Le meilleur des mondes

le meilleur des mondes

 

Titre : Le meilleur des Mondes
Auteur : Aldous Huxley
Éditeur : Plon
Genre : roman
Nombre de pages : 235 pages
Traduction : traduit de l’anglais par Jules Castier
Mots-clés : Société, subversion, masses, arbitraire, utopie

 

Résumé personnel

L’histoire se passe dans un futur lointain où la technologie a pris le pas sur l’humanité. Dans ce futur, les enfants sont conçus dans des éprouvettes et le sexe est banalisé, il n’est plus qu’un moyen d’assouvir ses désirs. Tous les hommes sont conçus pour appartenir à une caste de la société et pour accomplir une certaine fonction. Tout est fait pour maintenir l’ordre social : un médicament appelé le soma est utilisé par tous les hommes pour fuir la réalité quand elle devient difficile et ceux qui réfléchissent trop sont écartés du système. Mais il existe toujours des endroits dans le monde où les hommes vivent sans conditionnement et où la reproduction de l’espèce humaine est toujours « naturelle ».

 

Extrait

Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées.
Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, par la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.
On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.
Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu.
Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir.

 

Mot sur l’auteur

Aldous Leonard Huxley est un auteur anglais (britannique) du XXème siècle. Le Meilleur des mondes est son plus grand succès.

Plus qu’un romancier, c’est aussi un essayiste et il a aussi écrit quelques nouvelles, de la poésie, des récits de voyage et des scénarios de film. Il se pose souvent en critique de la société dans ses ouvrages.

 

Avis personnel sur le livre

L’histoire est présentée de façon très légère, ce qui permettrait à un lecteur souhaitant juste se divertir d’apprécier la fiction et le comique de certaines situations. Comme les personnages vivent dans un monde où ils laissent libre cours à leurs pulsions, ils ont des mœurs vraiment différentes des nôtres, ce qui provoque des situations assez drôles.

Mais au-delà de l’histoire amusante et parfois déconcertante que l’auteur présente en surface, on retrouve une remise en question de notre société actuelle. L’auteur a sans doute volontairement caricaturé la société britannique du XXème siècle et l’a transposée dans un décor futuriste où la science aurait été mise à disposition des hautes instances pour mieux contrôler les hommes, dans le but de mettre en évidence l’aliénation des masses vers laquelle les autorités politiques contemporaines pourraient tendre.

Même si ce livre se base sur ce qu’aurait pu être l’évolution de la société à partir de ce qu’elle était en Angleterre au XXème siècle, il a très bien vieilli. Si l’on gratte un peu à la surface de l’histoire qui nous est racontée, nous pouvons poser un regard critique sur notre société actuelle et prendre de la distance par rapport à tous les dispositifs grâce auxquels la société contrôle la population. Je ne suis pourtant pas une anarchiste ou une utopiste souhaitant révolutionner la face du monde et malgré cela, j’ai apprécié ce livre pour la réflexion qu’il m’a permis d’avoir sur la manipulation des masses.

Le livre raconte aussi comment un homme ayant évolué dans une société « normale » a été confronté à l’absurdité de cette nouvelle civilisation entièrement contrôlée par le pouvoir politique. Le choc de ces deux extrêmes nous donne à voir le meilleur et le pire dans les deux cas de figure…

Le seul ennui est que l’auteur a souvent recours à des citations ou à des références à Shakespeare. Même si elles sont souvent soulignées et parfois expliquées par l’auteur en notes en bas de page, ces références restent obscures pour un lecteur qui ne connaîtrait pas l’œuvre de Shakespeare de façon approfondie…

 

Conclusion

Je recommande vivement ! C’est de loin l’histoire la plus prenante que j’aie lue depuis un moment. Pour l’anecdote, ça a été mon livre de métro pendant une semaine et un jour, je suis arrivée à destination à 3 pages de la fin du livre. J’ai franchement hésité à attendre deux stations de plus. Plus sérieusement, que ce soit pour la fiction et le comique de certaines situations ou encore pour la réflexion sur la société auquel ce livre amène, je le recommande chaudement !

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#Marty

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3 réflexions sur “Le meilleur des mondes

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