Demain, une oasis

demain une oasis

 

Titre : Demain, une oasis
Auteur : Ayerdhal
Éditeur : Editions Au Diable Vauvert
Prix :
Grand prix de l’imaginaire (1993)
Genre : roman d’anticipation
Nombre de pages : 251 pages

 

Résumé
Dans ce roman, Ayerdhal nous met dans la peau d’un médecin ordinaire travaillant pour l’OMES (l’Organisation Mondiale de l’Expansion Spatiale). Vivant une petite vie de fonctionnaire au salaire confortable, rien ne semble pouvoir ébranler le quotidien tranquille et ennuyeux du petit bourgeois. Pourtant, du jour au lendemain sa vie va basculer : il va être kidnappé par une sorte d’organisation terroriste mais humanitaire qui le propulse en deux temps trois mouvements en plein cœur d’une Afrique qui crève de faim et qu’il ne pourra plus jamais ignorer…

Extrait

Il y avait un monde découpé en trois zones : les pays industrialisés, riches, les pays en voie de développement, pauvres, et le tiers-monde, indigent. Les uns avaient salopé la planète pour conquérir l’opulence, les autres avaient tenté de les imiter, les derniers cherchaient seulement à bouffer.

Un jour, les riches ont pris conscience des dégâts produits et de l’irréversibilité du phénomène, mais leur technologie avait évolué et ils pouvaient continuer à nager dans le luxe. Alors ils ont demandé aux pauvres de rester propres, de ne pas aggraver la pollution avec des énergies polluantes, de limiter leur croissance. Ils ont même fabriqué des guerres pour bien montrer qui était le plus fort, qu’ils ont gagnées évidemment, mais c’est celui qui casse qui casque, et là, ça ne les amusait plus du tout. Ils ont donc fermé les yeux. Les hommes au pouvoir ont fermé les yeux en aveuglant un peu les masses, et les pauvres se sont enrichis, un tout petit peu, insuffisamment pour s’en sortir, suffisamment pour achever les destructions écologiques que les riches avaient entamées un siècle avant.

 

Mot sur l'auteur

Ayerdhal était un célèbre auteur français contemporain qui s’est surtout illustré dans la fiction et le thriller. Au cours de sa carrière, il s’est vu attribuer deux fois le prix de l’imaginaire ainsi que le prix Cyrano pour l’ensemble de son œuvre.

Mon avis

Ce livre m’a beaucoup plu ! Il donne à voir un véritable contraste entre le monde luxueux et aseptisé de la politique orientée vers l’aérospatial et le monde malade et affamé de l’Afrique de l’Est. En tant que lecteur, on est vite placé dans la peau d’un petit bourgeois que l’on force à regarder la misère du monde qui l’entoure… et on ne peut s’empêcher de s’identifier à lui. Nous sommes tous un peu comme lui, il faut l’admettre : on adore notre petit confort quotidien, on donne de l’argent à MSF tous les mois, mais notre pensée émue pour les gens qui meurent de faim s’arrête là. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce livre donne à réfléchir sur les inégalités entre les hommes dans le monde.

Le personnage principal est assez ambivalent et semble partagé entre son envie de retrouver son quotidien et son petit confort et son envie d’aider une population en difficulté et ceux qui sont devenus ses amis malgré les horreurs qu’ils lui ont fait subir. Si l’Interne – comme il se nomme lui-même tout au long du récit – semble se rebeller contre les méthodes de ceux qui l’ont enlevé, il n’en est pas moins dévoué à la cause qu’ils défendent…

Mais l’histoire ne semble pas avoir été créée pour culpabiliser le lecteur. Les médecins qui œuvrent en Afrique ne font pas simplement partie d’une organisation militaire, ce sont aussi des terroristes. Bien sûr, ils ne bombardent aucune ville, ils ne tuent personne, en revanche, ils kidnappent des médecins et des scientifiques partout dans le monde pour les obliger à rejoindre leur cause. Dans le cas du personnage principal cela semble fonctionner, il résiste vaguement aux mauvais traitements qu’on lui inflige mais il finit par aider cette organisation humanitaire car il ne lui est plus possible d’ignorer la misère qui l’entoure.

Même si ma première réaction a été d’associer ce groupe à une idée que je me fais de la justice, j’ai vite déchanté. Que fait-on du libre arbitre dans cette histoire ? L’altruisme, par définition, est une qualité spontanée, on ne peut pas être altruiste par obligation. Bien sûr, les événements de l’histoire – comme les enlèvements par exemple – sont exagérés, ce qui est tout à fait cohérent avec le genre du roman d’anticipation, mais si on transpose ce questionnement sur le libre arbitre à la réalité actuelle, on est face à un constat peu glorieux. Il est certain qu’en Afrique, il y a un manque cruel de médecins, de soins, d’eau potable, de nourriture et de tant d’autres choses encore et pourtant très peu de gens sont prêts à sortir de leur zone de confort pour aller les aider. La réalité est alors bien triste : l’homme est intrinsèquement mauvais et n’aide volontairement pas ses semblables lorsqu’ils sont dans la difficulté et nous sommes simplement incapables d’aider ceux qui nous entourent sans y être contraints… C’est un tableau assez écœurant qui est nous est donc peint par Ayerdhal dans ce roman. Mais comme tout roman d’anticipation, je pense qu’il joue un rôle de mise en garde : voilà ce vers quoi nous pourrions tendre, à nous maintenant de faire en sorte d’éviter ce genre de scénario catastrophe.

Au-delà du contenu de l’histoire, j’aimerais aussi souligner la particularité du style de l’auteur. Sa façon de décrire les choses, surtout en Afrique, est très visuelle. On se sent vraiment plongé au cœur d’un monde qu’on ne connaissait pas ! Evidemment, cela contribue aussi à alourdir la culpabilité que l’on ressent parfois au travers de certaines lignes, mais c’est aussi grâce à cela qu’on peut autant se projeter dans le récit…

Conclusion

L’histoire est bien construite et l’intrigue n’est pas trop complexe, en plus, le style est très fluide et accessible ce qui rend la lecture agréable et facile. Toutefois, c’est un livre qui donne à réfléchir sur le rôle que nous avons en tant que citoyens du monde… J’ai personnellement beaucoup aimé !

extra1

#Marty

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2 réflexions sur “Demain, une oasis

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