Les particules élémentaires

les particules élémentaires

Titre : Les particules élémentaires
Auteur : Michel Houellebecq
Éditeur : J’ai lu

Récompenses : International IMPAC Dublin Literary Award, Prix Novembre
Genres : roman, fiction
Nombre de pages : 320 pages
Mots-clés : sexe, sciences, libération sexuelle, plaisir

Mot sur l’auteur

C’est un auteur très controversé. Souvent islamophobe et homophobe dans ses textes, il a été poursuivi en justice mais il a été acquitté… Depuis, il vit en Espagne, un peu en retrait. Beaucoup estiment pourtant que ses écrits pourraient tout de même inciter à la haine raciale !
Pour un mot un peu plus ‘factuel’ sur l’auteur, c’est un écrivain contemporain français, qui a reçu, notamment, le prix Goncourt en 2010 pour son ouvrage La Carte et le Territoire.

Résumé

C’est l’histoire de deux enfants, Michel et Bruno. Ils ont la même mère mais ne se sont rencontrés qu’à l’adolescence. Ils ont eu une enfance radicalement différente même s’ils ont tous les deux souffert de l’absence de leur mère, trop occupée par la révolution sexuelle pour s’occuper d’eux. Ils ont grandi dans un monde où le sexe est une valeur centrale et prime sur les rapports humains. Ils ont tous les deux un rapport étrange aux autres, à leur sexualité et à la vie. L’un est scientifique et consacre toute sa vie à sa carrière, l’autre trouve un refuge dans la littérature mais souffre d’une obsession permanente pour le sexe…

Extrait

Les éléments de la conscience contemporaine ne sont plus adaptés à notre condition mortelle. Jamais, à aucune époque et dans aucune autre civilisation, on n’a pensé aussi longuement et aussi constamment à son âge ; chacun a dans la tête une perspective d’avenir simple : le moment viendra pour lui où la somme des jouissances physiques qui lui restent à attendre de la vie deviendra inférieure à la somme des douleurs (en somme il sent, au fond de lui-même, le compteur tourner – et le compteur tourne toujours dans le même sens). Cet examen rationnel des jouissances et des douleurs, que chacun, tôt ou tard, est conduit à faire, débouche inéluctablement à partir d’un certain âge sur le suicide. Il est à ce propos amusant de noter que Deleuze et Debord, deux intellectuels respectés de la fin du siècle, se sont l’un et l’autre suicidés sans raison précise, uniquement parce qu’ils ne supportaient pas la perspective de leur propre déclin physique. Ces suicides n’ont provoqué aucun étonnement, aucun commentaire ; plus généralement les suicides de personnes âgées, de loin les plus fréquents, nous paraissent aujourd’hui absolument logiques. On peut également relever, comme un trait symptomatique, la réaction du public face à la perspective d’un attentat terroriste : dans la quasi-totalité des cas les gens préféreraient être tués sur le coup plutôt que d’être mutilés, ou même défigurés. En partie, bien sûr, parce qu’ils en ont un peu marre de la vie ; mais surtout parce que rien, y compris la mort, ne leur paraît aussi terrible que de vivre dans un corps amoindri.

 

Mon avis

Mon avis est mitigé. Ce livre est assez violent. Plusieurs fois, j’ai dû interrompre ma lecture tellement certains passages m’ont choquée. Pourtant, je ne pense pas être une âme sensible. J’avais déjà lu Plateforme, du même auteur et selon la critique, ces deux ouvrages étaient similaires dans les sujets qu’ils traitaient. Mais attention, si comme moi vous avez aimé Plateforme et que vous vous laisseriez tenter par Les particules élémentaires à cause d’une critique rapprochant ces deux livres, ne vous laissez pas piéger… Ce n’est pas un livre à lire naïvement dans le métro. Avant de le lire, il faut se préparer à affronter l’horreur de la misère sexuelle et de la perversion.

Le début du livre est assez touchant. On nous parle de l’enfance malheureuse de deux enfants ayant été générés par des adultes en pleine révolution sexuelle. Ces parents n’étaient pas faits pour assumer leur éducation et ont donc confié un des enfants aux grands-parents et ont placé l’autre dans un internat. Là où l’histoire devient vraiment touchante, c’est lorsque l’auteur nous parle de la torture dont Bruno – un des deux frères – fait l’objet dans l’internat dans lequel il réside. Cet enfant, à cause de son physique ingrat et de son manque de confiance en lui, devient le souffre-douleur des enfants plus âgés. La cruauté des actes qu’il subit m’a vraiment brisé le cœur, pour le coup, l’auteur réussit à nous faire ressentir des émotions assez fortes.

Dans le même ordre d’idée, l’auteur nous présente un personnage assez atypique : Michel. C’est le frère de Bruno, lui aussi est un peu perdu dans la vie et manque de repères, surtout sur le plan affectif. Le problème de Michel est qu’il peine à ressentir des émotions. Indifférent à tout ce qui l’entoure, il ne semble avoir d’intérêt que pour la science. En parallèle, on découvre l’histoire d’Annabelle qui a fait l’erreur de tomber amoureuse d’un être comme lui. Ces deux histoires sont très touchantes et même si Michel peut être parfois énervant (il ne ressent vraiment rien, c’est assez pénible), il renvoie quand même l’image d’un homme seul et malheureux ; l’auteur m’a donné envie de réconforter ce personnage.

Par contre, en ce qui concerne le style de l’auteur, on remarque qu’il manque parfois de subtilité. À plusieurs reprises, on a l’impression qu’il cherche juste à choquer son lecteur. Par exemple lorsqu’il parle du comportement déviant de Bruno sur le plan sexuel (il se masturbe dans le métro en regardant sous les jupes des filles, il montre son sexe à des mineures en leur demandant de le branler, il va dans des clubs à partouze et n’est jamais satisfait : il lui faut toujours plus de sexe, et de façon toujours plus brutale…), non seulement il ne cherche pas à préserver son lecteur, mais en plus, il cherche à le choquer. Il nous fournit un tas de détails dont je me serais personnellement passée – notamment dans des scènes de gang bang assez crues – et place son lecteur dans une position de voyeur parfois assez gênante. Certaines scènes m’ont juste dégoûtée…

Un autre aspect du livre qui m’a franchement déplu c’est tout l’attirail scientifique auquel l’auteur a recours pour nous expliquer les recherches scientifiques de Michel. Il nous étale sa science (au sens propre du terme) et personnellement, il m’a complètement perdue. Lors des premiers passages qui traitaient de ce sujet, je faisais vraiment l’effort de comprendre et de faire appel à mes vieux souvenirs de cours de biologie, mais au bout d’un moment, j’ai juste fini par survoler ces passages, quand je ne me mettais pas à penser à autre chose en cours de route.

Conclusion 

J’ai lu ce livre dans le cadre de notre semaine spéciale « Saint-Valentin ». C’est sûr, ce n’est pas très romantique ; j’ai alors plutôt visé l’érotisme et je suis tombée en pleine pornographie… Je me suis dit que ça ferait l’affaire! Je dois prendre une décision, alors je choisis de qualifier ce livre de « divertissant ». Même si en vérité, je reste assez perplexe après ma lecture. Je ne sais pas si j’ai aimé, je n’ai en tout cas pas détesté. Certains passages m’ont touchée, d’autres complètement révulsée. Mon avis reste assez mitigé, en tout cas, je conseille de lire ce livre avec précaution. Et si vous le lisez dans le métro : gare aux regards par-dessus votre épaule, si quelqu’un lit les mêmes lignes que vous, il pourrait vous regarder bizarrement pendant le reste du trajet…

divertissant rectangle 2

 

#Marty

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Une réflexion sur “Les particules élémentaires

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