Géniteurs & Fils

1240619_701320933229117_1470346806_nTitre : Géniteurs & Fils

Auteur : Anthony Boulanger

Éditeur : éditions du chat noir

Genre(s) : recueil de nouvelles, fantastique

Nombre de pages : 170

Mots-clés : père, pluie, imaginaire

L’union tissée entre un père et son enfant est un lien primordial qui demeure bien au-delà du temps partagé, mais que se passe-t-il lorsque cette relation est non-fonctionnelle, défaillante, dangereuse ? Rabaissées, violentées, ignorées, quel destin attend ces pauvres âmes qui portent les stigmates d’une jeunesse gâchée ? Pourront-ils engendrer une nouvelle génération ou bien les séquelles de leurs traumas ne provoqueront-elles que la répétition de maux profonds ?
À travers les nouvelles de ce recueil, oscillant entre réel et fantasme, des Fils et leur Géniteur se fuient, se pourchassent, se détruisent, volant en éclats de vie et de peur. La plume d’Anthony Boulanger suit l’évolution de cette relation, en quête de compréhension et d’un changement possible afin d’effacer les erreurs vécues par les générations meurtries.

Mon avis

Depuis un petit temps déjà, la couverture de ce livre m’attirait et le titre m’intriguait. J’ai profité d’une promotion chez Chat Noir pour prendre ce titre d’Anthony Boulanger, auteur que je ne connaissais pas encore. J’ai profité de ma venue aux Imaginales pour lire ce recueil. Je n’ai malheureusement pas pu y rencontrer l’auteur, qui a annulé sa venue, mais j’ai cependant passé un bon moment de lecture avec ce recueil  et j’espère avoir l’occasion de voir l’auteur lors d’un autre festival littéraire !

Le livre est divisé en cinq parties – génération première, abandonnée, perdue, sauvée et seconde -, chaque partie contient entre un et quatre nouvelles. Un thème commun lie toutes les nouvelles du roman : la relation père-fils, qu’elle soit bonne, mauvaise, voire désastreuse. Parfois ce sont des pères et fils qui ignorent leur parenté, parfois le lien n’est pas de sang. Le lien qui les unit finit toujours par réapparaître, pour le meilleur ou pour le pire. J’avais l’impression que la pluie était aussi un motif récurrent dans les nouvelles, mais après, je peux me tromper. :p

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce recueil, c’est qu’aucune nouvelle ne se ressemble. Bien qu’ayant un thème récurrent, les univers décrits et les genres de chaque histoire changent radicalement à chaque fois. Il y a du fantastique, du mystique, de la S-F, de la dystopie,de l’horreur (légère :p ), etc. Les nouvelles proposent un nouvel espace imaginaire sur quelques pages et le lecteur rentre dans chacun des textes avec aisance , mais il en ressort aussi trop rapidement à mon goût. J’ai vraiment eu un coup de cœur pour la nouvelle « Proie et dresseur » qui raconte l’histoire d’un déserteur qui fuit dans l’espoir de revoir sa famille et qui est poursuivi par un homme qui veut le punir pour sa désertion. J’ai aussi beaucoup aimé la nouvelle « Après le mot fin », dans laquelle un petit garçon a le pouvoir de disparaître dans son livre.

J’ai apprécié découvrir la plume d’Anthony Boulanger dans ce recueil. Son écriture est poétique mais sans en faire trop. Le souci du détail dans l’utilisation de la langue est présent. Les événements sont racontés de manière efficace et fluide. J’ai vraiment hâte de découvrir cet auteur dans un texte plus long !

Ma lecture de ce recueil a été rapide, peut-être un peu trop rapide même. J’aurais aimé que certains univers soient plus développés, que certaines nouvelles soient un peu plus longues. Bref, j’en aurais voulu plus !

Citations

« Cela fait maintenant sept mois qu’il ne s’est pas arrêté de pleuvoir. Sous mes bottes, la terre est lourde, grasse. La glaise s’accumule sous mes semelles et me ralentit.J’ai froid, je suis gelé jusqu’aux os. Sept mois de pluie, huit mois de désertion. Sept mois de pluie, huit mois de course-poursuite.Je continue ma route, un pas après l’autre. » Proie et Dresseur

« Contre le feuillage, la pluie frappe et tinte, cristalline. Elle s’accorde parfaitement avec l’odeur de terre mouillée et de végétaux en décomposition empestant le sous-bois. C’est comme un requiem, mais en l’honneur de qui est-il donné?  » Proie et Dresseur

« Rentrer chez soi signifiait accepter ce fait, accepter de passer une nuit supplémentaire et de recommencer un lendemain. Se lever, assister et participer à des prises de tête en tout genre pour commencer. Puis aller en cours, en revenir, traîner dehors, dépérir à petit feu. Se sentir vieux et sale alors qu’on avait même pas encore dix-huit ans. Puis, enfin rentrer, être accueilli par les larmes de la mère et les coups ou les gueulantes du père. Finir la journée en hurlant à son tour puis claquer la porte. dormir. Recommencer. Recommencer. Recommencer. » L’écume des Nuits

Conclusion

Je recommande ce recueil qui m’a fait découvrir une constellation de petits univers, fort différents les uns des autres et très bien écrits. Le thème y est traité de manière originale et variée. Un livre qui peut se dévorer en une fois ou se déguster en plusieurs fois.

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#FungiLumini

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Une réflexion sur “Géniteurs & Fils

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