Livres et Gourmandises : Vampire malgré Lui (12/12)

Un nouvelle une gourmandise (1)

Recueil : Vampire malgré lui

Éditeur : Éditions du Petit Caveau

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Nouvelle : Mademoiselle Edwarda

Auteur : Vincent Tassy

Genre : récit vampirique

Résumé : un transsexuel est transformé en immortel avant son opération de changement de sexe.

Prix Merlin 2013 de la meilleure nouvelle fantastique


Cocktail de la semaine

Il commence à faire froid, c’est le moment de faire son vin chaud maison et de se pelotonner dans une couverture pour lire ! 🙂

Prenez un mélange vin chaud, ajoutez des fruits (moi c’est orange et pomme 😉 ) et des épices à vin chaud en plus si vous le préférez plus fort !

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Après avoir eu un énorme coup de cœur pour Apostasie, j’avais hâte de lire à nouveau Vincent Tassy. J’attendais donc impatiemment d’arriver à la fin de ce recueil pour pouvoir me plonger à nouveau dans l’univers de l’auteur.

On entre dans un monde féminin de plumes et de paillettes. On y fait la connaissance d’un personnage hors du commun : Isidore ou Mademoiselle Edwarda en devenir. Il est né garçon mais sait qu’il ne sera vraiment lui-même que lorsqu’il sera devenu une femme. Isidore est la chenille et il ne deviendra papillon magnifique qu’après son opération pour changer de sexe quelques jours plus tard. Lors de sa dernière nuit en ville, il fait la rencontre de Théodore, un jeune homme envoûtant qui lui promet l’éternité. Ils passent la nuit ensemble, ce qui conclut bien la dernière nuit d’existence d’Isidore. Le lendemain, il se sent fatigué et aperçoit des marques dans son cou, mais seule compte son opération. Il va vite déchanter lorsqu’il se rend compte que son rêve ne pourra finalement pas se réaliser.

Après une entrée dans un monde de couleurs et de légèreté, on se retrouve dans le milieu blanc et aseptisé des hôpitaux. C’est l’endroit où parfois les miracles arrivent mais aussi celui où les rêves se brisent. Isidore ne sera jamais Edwarda, il est perdu, brisé. Il a obtenu l’éternité mais va devoir la passer dans un corps qu’il méprise. L’auteur parvient par ses descriptions à nous faire passer tout le désespoir et la tristesse du protagoniste. Dès le début de l’histoire, on se doute de ce qui va arriver, mais ça nous brise quand même le cœur quand l’évidence nous frappe. On s’attache à Isidore et à ses rêves – le voir échouer si près du but est douloureux.

Vincent Tassy possède une plume incroyable, à la fois poétique et mélancolique, qui fait que j’apprécie énormément le lire. L’histoire ici décrite est bien plus ancrée dans le réel qu’Apostasie, mais elle n’en est pas moins poétique. Le protagoniste vit dans un monde de rêves et d’illusions. Pour lui, la beauté est une valeur essentielle à l’existence et s’il doit mourir, il veut absolument que sa mort soit belle. Il ne veut pas vivre dans ce corps qui va rester à jamais au stade de chrysalide mais ne veut pas non plus mourir si c’est de façon banale, ordinaire. La beauté et l’horreur se côtoient dans ce texte sans pour autant s’opposer.

L’auteur nous introduit beaucoup de référenceslittéraires et musicales – qui donnent un sens plus profond au texte et une ambiance toute particulière. Seul petit bémol pour moi : même si j’ai compris la plupart des allusions, je pense avoir quand même raté quelques subtilités du texte car je n’ai par exemple pas lu  Madame Edwarda de Georges Bataille, ouvrage plusieurs fois cité dans cette nouvelle. Je vais essayer de me rattraper !

Extrait

« Comment ai-je senti que désormais j’étais immortelle? Ce n’est pas juste le cœur qui ne bat plus, le souffle qui n’existe plus, ni les yeux, ni la langue qui ne souffrent plus de leur sécheresse ; c’est en fait ce long vide dans le crâne, cette angoisse d’être comme une pierre creuse, ce vertige d’aller à l’intérieur de soi et de n’y voir plus rien que d’interminables vallons noirs. C’est surtout sentir sur soi les lorgnades des nuages, des murs, des fenêtres, des flaques d’eau, des brindilles d’herbe ou des grains de poussière ; c’est le regard d’un précipice, celui d’une sentence secrète, parfois même celui d’un grand éclat de rire qui vous foudroie jusqu’aux cendres. »

Conclusion

Un très beau texte sur un sujet peu ordinaire mais pourtant tellement prenant, mené par une magnifique plume. Je recommande grandement cette nouvelle !

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#FungiLumini


Me voici à la fin de cette anthologie. Faisons un peu le point sur mes lectures. En résumé :

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Noblesse d’âme

Neverland

Les Naömis

Les dents de Kitty

Dis-moi qui tu manges

Déchéance

Mademoiselle Edwarda

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Comme un cœur qui bat

Pétrus

Cuttle Feesh

Si tous les rois de la terre

pas convaincue

Chapitre Premier

N’arrêtez pas votre lecture si la première nouvelle ne vous a pas plu, le reste de l’anthologie en vaut franchement la peine ! Vous y découvrirez la figure mythique du vampire revisitée de manière originale par l’imagination débridée des auteurs. Plein de chouettes découvertes, dont certains auteurs dont j’ai tellement apprécié la plume que j’ai commandé leurs romans, bref je recommande cette anthologie ! 🙂


La semaine prochaine, je continue le rendez-vous « Livres et gourmandises » du dimanche avec une nouvelle anthologie : Montres enchantées aux éditions du chat noir !

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Indécis entre fuite et union, le temps est un amant insaisissable. Omniprésent, dès qu’on le regarde, il s’efface pourtant, déjà évanescent. Inlassablement, il permet croissance ou use jusqu’à l’extinction. L’être humain pourchasse depuis toujours ce dieu créateur et destructeur, en quête de son asservissement. Secondes, minutes, heures… L’esprit cartésien a beau le fractionner, il n’en demeure pas moins incontrôlable.
Et si la relecture de notre passé, de notre culture, ou encore du progrès scientifique nous en accordait la maîtrise, l’Homme saurait-il mieux gérer son temps ?
Plongez-vous sans perdre une minute dans cette anthologie et peut-être, parmi ses pages, percevrez-vous le tic-tac de ces montres enchantées.

Les auteurs : Marie Angel, Marie Lucie Bougon, Esther Brassac, Fabien Clavel, Sophie Dabat, Hélène Duc, Clémence Godefroy, Cécile Guillot, Claire Stassin, Geoffrey Legrand, Lucie G. Matteoldi, Pascaline Nolot, Laurent Pendarias, Marine Sivan, Marianne Stern, Vincent Tassy, Adeline Tosello

 

 

 

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3 réflexions sur “Livres et Gourmandises : Vampire malgré Lui (12/12)

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