Calaveras

calaveras_ebookcoverTitre : Calaveras
Auteur : Laya Croves
Editeur : Chiado Editeur
Genre : nouvelles
Nombre de pages : 152
Mots-clé : Mexique, indigènes, narcos, mort, touristes

Résumé éditeur

Calaveras, en tout onze histoires, puisées auprès des indigènes locaux. Toutes vraies, ou considérées comme telles par ceux qui les lui ont transmises. Certaines le sont réellement, ayant été révélées par la presse nationale mexicaine ou américaine. D’autres véhiculées comme faisant partie du folklore et des légendes du Sud du Mexique. Onze histoires où se mêlent les thèmes de la mort, du narcotrafic, de la condition indigène et de la religion, le tout saupoudré d’une écriture légère et souvent teintée d’humour. Plusieurs émotions étreindront le lecteur, de l’attendrissement à la révolte parfois, du sourire aux larmes également. Plus que tout, ces histoires sont un voyage immobile dans un Mexique authentique et généreux, burlesque et décalé, triste et joyeux à la fois, loin des clichés actuels trop souvent véhiculés.

Mon avis

Comme ce livre se situe sous le signe de l’humour, j’ai envie de partager avec vous une petite anecdote ! Quand j’ai commencé Calaveras, j’étais dans un avion, de retour de vacances. Paniquée par cet engin qui n’a strictement rien à faire dans le vide à des kilomètres au-dessus de la terre, je me suis mise à lire la première nouvelle pour penser à autre chose qu’à un possible accident dans les Pyrénées. Et là ! BAM ! CRASH D’AVION dans la première histoire… Soit. Respire, me suis-je dis, c’est une coïncidence. Lis la deuxième et tout se passera bien… ET BOUM ! RECRASH D’AVION ! Vu l’ironie de la situation… J’ai cru y voir un signe et j’ai imaginé de très belles chutes, à l’image de celles, très drôles, de ces deux premières histoires ! Heureusement, puisque vous lisez cette chronique aujourd’hui, c’est que je suis toujours en vie !

Avec Calaveras, on voyage au-delà des mers, au Mexique pour être plus précis, mais surtout au-delà des cultures, des mentalités, et du confort auquel nous, Gringos, sommes habitués. Les onze histoires racontées dans ce livre mettent en scènes des hommes, des femmes, et même des oiseaux, qui nous racontent des moments importants de leur vie. On découvre la condition de vie des indigènes, les paysages du sud du pays, les pratiques religieuses et culturelles, le narcotrafic, la frontière avec les Etats-Unis – aussi appelé Gringolandia. On fait la connaissance de Bonifacio, un veilleur de nuit qui a des rêves prémonitoires, de Lupe qui organise la fête des morts et qui voit disparaitre ses tamales, d’Ezequiel, un taximan qui voit ses rêves hantés par son meilleur ami, de Fausto, le sage-femme-homme de tortue qui se retrouve embarqué dans une histoire de cocaïne, ou encore de la belle Puchuaca qui se fait dérober sa magnifique robe. Alors que les histoires paraissent sérieuses de prime abord, elles se teintent rapidement de diverses émotions telles que l’amour, la tristesse, la solidarité, le mysticisme et sont surtout remplies d’humour et d’ironie. A l’image de la mort – Katrina – qui a un sens de l’humour très développé puisqu’elle aime se pointer quand on l’attend le moins, chaque nouvelle possède une chute particulièrement réussie et hilarante, quand bien même parfois cruelle.

A ces histoires de vie s’ajoute le style d’écriture de Laya Croves. Elle narre les faits soit à la première personne, soit à la troisième, ce qui offre d’agréables transitions et permet d’éviter que la lassitude s’installe dans la lecture de cette série d’histoires. Son écriture est très fluide, facile à lire, très imagée et pleine d’émotions. Alors que les descriptions sont écrites dans un parfait français, les dialogues sont plus vulgaires, exprimés parfois dans un langage simple, mais particulièrement en adéquation avec les personnages. De plus, avec cet ouvrage, Laya Croves nous fait voyager dans les langues. Tout au long du livre, elle a glissé des mots en espagnol ou dans les langues indigènes, nous immergeant ainsi encore plus dans ce pays qui lui tient tant à coeur. Même si nous n’avons aucune connaissance de ces mots, l’auteure a toujours veillé à nous donner leur traduction, directement dans le texte, mais également à la fin du livre dans un lexique très complet.

J’aimerais tellement vous raconter l’une de ces histoires pour que vous compreniez à quel point elles sont charmantes, passionnantes et hilarantes. Mais comme elles font une dizaine de pages, j’ai l’impression que je vous gâcherais le plaisir de les découvrir… Puisqu’un extrait vaut mieux qu’un résumé, je vous invite à découvrir les premières pages de la première nouvelle sur Amazon. Il vous suffit de cliquer sur la couverture pour feuilleter le livre.

Citations

« A tour de rôle nous en élisions un, président. Il fallait que tous y passent, sinon on vexait, on fâchait, et un coup de machette malencontreux derrière la nuque était si vite arrivé… Cette fois, c’est Eugenio qui officiait pour quatre ans. Il ne serait pas réélu. Systématiquement les qualités des désignés se transformaient en tares et corruptions dès l’accession au pouvoir, aussi relatif soit-il. On en changeait. Lorsqu’il ne serait plus président, Eugenio retrouverait toutes ses vertus. » (Un match stupéfiant)

« Mais quand j’ai enfin trouvé une boutique où ils vendaient des matelas, j’ai été éberlué par le prix. Tout ça pour un vulgaire tissu autour d’un peu de moelleux ? Ca oscillait entre 1.000 et 2.000 pesos, quand un hamac ne dépassait pas les 200 pesos, et encore, à ce prix-là, c’était un double. Une fortune pour moi. J’avais beau recompter mes pauvres économies, je ne dépassais pas les 500 pesos de butin accumulé. Et dire que je m’étais cru riche ! » (Ahuizotl en a plein le dos !)

Conclusion

Je remercie profondément Chiado Editeur de m’avoir envoyé ce recueil de nouvelles, j’ai été comblée par Calaveras. J’y ai découvert un pays, une culture et le quotidien des habitants du Mexique, que je ne connaissais absolument pas. J’ai adoré toutes les histoires – sauf une que j’ai trouvée moins drôle – et aie particulièrement aimé le style de l’auteure. J’ai d’ailleurs vraiment hâte de découvrir la saga précolombienne sur laquelle elle travaille en ce moment ! ❤
Dans tous les cas, si vous aimez voyager dans la réalité ou à travers les livres, n’hésitez en aucun cas, vous adorerez ce recueil !

En partenariat avec Chiado Editeur

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2 réflexions sur “Calaveras

  1. Bon, je crois que je galère un peu pour laisser un commentaire, mais je ne veux pas passer ici sans vous laisser un immense merci pour cette critique adorable… Sinon, pardon pour l’avion (mais j’ai bien ri) ! Laya Croves.

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    • Un tout grand merci à vous de nous avoir offert un si beau livre ! Je vous souhaite une belle continuation pour votre trilogie, que je dévorerais dès sa sortie !

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