sublime et originale.

Le récit se présente sous la forme d’un journal intime, écrit a posteriori,  qui relate la vie mouvementée du rêveur Walter Krowley. Fils d’acteurs célèbres, il vit dans la richesse et l’opulence à Hollywood. Cette vie que beaucoup lui envieraient ne l’avantage en rien : il est seul, ne semble pas avoir de talent et ne fait rien de sa vie à part sortir, boire et se droguer. Son réveil dans l’Ever – le monde du rêve – va changer sa vie. Il va y rencontrer des amis – très peu -, une fille mécanicienne qui fait chavirer son cœur, mais aussi des automates tueurs, des rêveurs hors-la-loi, d’étranges animaux nommés « Ça » et bien d’autres encore. Il va aussi y découvrir le pouvoir du sable des rêves et ses effets dans le monde réel.

Walt, c’est un peu le loser de service. On a l’impression que chaque chose qu’il entreprend se termine en catastrophe ou en échec. C’est à se demander comment il reste en vie. :p C’est en même temps cette maladresse et ses erreurs constantes qui en font un personnage super attachant. On a pitié de tous les malheurs qui lui arrivent et on voudrait par moment l’aider et à d’autres moments lui donner des claques ! Il ne fait jamais rien de prévisible et c’est ça qui en fait un protagoniste fascinant, d’un type que je n’avais encore jamais croisé auparavant. Une chose que je n’ai cependant pas aimée est la façon dont il traite son Ça. D’accord, c’est un monstre prédateur un peu effrayant, mais il lui sauve plusieurs fois la vie et jamais Walter n’a un geste tendre envers lui. Je trouve ça triste même si ça colle bien au personnage.

Si j’ai bien aimé Walter, j’ai absolument adoré Banshee. Déjà, c’est une mécano-inventrice super badass. Elle est indépendante, sauvage, mais peut aussi être douce et attentionnée. Tout au long du livre, on a l’impression qu’elle joue un double jeu et on ne sait jamais très bien si on peut lui faire confiance ou pas. Elle dissimule un passé douloureux et un lourd secret qui font d’elle ce qu’elle est actuellement dans l’Ever. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression qu’Anthelme propose souvent des héroïnes géniales, super intelligentes et manipulatrices, alors que ses héros masculins sont plutôt des losers qui se font toujours avoir : dans Le Carnaval aux corbeaux, Gabriel et Ludwig passent de mésaventure en mésaventure alors que Suzon/Silke a l’air de très bien gérer les événements et dans Âmes de Verre, Camille semble beaucoup plus dégourdie et combattante que Vincent. Journal d’un marchand de rêves suit également ce schéma.

La belle plume d’Anthelme est toujours aussi aiguisée. Il nous propose un univers incroyable et déjanté, comme lui seul en a le secret. On bascule de monde en monde et de surprises en révélations décisives. Anthelme est un auteur aux multiples inspirations autant cinématographique, littéraire que musicale. Cela se ressent énormément dans ce roman : les références culturelles sont nombreuses et très variées. Pour celles que je ne connaissais pas, il y avait souvent une note de bas de page qui en expliquait le contexte général. Le livre est truffé de petits secrets, de portes à ouvrir qui ne demandent qu’une carte de rêveur pour être déverrouillées.

En tant que Belge, j’ai beaucoup aimé le fait qu’une partie de l’intrigue se déroule à Bruxelles/ Sellexurb. J’ai retrouvé des lieux où j’ai l’habitude de me promener, mais j’ai aussi découvert de nouveaux coins !

Petit détail esthétique que j’ai bien aimé : chaque chapitre commence par une illustration élégante noire d’engrenages. Si les engrenages sont associés à un attrape-rêve, c’est que l’intrigue du chapitre se déroule majoritairement dans l’Ever. S’il n’y a que des engrenages, c’est que l’histoire se passe dans le monde réel. Une jolie touche originale !

Citations

« Je vous ai promis la vérité. Or, cette dernière exige parfois de se salir les mains. Sortez vos griffes, vous et moi allons gratter sous ce joli vernis. Le tableau idyllique que je vous ai dépeint cache de vilaines craquelures qui méritent d’être creusées. »

« Pourquoi Bruxelles? Me demanderez-vous. Il s’agissait d’une décision mature et réfléchie, fondée sur mon désir de retrouver Banshee. C’était l’amour avec un grand A qui me poussait outre-Atlantique. Rien à voir avec la rancune. Cette fille m’avait manipulé, menti, trahi et crevé le cœur, pourtant je ne lui en tenais pas rigueur. J’étais tout disposé à lui pardonner, sitôt que je lui aurais rendu la pareille. J’ai quitté le soleil de Californie pour débarquer à Bruxelles, en plein novembre. Bon timing, pour une fois. La vengeance est un plat qui se sert froid. »

Conclusion

Anthelme Hauchecorne nous emmène avec ce livre au plus profond du monde des rêves, où le sable est le plus pur et les trahisons les plus douloureuses. Un gros coup de cœur pour l’univers, les personnages et l’histoire. Une oeuvre dreampunk originale que je vous recommande à 100% !

Coup (1)

#FungiLumini

Bonus

J’ai été une des bêta-lectrices (pour ceux qui ne connaissent pas le terme, ça veut dire que l’auteur m’a envoyé le manuscrit avant édition pour que je donne mon avis/ décrive mon ressenti/signale les incohérences/etc.) de ce livre et j’ai donc mon nom dans les remerciements ! 🙂

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Une réflexion sur “Journal d’un marchand de rêves

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