Un homme qui dort


Un_homme_qui_dort
Titre : Un homme qui dort

Auteur : Georges Perec

Éditeur : Gallimard, collection Folio

Genre : roman

Nombre de pages : 160 pages

 

Mots-clés : introspection, nouveau roman, Oulipo

 

Résumé personnel

Un personnage, dont on ne connait pas le nom, prend soudain conscience de sa réalité. Il arrête de vivre selon les conventions et ce que la société attend de lui, il décide de tout simplement vivre. Il ne fait rien de ses journées et passe son temps à analyser ce qui l’entoure, les bruits, les décors,…

Extrait

Lorsque je n’ai plus ressenti ni joie ni douleur pendant un certain temps et que j’ai goûté à la médiocrité tiède et insipide de ces journées prétendument agréables, mon âme naïve est agitée par une souffrance et une détresse particulièrement violentes. Alors, je jette à la face béate de la divinité satisfaite et somnolente la vielle rouillée qui accompagne mon chant de grâce, préférant à cette température moyenne et saine la morsure d’une douleur intérieure cuisante, proprement infernale. Je sens brûler en moi un désir sauvage d’éprouver des sentiments intenses, , des sensations ; une rage contre cette existence en demi-teinte, plate, uniforme et stérile ; une envie furieuse de détruire quelque chose, un grand magasin, par exemple, une cathédrale, ou moi-même ; une envie de commettre des actes absurdes et téméraires, d’arracher leur perruque à quelques idoles vénérées, de munir deux ou trois écoliers rebelles du billet tellement désiré qui leur permettrait de partir pour Hambourg, de séduire une petite jeune fille ou de tordre le cou à quelques représentants de l’ordre bourgeois. Car rien ne m’inspire un sentiment plus vif de haine, d’horreur et d’exécration que ce contentement, cette bonne santé, ce bien-être, cet optimisme irréprochable du bourgeois, cette volonté de faire prospérer généreusement le médiocre, le normal, le passable.

 

Mot sur l’auteur

Georges Perec est un écrivain français du XXème siècle. Membre de l’Oulipo, Perec écrit selon certaines contraintes formelles, littéraires ou mathématiques. En 1965, Georges Perec remporte le Prix Renaudot pour son premier roman Les choses.

 

Avis personnel sur le livre

C’est une belle réflexion sur la vie et ce qu’elle est dans son essence. Qu’est ce qu’il nous reste quand nous cessons d’être un être social ? Que représente une vie qui suit simplement son cours, sans interaction particulière avec le reste de la société ? Personnellement, j’ai beaucoup aimé suivre le parcours d’un homme qui se pose des questions existentielles et qui décide de réellement prendre conscience de son quotidien, c’était très rafraîchissant.

Evidemment, il faut aimer le genre « Nouveau roman », c’est très déconstruit par rapport aux codes de lecture habituels. Il n’y a pas de véritable fil rouge à l’histoire si ce n’est celui du fil de la pensée du personnage principal. Il va et vient dans ses réflexions et c’est vrai qu’il est parfois difficile à suivre. Mais malgré tout j’ai trouvé ce livre captivant ! Il n’y a aucune intrigue particulière et je pense que l’astuce quand on lit ce genre de livre est de ne pas essayer de comprendre le narrateur… Personnellement j’ai lu ce livre comme une suite de piste de réflexions sur l’existence et c’est pourquoi il m’a autant plu.

J’ai aimé essayé de me mettre dans la peau de quelqu’un d’autre, d’appréhender sa façon de vivre et de construire son existence selon un mode de vie qui peut paraître ennuyeux ou futiles mais qui pourtant laisse tellement plus de place à la réflexion qu’un mode de vie standard à cause duquel on passe son temps à courir et à rentabiliser chaque minute par une action concrète. Et pourtant à aucun moment l’auteur ne semble juger le mode de vie des autres, il se contente d’en adopter un autre de façon naïve et intuitive… C’était un bel échappatoire…

 

Conclusion

J’ai beaucoup aimé, je le recommande vivement à ceux qui aiment passer du temps à simplement se poser des questions sur leur existence. Par contre, si vous avez des tendances suicidaires, abstenez-vous, je ne voudrais pas avoir votre mort sur la conscience… Attention, c’est un roman issu du courant du nouveau roman, ça ne plait pas à tout le monde, il n’y a pas de véritable histoire ni de véritable personnage, c’est très introspectif comme écriture, ce n’est pas fait pour tout le monde !

 

12310692_10207042204746367_5255589426605542608_n

 

#Marty

Publicités

Une réflexion sur “Un homme qui dort

  1. Pingback: #05 – C’est lundi ! Que lisez-vous ? | Livr'aisons littéraires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s