La Philosophie dans le boudoir

Sade Philo

Titre : La Philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux

Auteur : Marquis de Sade

Éditeur : GF-Flammarion

Genre : Roman libertin

Nombre de pages : 238

Mots-clés : érotisme, éducation, perversion, philosophie

4ème de couverture

En 1795, alors que Sade vient d’échapper de justesse à la guillotine et qu’il goûte à sa liberté retrouvée, paraît anonymement La Philosophie dans le boudoir ou les Instituteurs immoraux, adressé à tous les « aimables débauchés » et à toutes les « femmes lubriques ». Dans ce roman, censuré jusqu’au XXe siècle, la forme du dialogue philosophique est détournée au profit du libertinage le plus licencieux : trois débauchés entreprennent de faire l’éducation sexuelle d’une ingénue tout droit sortie du couvent…

Mot sur l’auteur

Sade est un auteur encore un peu tabou dans notre société, bien qu’aujourd’hui, ses romans se retrouvent dans les librairies à la vue de tous et non plus sur des étagères cachées dans les coins sombres. Pour beaucoup, Sade est un fou pervers − il est vrai qu’à son époque, il fut emprisonné pour des faits de perversion, notamment la pratique de la sodomie − mais son œuvre est beaucoup plus complexe qu’il n’y parait à la première lecture.

Mon avis

Je trouve que La Philosophie dans le boudoir est un des livres les plus accessibles du Marquis de Sade. Il narre l’histoire de l’éducation sexuelle, initiée par Madame de Saint-Ange et prodiguée par Dolmancé, d’une jeune fille, Eugénie. Cependant, comme tous les romans de Sade, il faut aller plus loin dans la lecture.

Dans La Philosophie dans le boudoir, Sade reste encore assez « soft » au niveau de ses descriptions. Malgré tout, en tant que lecteur, il faut savoir qu’il évoque la pénétration, la sodomie, la fellation, le cunnilingus de façon courante mais il y mêle également des scènes d’orgie et d’inceste qui peuvent déranger lors de la lecture.

L’histoire, si elle est lue au premier degré, n’a pas vraiment de but en soi puisque tout le long du livre, il ne s’agit que de descriptions de positions sexuelles (réalisables ou non) entrecoupées de dialogues philosophiques visant à l’éducation, à la fois sexuelle et spirituelle, d’Eugénie. Très honnêtement, lire Sade de cette façon est très ennuyant. Vous vous lasserez assez rapidement des descriptions, du vocabulaire et du style lent et répétitif de Sade.

Il faut donc aborder l’œuvre de Sade autrement. Il faut lire au deuxième voire au troisième degré, il faut réussir à faire abstraction du contenu sexuel pour se concentrer sur le contenu philosophique et politique qu’il essaye de faire passer. En effet, à travers ce livre, Sade critique ouvertement le système français de l’époque, à savoir la monarchie. Les sujets évoqués − la religion et l’existence de Dieu, les mœurs, la liberté − sont toujours d’actualité aujourd’hui et ont même une place prépondérante.

Personnellement, je pourrai parler pendant des heures de la philosophie de Sade mais je ne pense pas que ce soit vraiment le sujet de cette critique donc je vais m’arrêter là. Cela dit, les propos de Sade pouvant être reliés aux sujets qui font encore polémiques à l’heure actuelle, nous montre bien que, si on arrive à séparer le sexe de la philosophie, Sade mérite sa place dans nos bibliothèques.

Conclusion

Je recommande ce livre aux lecteurs avertis et à ceux qui veulent s’intéresser un peu plus au personnage qu’est le Divin Marquis. Pour ceux qui voudraient aller encore plus loin dans leur découverte de Sade et de sa pensée, je conseillerais également la lecture de Justine et de sa sœur Juliette avant de passer aux fameuses 120 Journées de Sodome qui, à mon avis, ne sont à lire, qu’après s’être familiarisé un maximum avec le style et les atrocités (on parle ici de zoophilie, nécrophilie, coprophilie, tortures les plus répugnantes les autres que les autres) que peut décrire Sade dans ses romans.

Par contre, pour les fans de littérature mêlant un peu de sadomasochisme à une histoire romantique – dans le style Cinquante nuances de Grey – je vous conseille de passer votre chemin parce que vous ne trouverez aucune trace d’une quelconque histoire d’amour ou de romantisme chez Sade et risqueriez d’être déçus.

incontournable rectangle

public averti erotique

#Coco

Publicités

3 réflexions sur “La Philosophie dans le boudoir

  1. « La philosophie dans le boudoir » a été le premier roman du Marquis de Sade que j’ai lu quand je fus à l’université. Je voulais le lire dans le bus mais avec les illustrations, j’ai préféré attendre d’être à la maison :D. Il est clair qu’il fait partie des plus « soft » .

    J'aime

    • Hahahaha je comprends tout à fait:) Cela dit, il m’est arrivé de lire « Les 120 journées de Sodome » dans le train et personne ne m’a jamais rien dit 😀
      Oui, je pense que c’est vraiment un des meilleurs pour débuter avec Sade.

      Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Semaines spéciales Saint-Valentin | Livraisons Littéraires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s